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Société - Liban

Hamiyé écarte toute "négligence" éventuelle après le piratage des écrans à l'AIB

« Aujourd'hui, notre défi est de mettre en place des mesures préventives et d'assurer leur financement, afin d'éviter que cet incident ne se répète », affirme le ministre sortant des Transports. 

Hamiyé écarte toute

Un avion de la Middle East Airlines sur le tarmac de l'Aéroport international de Beyrouth, le 10 août 2022. Photo Roy ISSA / AFP

Le ministre libanais sortant des Transports et des Travaux publics, Ali Hamiyé, a écarté lundi, au lendemain d'une cyber-attaque ayant visé des écrans de l'aéroport international de Beyrouth, que cet incident soit la conséquence d'une « négligence », assurant qu'une enquête était en cours pour savoir s'il s'agissait d'une « brèche interne ou externe ». 

Dimanche soir, un message adressé au Hezbollah et à son secrétaire général, Hassan Nasrallah, s'était affiché sur les écrans d'information de l'AIB. Une source à la Middle East Airlines, la compagnie aérienne nationale, avait indiqué à L'Orient-Le Jour que le réseau du FIDS, le Flight Information Display System, qui affiche les informations de vol dans l’aéroport, avait été piraté. L'attaque avait également causé une panne du système BHS pour l'inspection des bagages.

Retour à la normale
« L'aéroport fonctionne normalement aujourd'hui lundi et il n'y a aucun problème concernant les vols », a déclaré M. Hamiyé lors d'une conférence de presse. Il a précisé que, depuis le piratage de la veille, qui avait forcé l'administration à éteindre tous les écrans du bâtiment, 70 % des écrans étaient désormais rallumés. « Nous sommes une administration publique et nous devons nous pencher sur la cyber-sécurité », a-t-il ajouté, estimant que cet incident n'était pas lié à une quelconque « négligence ». « Des dégâts ont été occasionnés, mais nous œuvrons à les réparer », a souligné le ministre, qui a également dit avoir coupé l'internet « comme mesure préventive » et « afin de limiter les dégâts ».

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Ali Hamiyé a indiqué ne pas encore connaître la nature exacte de la cyber-attaque. « Nous aurons la réponse d'ici quelques jours, afin de savoir s'il s'agit d'une brèche interne ou extérieure », a-t-il affirmé. « Aujourd'hui, notre défi est de mettre en place des mesures préventives et d'assurer leur financement, afin d'éviter que cet incident ne se répète », a-t-il conclu.

Mikati réagit

Pour sa part, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, a affirmé que « l'enquête sur cette affaire n'est pas encore terminée ». « Des officiers spécialisés suivent ce dossier », a-t-il ajouté, dans un entretien à la chaîne al-Hurra.

« A l'ombre de la guerre technologique mondialement connue, il est possible qu'il s'agisse d'une (cyber) attaque mais l'important est de dévoiler tous les détails et revenir à une situation normale », a ajouté M. Mikati. « Ce dossier est pris en charge par le ministre du Travail et je suis en contact avec lui », a -t-il poursuivi.

« Une attaque ne signifie pas que le sécurité n'est pas assurée. Le service de sécurité de l'aéroport fait son travail en coopération avec toutes les parties concernées », a conclu le responsable.

Les écrans fonctionnent à nouveau

Lundi, en fin de journée, le directeur de l'Aviation civile, Fadi Hassan, a affirmé que « les écrans fonctionnent normalement à 100%  aujourd'hui ». Toutefois, il a indiqué que le système des tapis de bagages n'a toujours pas été résolu. « Nous travaillons encore là-dessus » a-t-il affirmé. Le directeur a précisé que les scanners des bagages n'ont pas été affecté par la panne.

L'incident de dimanche soir a provoqué quelques réactions dans les milieux politiques. Le député Waddah Sadek (issu de la contestation) a ainsi écrit sur son compte sur X que le piratage était dû « à l'embauche sur base de l'affiliation politique, au détriment des compétences et de l'intégrité ». Ce clientélisme « a fait exploser le port » de Beyrouth, le 4 août 2020 et « menace l'AIB d'effondrement total ». De son côté, le député du parti Kataëb, Elias Hankache, a estimé que la cyber-attaque remet sur le tapis le fait que le Liban « a besoin d'un second aéroport, l'aéroport de Hamate ».

