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Politique - Présidentielle

À Aïn el-Tiné, les Cinq s’en tiennent à un optimisme artificiel

Nabih Berry se montre de plus en plus attaché à son initiative ; la Modération nationale huile de nouveau ses machines.

À Aïn el-Tiné, les Cinq s’en tiennent à un optimisme artificiel

Les représentants diplomatiques des pays membres du quintette à Aïn el-Tiné, le 23 avril 2024. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

« C’est un nouveau pas (en avant) sur lequel il est possible de miser pour arriver à l’élection d’un président de la République dans un avenir proche. » C’est par cette phrase que l’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth, Ala’ Moussa, a résumé l’entretien auquel il a pris part, mardi à Aïn el-Tiné, aux côtés de ses homologues représentant le reste des pays membres du quintette impliqué dans le dossier libanais (États-Unis, France, Arabie saoudite, Qatar), avec le président de la Chambre Nabih Berry.
Le groupe des Cinq continue donc de se montrer optimiste quant à une proche percée au niveau de la présidentielle. Sauf que tout indique qu’on est encore très loin du compte. Si le principe de l’entente autour d’une figure de troisième voie est désormais acquis (ou presque), le diable reste dans les détails. D’autant que l’opposition continue de rejeter le dialogue tel que voulu – avec insistance – par M. Berry. De quoi compliquer la tâche tant au quintette qu’au groupe de la Modération nationale (les ex-haririens) qui a huilé de nouveau ses machines afin de relancer son initiative en quête d’un terrain d’entente.

C’est en l’absence de l’Américaine Lisa Johnson (en déplacement aux États-Unis), qui a été remplacée par la chargée d’affaires Amanda Pilz, que les ambassadeurs du groupe des Cinq se sont entretenus avec Nabih Berry. L’occasion de dresser le bilan des réunions tenues la semaine dernière avec les chefs de file, le président de la Chambre étant l’un « des principaux concernés » par cette démarche, pour reprendre les termes d’un diplomate occidental basé à Beyrouth. S’exprimant à l’issue de la réunion, Ala’ Moussa, érigé en porte-parole du groupe, s’est félicité d’une « réunion tenue dans une atmosphère positive », affirmant qu’on pourrait y miser pour arriver à la tenue du scrutin. Annonçant des concertations avec les divers blocs parlementaires dans les prochains jours, le diplomate égyptien a souligné que ce nouveau round de contacts sera une opportunité pour remettre aux protagonistes les réponses de M. Berry à certaines interrogations qu’ils avaient formulées. Ces réponses « pourraient nous aider à ouvrir une brèche dans le mur de la présidentielle », a espéré l’ambassadeur d’Égypte, faisant savoir que Nabih Berry « a évoqué aujourd’hui l’importance de définir un cadre temporel à l’échéance ».

Berry décline une invitation à Paris
Aux yeux de Aïn el-Tiné, ces propos ont de quoi permettre au maître du perchoir d’avoir le vent en poupe face à tous ceux qui rejettent depuis des mois son appel à un dialogue qui s’étalerait sur sept jours, suivi de séances électorales avec des tours de vote successifs. « La réunion avec les ambassadeurs a confirmé ce que nous proposons depuis des mois », se félicite un proche de M. Berry. 

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Le chef du législatif continue donc d’œuvrer pour s’affirmer comme un élément incontournable pour tout déblocage. Surtout qu’il vient de se voir convier à Paris par le président français, Emmanuel Macron, lors d’un appel téléphonique vendredi dernier. Quelques heures plus tôt, le locataire de l’Élysée recevait le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, et le commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun. Aux yeux de plusieurs observateurs, l’invitation adressée au président de la Chambre – qui ne compte pas y répondre avant la tenue de la présidentielle, pour donner l'impression de respecter la hiérarchie institutionnelle – est une façon pour Paris de dialoguer avec les dirigeants sunnite, maronite et chiite qui sont aux commandes en période de vide à la tête de l’État. « M. Berry a été convié pour discuter de la présidentielle, entre autres », confie une source diplomatique française.

Mais contrairement à ce qu’espère le chef du législatif, la réunion de mardi et l’ouverture française à lui ne seraient pas le signe d’une volonté diplomatique de soutenir sa démarche. « Il est clair que le quintette ne soutient pas la proposition de Nabih Berry. Il veut aider les Libanais à trouver une formule acceptable par tout le monde afin d’élire le prochain président de la République », précise à L’Orient-Le Jour un diplomate occidental.

