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Culture - Les recommandations culturelles de L’OLJ

Saint-Valentin : 8 livres pour parler d’amour

Du roman sulfureux à la bande dessinée insolente, en passant par la poésie arabe décomplexée et les règles pour faire tomber un homme dans ses filets... L’amour se conjugue à toutes les sauces. Un peu, beaucoup, passionnément. Jusqu’à, parfois, la rupture... 

Saint-Valentin : 8 livres pour parler d’amour

« Passion simple » d’Annie Ernaux


Photo AFP

« À partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi. » La quatrième de couverture de Passion simple résume parfaitement ce que vous lirez. L’histoire d’un épisode passionnel dans la vie d’Annie Ernaux. Et en même temps, c’est l’histoire de tout lecteur, toute lectrice, qui s’est frotté, un jour dans sa vie, à l’envoûtement de la passion. Si vous n’avez pas encore lu cette auteure à l’œuvre couronnée par le Nobel de littérature en 2022, commencez par ce petit récit de 77 pages (disponible en édition de poche Folio), dans lequel elle s’est observée pour décrire au plus juste, au plus près, la fragilité, la vulnérabilité dans laquelle peut tomber chaque personne en proie à ce paroxysme du sentiment amoureux. Un texte intimiste, sincère, à la fois personnel et tellement universel qu’il a inspiré, près de trente ans après sa première publication, une adaptation au cinéma par la cinéaste libanaise Danielle Arbid. À voir aussi.

« Sur l’amour » de Patricia Chalon et Michel Cymes

Photo DR

Autant vous l’avouer d’emblée, parmi la flopée de guides pratiques qui abordent le thème des relations amoureuses, si notre choix s’est immédiatement porté sur cet ouvrage écrit à deux mains, c’est à cause de son coauteur, le très sympathique Dr Michel Cymes. Mais que vient donc faire le célèbre praticien, animateur d’émissions médicales sur France Télévisions, réputé pour ses saillies humoristiques, dans un livre très sérieusement intitulé Sur l’amour (Poche Marabout, 283 pages) ?

Eh bien, justement, il vient nous donner, conjointement avec la psychologue Patricia Chalon, son expertise de médecin mais aussi d’homme sur les différences d’approche et de comportement des hommes et des femmes dans leurs relations de couple. À travers une soixantaine de thématiques listées en abécédaire, allant de « A » comme « Admiration » à « V » comme « Virilité », le duo distille ses conseils, avisés et légers tout à la fois, à tous ceux qui veulent dégager les malentendus de leur lexique conjugal. Une lecture comme un défi à relever !

« L’amour aux temps du choléra » de Gabriel García Márquez

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L’auriez-vous cru ? Annie Ernaux et Gabriel García Márquez ont plus d’un point commun. Outre le Nobel de littérature (décroché à quarante ans d’intervalle), tous deux ont parfaitement décrit, chacun à sa manière, cette inépuisable patience de l’attente liée à l’amour. Mais dans L’amour aux temps du choléra (Poche, 448 pages) de l’auteur colombien – considéré comme l’un des plus grands romans d’amour de la littérature universelle –, les rôles sont inversés : c’est l’homme qui est dans la situation d’attente de la femme qu’il aime, mariée à un autre, durant cinquante ans…

Si vous faites partie de ces incorrigibles romantiques qui sont convaincus que l’amour peut survivre à la séparation et à l’épreuve du temps, ce roman au réalisme magique est pour vous. Se déroulant dans une ville des Caraïbes au XIXe siècle, dans un pays en proie à la guerre civile, au choléra et à la corruption, l’histoire d’amour de Florentino et Fermina, entamée à l’adolescence, va fluctuer au gré des vicissitudes de la vie, pour ne s’épanouir qu’au crépuscule de leurs existences. Un beau conte pour adultes…

« L’amour » dans un coffret de chefs-d’œuvre


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Ce n’est pas à proprement parler un roman, mais ce coffret (de la collection L’Essentiel des éditions Hazan), qui rassemble un livre en accordéon déployant les images d’une cinquantaine de chefs-d’œuvre réalisés sur le thème de l’amour et un livret explicatif rédigé par un historien de l’art, est riche d’une variété d’histoires amoureuses fascinantes.

Qu’elles soient issues du répertoire mythologique ou littéraire, qu’elles soient d’inspiration sacrée ou personnelle à l’artiste, ces histoires célébrées par le pinceau ou le burin de grands peintres et sculpteurs de différentes époques et sensibilités offrent, à l’heure du tout digital froid et dénué d’émotion, une sorte d’immersion quasi tactile au plus près des toiles, grâce à une vision « grand angle » et un focus sur un détail des œuvres présentées.

Si votre amoureux/amoureuse est féru(e) d’art, voici donc le cadeau idéal à lui offrir pour la Saint-Valentin. Une promenade visuelle dans ce petit musée sur papier glacé réunissant les plus belles représentations de l’amour de Titien ou de Canova, de Van Eyck ou du Caravage, de Watteau, Manet, Rodin, Chagall ou Brancusi, parmi d’autres…