Ce dernier avait été construit en 1976, un an après le début de la guerre civile, à Hamate, dans la région de Batroun (Liban-Nord) afin d'accueillir des vols civils et militaires. Il avait été réquisitionné par l'armée syrienne jusqu'à 2005, lorsque l'armée libanaise en avait repris le contrôle afin d'y faire décoller ses avions et hélicoptères. 

Repère

Ces aérodromes du Liban tombés dans l'oubli

Lors de ce piratage, les voyageurs présents à l'AIB ont pu lire le message suivant : « Au nom du seigneur et du peuple, l'aéroport international de Beyrouth n'est pas l'aéroport du Hezbollah ni de l'Iran. Hassan Nasrallah, tu n'auras plus aucun défenseur si le Liban est entraîné dans une guerre dont tu assumeras la responsabilité et les conséquences. Hezbollah, nous n'entrerons pas en guerre au nom d'un autre. Vous avez fait sauter notre port après y avoir fait entrer des armes. Que l'aéroport soit libéré du joug du mini-Etat ». Les images des écrans piratés ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

Au-dessus du message, qui fait référence au parti chiite et à son parrain régional, la République islamique d'Iran, ainsi qu'à la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, figuraient deux logos. Celui de la page « Saheb el-Kalam », un groupe non-identifié qui critique à tout va le Hezbollah sur les réseaux sociaux, et celui des « Jnoud el-Rabb », les « Soldats du Seigneur », un groupe extrémiste chrétien de Beyrouth. Sur le réseau X, Saheb el-Kalam a partagé des photos des écrans piratés à l'AIB. Dans une vidéo publiée sur la page Facebook des « Soldats du Seigneur », deux hommes ont toutefois démenti toute implication de leur groupe dans la cyberattaque à l'AIB, accusant les personnes derrière ce piratage de chercher à « semer la dissension ».

Le Hezbollah est régulièrement accusé par ses détracteurs d'importer des armes via l'aéroport, situé dans le sud de Beyrouth, fief du parti chiite.

Le ministre libanais sortant des Transports et des Travaux publics, Ali Hamiyé, a écarté lundi, au lendemain d'une cyber-attaque ayant visé des écrans de l'aéroport international de Beyrouth, que cet incident soit la conséquence d'une « négligence », assurant qu'une enquête était en cours pour savoir s'il s'agissait d'une « brèche interne ou externe ». Dimanche soir, un message adressé au Hezbollah et à son secrétaire général, Hassan Nasrallah, s'était affiché sur les écrans d'information de l'AIB. Une source à la Middle East Airlines, la compagnie aérienne nationale, avait indiqué à L'Orient-Le Jour que le réseau du FIDS, le Flight Information Display System, qui affiche les informations de vol dans l’aéroport, avait été piraté. L'attaque avait également causé une panne du...
commentaires (5)

Un autre responsable mediocre.

hrychsted

01 h 20, le 12 janvier 2024

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Commentaires (5)

  • Un autre responsable mediocre.

    hrychsted

    01 h 20, le 12 janvier 2024

  • Hamiyé a tout intérêt à déclarer que tout est sous contrôle alors que les événements nous confirment le contraire. Voilà ce qui arrive lorsque des usurpateurs, imbus de leur personne se prennent pour des omnipotents alors qu’ils ont du mal à contrôler leur propres fiefs et partisans qui ne rêvent que d’une chose, les voir disparaître à jamais. Comme tous les libanais libres et patriotes d,ailleurs.

    Sissi zayyat

    11 h 41, le 11 janvier 2024

  • Plutôt que d’ouvrir un nouvel aéroport qui conforterait ceux qui voudraient voir le Liban sur la route de la partition / cantonisation, il vaudrait mieux investir les efforts à ramener l’aéroport (et ultimement tout le pays) sous le contrôle d’un état représentatif de tous les Libanais

    Alain

    17 h 38, le 08 janvier 2024

  • le port entier a saute et il n'y pas eu de responsabilites...c'est pas un pauvre panneau a l'aeroport qui va faire sauter la tete d'un ministre

    Karim Ghantous

    16 h 47, le 08 janvier 2024

  • Ali Haniyé, c'est qui?Connais pas!Il doit être en furie Nasnoussy !3 incidents en moins d'une semaine.La sécurité du Hezbollah laisse à désirer !2 hauts gardés hors d'état de nuire.Cyber attaque dans leurs fiefs !Faites vos jeux mesdames et messieurs, rien ne va plus pour le Hezbollah, faites vos jeux, Liban ou Liran?

    Marwan Takchi

    15 h 16, le 08 janvier 2024

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