Le ministre iranien par intérim des AE (à gauche) et le ministre sortant Abdallah Bou Habib lors de leur conférence de presse conjointe après leur réunion lundi 3 juin 2024. Photo envoyée par notre correspondante Hoda Chedid
Un entretien s’est tenu lundi au palais Bustros entre le ministre libanais sortant des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, et son homologue iranien par interim, Ali Bagheri, qui effectue son premier déplacement au Liban. M. Bagheri avait été nommé à la tête de la diplomatie iranienne à la suite du décès du ministre Hossein Amir-Abdolahian, dans un accident d'hélicoptère le 19 mai, qui avait également coûté la vie au président iranien Ebrahim Raïssi. La guerre à Gaza et le conflit au Liban-Sud entre le Hezbollah pro-iranien et Israël ont figuré au centre des discussions entre les deux hommes, comme ils l’ont tous deux confirmé lors d’une conférence de presse conjointe qui a suivi leur réunion.
« J’ai réitéré la position libanaise hostile à la guerre », a déclaré M. Bou Habib au cours de la conférence de presse. Il a indiqué avoir « expliqué (au ministre iranien) la vision libanaise concernant des solutions durables qui ramèneraient la paix et la stabilité au Sud, dans un cadre global qui engloberait l’application totale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité » (qui a mis fin à la guerre avec Israël en 2006 et imposait notamment un retrait des combattants du Hezbollah jusqu’au nord du Litani, NDLR), a-t-il dit.
De son côté, Ali Bagheri a souligné « l’attachement de longue date de l’Iran à la stabilité, la sécurité et le développement au Liban ». « La relation étroite entre les deux pays est un indicateur essentiel de la stabilité dans la région, comme l’est la résistance », a poursuivi le diplomate iranien.
La guerre à Gaza et les attaques israéliennes contre Rafah, au sud de la bande, qui ont fait de nombreux morts ces derniers jours, ont également été au centre des discussions. Le ministre iranien a évoqué une proposition commune discutée avec son homologue libanais, qui suppose de « lancer une initiative pour une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de coopération islamique en vue de mesures fermes et coordonnées » pour protéger Rafah.
Au cours de sa tournée à Beyrouth, M. Bagheri a également été reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, avec qui il a discuté des « développements » au Liban. Il s'est aussi entretenu au Sérail avec le Premier ministre sortant, Nagib Mikati. Le chef de la diplomatie iranienne devrait également rencontrer le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et des organisations palestiniennes alliées de l’Iran.
Le prédécesseur d'Ali Bagheri s'était rendu à de nombreuses reprises ces derniers mois à Beyrouth, notamment sur fond de guerre à Gaza et alors que le Hezbollah a ouvert un front de « soutien à la résistance palestinienne » le long de la frontière entre le Liban et Israël depuis le 8 octobre 2023.



« J’ai réitéré la position libanaise hostile à la guerre » , nous dit notre ministre des AE. Alors même aue son patron encourage le Hezbollah à la faire! Cherchez l’erreur. Quant à Ali Bagheri il a souligné « l’attachement de longue date de l’Iran à la stabilité, la sécurité et le développement au Liban ». Bravo! Réussir à sortir une telle blague sans éclater de rire, est digne d’un excellent acteur!!
07 h 04, le 04 juin 2024