La Modération lève « les obstacles du Hezbollah » 
C’est également dans ce cadre qu’il conviendrait de placer la relance des contacts menés par le bloc de la Modération nationale (députés majoritairement sunnites) en vue de redynamiser son initiative visant à un déblocage. Dans ses grandes lignes, la démarche prévoit des concertations parlementaires informelles suivies d’une séance électorale ouverte avec des tours de vote successifs jusqu’à ce que le pays se dote d’un président. La proposition avait reçu une douche froide du Hezbollah, perçu comme le véritable élément-clé en matière de présidentielle. Le parti chiite avait en effet exprimé aux anciens haririens, il y a quelques jours, son attachement à son candidat, le chef des Marada, Sleiman Frangié, tout en accordant son feu vert à un dialogue élargi… à condition que Nabih Berry le préside, contrairement à la volonté de l’opposition qui accuse le chef du législatif de vouloir imposer le candidat du tandem chiite. « Nous tentons de lever les obstacles que le Hezbollah a créés », a déclaré mardi, sans ambages, Walid Baarini, membre du groupe, à l’issue d’un entretien avec le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Selon lui, le leader chrétien s’est montré ouvert à « toute formule qui pourrait accélérer le scrutin, y compris un dialogue étalé sur plusieurs jours ». Une position qui n’est autre qu’un nouveau clin d’œil aouniste en direction d’un Nabih Berry avec qui le CPL a amorcé un rapprochement. Sauf que l’ouverture de Gebran Bassil ne suffit pas à elle seule. « Nous allons discuter avec tous les protagonistes de certains points qui ne font pas encore l’unanimité, notamment qui présidera le dialogue et sa durée », explique M. Baarini. Le groupe s’est à cet effet entretenu en soirée avec le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, chef de file de l’opposition, et devrait être reçu à Aïn el-Tiné dans les prochains jours. 

« C’est un nouveau pas (en avant) sur lequel il est possible de miser pour arriver à l’élection d’un président de la République dans un avenir proche. » C’est par cette phrase que l’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth, Ala’ Moussa, a résumé l’entretien auquel il a pris part, mardi à Aïn el-Tiné, aux côtés de ses homologues représentant le reste des pays membres du...
commentaires (4)

J’espère que mon commentaire n’a pas été censuré.

Sissi zayyat

11 h 38, le 24 avril 2024

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Commentaires (4)

  • J’espère que mon commentaire n’a pas été censuré.

    Sissi zayyat

    11 h 38, le 24 avril 2024

  • Tant que le quintette tend l’oreille aux usurpateurs de notre pays, ils ne doivent espérer aucune fumée blanche de leurs réunions en perdant leur temps comme le nôtre à chercher une solution alors qu’elle est à portée de leurs mains. Il aurait suffit de brandir les menaces de tout dévoiler avec les sanctions qui conviennent à tous ces corrompus avérés pour que la solution soit toute trouvée. Seulement voilà, ils font le contraire en les sacralisant comme seuls décideurs et se plaignent de ne pas aboutir à une solution pour sauver notre pays. Les trocs continuent et le prix évolue. Bon courage.

    Sissi zayyat

    11 h 12, le 24 avril 2024

  • - A AIN EL TINE, - L,IMBERBE PERCHE, - HUMMOS ET T7INE, - ET KOUSSA ME7CHE, - IL FARCIT LES TETES, - DE TOUT LE QUINTETTE. - BROUILLANT LEURS BOUSSOLES, - ENTRE LES DEUX POLES.

    LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 43, le 24 avril 2024

  • LE QUINTETTE EST NUL EN FAIT POUR NOUS LIBANAIS. POUR DES CONCESSIONS DU HEZB A ISRAEL IL VEUT L,ETERNISER AVEC SA MAINMISE SUR NOTRE PAYS. ILS NE CHERCHENT, BABA SAM EN TETE, QU,A SECURISER ISRAEL. D,UN AUTRE COTE CE DERNIER ASPIRE A POUSSER LE HEZB A L,INTERIEUR DU LIBAN ET A USURPER LE SUD DU PAYS.

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 42, le 24 avril 2024

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