Le grand Missak Manouchian, premier étranger à entrer au Panthéon français, ne peut laisser indifférent. Surtout et avant tout le monde, le Liban, ce pays qu’il gardera toujours au plus profond de son cœur, de l’aveu même des valeureux rescapés arméniens descendants du premier génocide majeur du XXe siècle.
Le Liban multimillénaire n’a jamais dérogé à sa tradition d’accueil des persécutés quels que soient leur race, leur religion ou leur nombre…
Ainsi le pauvre et jeune orphelin Missak n’a eu la vie sauve qu’en fuyant l’Anatolie vers la Syrie voisine puis le Liban… C’est dans un orphelinat à Jounieh qu’il trouvera refuge à l’âge de 13 ans… Il y apprendra le français et le métier de menuisier pour gagner sa vie et trouvera plusieurs boulots dans les nouveaux quartiers des rescapés arméniens de Bourj Hammoud et de la Quarantaine où il habitera derrière l’église Mar Mikhaël des maronites… En 1925, à l’âge de 19 ans, il quitte sur un bateau français pour les chantiers navals de La Seyne-sur-Mer et La Ciotat, attiré par le travail du côté de Marseille. L’épopée par la suite dans la résistance française contre le nazisme tout le monde la connaît. Il reviendra encore une fois à Beyrouth (« ma seconde patrie, mon premier amour »)… pour se marier. Il est regrettable de voir que pendant la cérémonie pas un mot n’a été dit sur le rôle du Liban dans l’accueil des Arméniens fuyant le génocide…
Gloire au Liban séculaire multiconfessionnel et pluriculturel, montagne sacrée et imprenable, et gloire à la France celle de la compassion, des libertés éternelles, la France de sainte Geneviève, de Charlemagne, de saint Louis, de Jeanne d’Arc, des deux Napoléon, de Gambetta, de Hugo, de Foch, de De Gaulle, de Moulin… et de Missak Manouchian.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine