Le président du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo Ani
Le président du Parlement, Nabih Berry, a assuré qu'il donnera une réponse à la feuille de route présentée par Paris pour une désescalade entre le Hezbollah et Israël sur le front du Liban-Sud « vendredi ou samedi », dans une interview au quotidien panarabe al-Chark al-Awsat publiée vendredi.
Selon M. Berry, le document français, qui tente de mettre un terme aux combats meurtriers en cours entre les deux parties depuis le 8 octobre dernier, « contient des éléments acceptables et d'autres inacceptables, qui doivent être amendés ». Incidemment, il a fait part de son « étonnement » à al-Chark al-Awsat, le document présenté par la France étant rédigé en anglais et non en français.
Au lendemain de la tournée du ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, au Liban, en Arabie saoudite puis en Israël, Beyrouth a reçu mardi la version amendée de la feuille de route de Paris pour une désescalade sur la frontière libano-israélienne. La France avait avancé une première initiative pour une désescalade en février dernier, mais le Hezbollah l’avait jugée trop favorable à Israël. C’est le président de la Chambre qui négocie au nom du Liban, et surtout du Hezbollah, qui a également reçu la nouvelle version de la feuille de route.
Trêve à Gaza
M. Berry a en outre assuré qu'« une trêve à Gaza sera de facto appliquée au Liban-Sud », avant d'accuser Israël de pratiquer la politique de la « terre brûlée (...) pour monter la base populaire de la résistance (du Hezbollah) contre les résistants qui font face à l'occupation israélienne, laquelle continue de bafouer la résolution 1701 ». Selon le chef du Législatif, la destruction des villages du Sud, notamment par des bombes au phosphore, « a pour but de transformer ces terrains en terres non cultivables ».
Votée en 2006 pour mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël, la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU prévoit un retrait du parti chiite pro-iranien au nord du fleuve Litani en échange du respect par Israël de la souveraineté libanaise. Le Hezbollah refuse pour l'heure de retirer ses armes et ses postes militaires de la frontière.
Al-Chark al-Awsat indique par ailleurs que M. Berry, en sa qualité de négociateur avec la diplomatie française et avec l'émissaire américain Amos Hochstein, est en contact permanent avec le Hezbollah à travers son conseiller politique, le député Ali Hassan Khalil, qui tient des réunions régulières avec le parti chiite.
Une source du tandem chiite Amal-Hezbollah, citée par le quotidien, souligne que la réponse que M. Berry prépare au document français bénéficie du « soutien inconditionnel » du Hezbollah et du Premier ministre sortant, Nagib Mikati. Selon cette source, la réponse du chef du Législatif devrait permettre à Paris de « traiter de manière positive avec les remarques (libanaises), afin d'éviter un déséquilibre dans l'application de la désescalade, dans le cadre de la préparation politique et sécuritaire à l'application de la 1701 ».
Selon des informations de L'Orient-Le Jour, le Hezbollah semble préférer le plan américain de désescalade, qui prévoit uniquement de renforcer la présence de l’armée libanaise au Liban-Sud, sans évoquer explicitement un retrait de la milice chiite.



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02 h 17, le 04 mai 2024