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Moyen-Orient - Focus

Les réactions au double attentat de Kerman en Iran

Les Iraniens ont vivement réagi après l’attaque la plus meurtrière survenue en Iran depuis la création de la République islamique en 1979.

Les réactions au double attentat de Kerman en Iran

Le président iranien Ebrahim Raïssi durant une cérémonie de commémoration marquant le 4e anniversaire de l'assassinat du général Kassem Soleimani, à Téhéran, le 3 janvier 2024. Atta Kenare/AFP

Mercredi vers 15h, la République islamique a subi l’attentat le plus meurtrier depuis sa création en 1979. Au moins 84 personnes ont été tuées selon un dernier bilan jeudi en milieu de journée, tandis que plus de 200 ont été blessées, dont certaines grièvement, dans une double explosion survenue dans la ville de Kerman. L’attaque a eu lieu à proximité de la tombe de Kassem Soleimani, ancien commandant de la Force al-Qods, chargée des opérations extérieures du Corps des gardiens de la révolution islamique, alors qu’une cérémonie était organisée pour la commémoration de son assassinat quatre ans plus tôt par un drone americain à Bagdad.

Condamnations et appels à répondre

Les autorités iraniennes ont rapidement réagi, condamnant l’attaque « terroriste » et appelant à une réponse forte. Le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a promis « une punition sévère » pour ceux qui ont perpétré l’attentat, ajoutant que « les soldats dans la voie de Kassem Soleimani ne toléreront pas ce crime ». Dans un communiqué sur X, le président Ebrahim Raïssi appelle « à identifier les coupables », tout en affirmant « qu’ils seront sévèrement punis pour leur acte haineux par les forces de l’ordre ». Des positions qui trouvent écho au sein de « l’axe de la résistance » mené par Téhéran. Au Liban, le Hezbollah a qualifié les personnes tuées lors de la commémoration de l’assassinat de Kassem Soleimani de martyrs, tandis que les rebelles houthis du Yémen voient dans cet attentat une extension des crimes auxquels la République islamique est soumise pour son soutien à la cause palestinienne.

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Au-delà, l’Irak, dont le Premier ministre Mohammad Chia al-Soudani a été élu grâce au soutien des partis pro-iraniens, a dénoncé un « acte criminel lâche », alors que la Malaisie, qui s’est positionnée en faveur du Hamas après le début de la guerre à Gaza, a condamné « toute forme de violence contre des innocents « . S’étant rapproché de Téhéran depuis la guerre en Ukraine, le président russe Vladimir Poutine a exprimé ses condoléances et affirmé que le « meurtre de civils qui visitaient le cimetière était choquant de cruauté et de cynisme ». L’Union européenne et l’ONU ont elles aussi condamné l’attentat et appelé à ce que les coupables soient traduits en justice.

Si l’attaque n’a pas encore été revendiquée, certains officiels iraniens, comme le conseiller politique du président iranien Mohammad Jamshidi, ont pour leur part accusé les États-Unis et Israël d’être derrière cette attaque qualifiée de « terroriste ». L’attentat survient au lendemain de l’assassinat dans la banlieue sud de Beyrouth du numéro 2 du bureau politique du Hamas, Saleh el-Arouri, par une frappe attribuée à Israël. L’État hébreu s’est fixé comme objectif de guerre à Gaza d’« éradiquer » le mouvement islamiste après son attaque surprise du 7 octobre en Israël. Si Tel-Aviv n’a pas réagi au double attentat qui a secoué l’Iran mercredi, les États-Unis l’ont condamné mercredi soir et nient toute responsabilité, ainsi que celle d'Israël, qualifiant les accusations iraniennes d’« absurdes ». Selon la presse israélienne, l’État hébreu aurait affirmé à ses alliés n'avoir rien à voir avec l'attentat en Iran.

Critiques en interne

Le plus meurtrier depuis des décennies, l’attentat a également fait réagir au sein de la société iranienne. Sur les réseaux sociaux, des citoyens ont critiqué les forces de sécurité et le ministre de l’Intérieur, Ahmad Nahivi. Certains pour avoir fait passer l’application de la loi concernant le port obligatoire du hijab avant les problèmes sécuritaires liés notamment au terrorisme, tandis que d’autres, plus conservateurs, dénoncent le manque de réaction des autorités iraniennes face à de précédentes attaques. D’aucuns, considérant Israël comme responsable, appellent ainsi de leurs vœux un changement de stratégie s’éloignant de la « patience stratégique » prônée par le régime pour éviter de répondre à des attaques israéliennes, dans le but de renforcer la dissuasion contre l’État hébreu. Les appels à rendre des comptes se sont multipliés depuis l’attaque de mercredi, visant particulièrement le ministre de l’Intérieur, déjà sous le feu des critiques depuis 2021, rapporte le média Amwaj, notamment pour sa gestion de la vague de contestation populaire qui a émergé après la mort de Mahsa Amini le 16 septembre 2022. Soulignant par exemple l’absence de figures politiques ou militaires majeures à la cérémonie de commémoration, certains Iraniens, fervents opposants au régime, se sont même hasardés à accuser la République islamique elle-même, pour des raisons de popularité interne. L’activiste en exil Masih Alinejad a elle reproché à la République islamique d’avoir organisé une cérémonie en l’honneur d’une « personnalité impopulaire » sans être capable d’en assurer la sécurité.

Mercredi vers 15h, la République islamique a subi l’attentat le plus meurtrier depuis sa création en 1979. Au moins 84 personnes ont été tuées selon un dernier bilan jeudi en milieu de journée, tandis que plus de 200 ont été blessées, dont certaines grièvement, dans une double explosion survenue dans la ville de Kerman. L’attaque a eu lieu à proximité de la tombe de Kassem...
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Bon DIEU. Encore des morts dus aux sans âmes ni cœurs. Étant contre les guerres, les armes, contre les peines de morts, tout en condamnant les monstrueuses attaques, je me sentirais coupable de rester tel que je suis, contre tout ce qui sème la mort et la destruction. Mais là, je ne condamnerai en aucun cas la peine du talion, les coupables doivent payer le prix fort, et sans donner mon avis la dessus, et plaise à DIEU que ce ne soit pas les États Unis d’Amerique ou des commanditaires des États Unis d’Amerique, car cela mènerait à une troisième guerre mondiale. Cherchez les coupables.

Mohamed Melhem

18 h 38, le 04 janvier 2024

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Commentaires (1)

  • Bon DIEU. Encore des morts dus aux sans âmes ni cœurs. Étant contre les guerres, les armes, contre les peines de morts, tout en condamnant les monstrueuses attaques, je me sentirais coupable de rester tel que je suis, contre tout ce qui sème la mort et la destruction. Mais là, je ne condamnerai en aucun cas la peine du talion, les coupables doivent payer le prix fort, et sans donner mon avis la dessus, et plaise à DIEU que ce ne soit pas les États Unis d’Amerique ou des commanditaires des États Unis d’Amerique, car cela mènerait à une troisième guerre mondiale. Cherchez les coupables.

    Mohamed Melhem

    18 h 38, le 04 janvier 2024

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