Nizar Kabbani, chantre de l’amour décomplexé


Photo DR

Les paroles des chansons Zidini Ichqan (« Encore de l’amour », Kazem es-Saher), Kareat el-Finjan (« La liseuse de marc de café », Abdel Halim Hafez), Asbaha Endi Boundoukiya (« J’ai un fusil », Oum Koulthoum), La Tas’alouni (« Ne me demande pas », Feyrouz), Beirut Sitt el-Dounia (« Beyrouth, la reine du monde », Magida el-Roumi) ont toutes la même source : la plume de Nizar Kabbani. Le poète syrien est né à Damas en 1923 et décédé à Londres en 1998. Considéré comme l’un des plus grands poètes de langue arabe du XXe siècle, son legs constitue plus d’un demi-siècle d’écriture, de missions diplomatiques et culturelles, d’innombrables recueils de poésie au succès retentissant et autant d’articles dans la presse qui ont suscité enthousiasme et controverse. Pour les amoureux de Kabbani, les œuvres complètes de l’auteur sont disponibles dans 9 recueils rassemblés par les éditions Antoine, entre poésie, prose et pamphlets politiques. Une œuvre qui n’a pas pris une seule ride. Dans Trio pour les enfants de pierre, il disait son admiration pour les enfants de Palestine : « Ils se sont soulevés. Ils ont explosé. Ils sont morts. Et nous sommes restés des ours polaires. Au corps blindé contre la chaleur...» «Doukkou al-touboul», demandait-il... pour qu’au rythme grave du tambour, l’âme des poètes sur terre égarée rejoigne les étoiles…

Titeuf, « L’amour, c’est pô propre »

Photo Wikicommons

« Si on est amoureux, il faut mettre sa langue dans la bouche d’une fille et puis tourner dedans (pour chercher quelque chose sûrement)... Si on trouve rien, il faut prendre une pelle et puis on lui roule une pelle (enfin, je crois). »

Titeuf n’y va pas par quatre chemins. Le garnement de 8 ans rendu célèbre par son franc-parler et sa mèche jaune rebelle fait son apprentissage de la vie et ses choses. Ce personnage de BD créé par Zep (Philippe Chappuis), un auteur et illustrateur suisse de bande dessinée, n’est pas vraiment politiquement correct. À travers ses quinze tomes vendus, selon son éditeur Glénat, à 21 millions d’exemplaires et traduits dans vingt-cinq pays, dont la Chine, il a abordé des thèmes audacieusement présentés aux enfants, comme le sida, le chômage, Dieu, les bretelles, le zizi et bien sûr l’amour. Tout cela enrobé d’une « novlangue zepienne » et d’une succession de gags succulents. Le rire est un peu beaucoup vache, un peu beaucoup amoureux.

« The rules » : 35 secrets pour capturer l’homme idéal

Photo DR

Allez, récapitulons depuis le début et revisitons les règles du jeu amoureux. Pour cela, un classique du genre, The Rules d’Ellen Fein et Sherrie Schneider, semble tout trouvé. Un livre phénomène que se sont arraché plus d’un million d’Américaines et qui révèle « 35 secrets pour capturer l’homme idéal ».

Ces règles seraient nées en 1917, avec la grand-mère d’une certaine Melanie, qui semble-t-il était particulièrement douée pour se faire désirer. Imaginez un peu : l’aïeule en question avait « plus de demandes en mariage que de chaussures », affirme le livre. Les conseils de cette fine stratège ont été transmis à travers les âges jusqu’en 1995, date à laquelle ils sont tombés dans l’oreille de deux personnes particulièrement intéressées. Elles les ont compilés dans un livre, The Rules, qui a suscité moult débats culturels, assez vifs parfois. Normal, quand on prétend avoir des règles « infaillibles » pour séduire l’homme de sa vie, se faire épouser et vivre un mariage réussi. Le peuple demande autre chose ? L’indépendance et la liberté ? Circulez ! La règle n° 12 – « Cessez de le voir s’il ne vous offre pas un cadeau romantique à votre anniversaire ou à la Saint-Valentin » – n’est certainement pas pour vous. D’ailleurs, comment en êtes-vous arrivé à ce stade de l’article ?


 Line Papin : « Comment vous faites, vous, après l’amour ? »

Photo éditions Hachette

« Comment vous faites, vous, après l’amour ? Je ne parle pas de l’acte, qui nous laisse des expressions ébahies, des corps lascifs et détendus. Je parle du sentiment amoureux. Quel visage arborez-vous quand l’amour se termine ? L’amour véritable, celui qui vous prend à la gorge et bouscule les lignes du réel – oui, celui-là. »

Dans le très justement intitulé Après l’amour paru en avril 2023 chez Stock, Line Papin – qui  revient sur un épisode très intime de sa vie : le plus douloureux chagrin d’amour qu’elle vient de traverser – adresse cette question aux lectrices et lecteurs.  

Composé de fragments en prose et de poèmes qu’elle adresse souvent à l’être aimé et perdu, ce roman est le « fruit d’une thérapie par l’écrit de plus d’un an de rémission amoureuse ». Ces fragments, écrits quotidiennement dans un carnet, l’ont aidée à faire face à cette rupture « sans l’éviter ni la subir ». Il y a beaucoup de pathos dans cet ouvrage bien écrit, bien enrobé de sensibilité. Préparez les mouchoirs pour cette thérapie littéraire émaillée heureusement d’humour et de second degré. 

Et juste quand elle pense avoir trouvé un semblant de rédemption, le lecteur réalise que l’amour est aussi insaisissable que les économies dans les banques libanaises après la crise de 2019.

« Passion simple » d’Annie ErnauxPhoto AFP« À partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi. » La quatrième de couverture de Passion simple résume parfaitement ce que vous lirez. L’histoire d’un épisode passionnel dans la vie d’Annie Ernaux. Et en même temps, c’est...
commentaires (1)

Une rubrique intelligente et éclectique Pas étonnant merci Maya et Zena Excellent choix Merci pour Nizzar Kabbani et Garcia Marquez en particulier

Noha Baz

17 h 46, le 14 février 2024

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Commentaires (1)

  • Une rubrique intelligente et éclectique Pas étonnant merci Maya et Zena Excellent choix Merci pour Nizzar Kabbani et Garcia Marquez en particulier

    Noha Baz

    17 h 46, le 14 février 2024

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