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Mendicité bien ordonnée...


Les journées de bombardements succèdent aux nuits d’incendies… Au Liban-Sud, le temps s’écoule peinard, nimbé des volutes épaisses du printemps comme après une frappe de drone. Seuls les niaiseux pavoisent quand fuse la riposte du Parti barbu… avant que tombe le pataquès d’obus de la réplique à la réplique. La seule différence, c’est qu’en face ils sont calfeutrés loin de la frontière à cent pieds sous terre, pendant que les nôtres se retrouvent à loilpé sous les grêlons.

Mais tiens, fume ! L’usine à fabriquer des victoires divines n’en a rien à battre de ces considérations terre à terre. Bien au contraire, elle tourne à plein régime et va même jusqu’à activer l’orgue de barbarie local en mendiant à coups de clips davantage de pognon pour étoffer sa quincaillerie de drones et missiles. Gonflés, les pileux ! Non seulement leur population se prend des coulées de plomb fondu, mais en plus elle doit cracher au bassinet pour financer le matériel servant à asticoter les Hébreux, qui à leur tour vont lui montrer qui c’est Raoul et lui retourner la gamelle. La vie est ainsi faite : les uns pressent des boutons, les autres pansent leurs moignons…

L’animation est bien entendu rythmée par les interventions du Porte-parole de Dieu, qui fait montre de prodigalité en promettant comme d’habitude du sang et des larmes. Comme tous les grincheux à poigne, et sans préjuger des turpitudes de certains de ses alliés, faut bien admettre pourtant que l’homme est foncièrement honnête. Jusque-là, et au vu de sa dégaine devant la caméra, on ne lui connaît pas de signes extérieurs d’enrichissement personnel. Par contre, les Libanais ont appris à connaître grâce à lui les délices de l’appauvrissement généralisé. Que le gros de la population ait le ventre creux ne lui donne d’ailleurs pas trop d’états d’âme. Pour les jours de diète grave, Hassan-Antoinette a une réplique toute trouvée : « Donnez-leur du caviar iranien et des tapis persans ! »

Comme pour se prouver que se battre pour la Palestine est une affaire rentable, voilà qu’Istiz Nabeuh s’invite à son tour dans la mêlée. Alors lui, il n’y va pas par quatre chemins : tant qu’à faire, pourquoi se gêner ? Et plongeon direct à la hussarde dans les caisses de la Banque mondiale et des roitelets du Golfe ! À force de fréquenter les intermittents du neurone qui lui servent de larbins, l’Ancêtre législatif se prend à rêver que ses interlocuteurs d’outre-Koullouna sont pareils. Il tentera bien de leur vendre une énième reconstruction du Sud, avec en tête le financement d’une lasagne de nouveaux tunnels, mais les banquiers et autres guignols exotiques vont certainement lui faire un doigt… Si le Liban n’était pas déjà à la ramasse, on aurait eu des craintes pour son image.

Fin d’une semaine ordinaire de la vie d’une bananeraie de poche.

gabynasr@lorientlejour.com

Les journées de bombardements succèdent aux nuits d’incendies… Au Liban-Sud, le temps s’écoule peinard, nimbé des volutes épaisses du printemps comme après une frappe de drone. Seuls les niaiseux pavoisent quand fuse la riposte du Parti barbu… avant que tombe le pataquès d’obus de la réplique à la réplique. La seule différence, c’est qu’en face ils sont calfeutrés loin...
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Merci Gaby Nasr !

CHAHINE Omaya

16 h 11, le 31 mai 2024

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Commentaires (1)

  • Merci Gaby Nasr !

    CHAHINE Omaya

    16 h 11, le 31 mai 2024

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