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Nos lecteurs ont la parole

Noël n’est pas Noël sans vous

C’est durant cette période où tous les carillons du monde claironnent l’arrivée des fêtes qu’il nous est le plus difficile de maquiller nos lèvres d’un sourire feint et de simuler une étincelle de joie dans nos yeux pour voiler la douleur qui nous consume.

Noël n’est pas Noël sans vous.

Vous, nos enfants disséminés aux quatre coins de la planète. Vous, qui avez largué les amarres et mis les voiles vers des destinations lointaines, espérant qu’en vous éloignant, l’empire de l’oubli envahira le territoire des affres que votre pays vous a fait connaître.

Pays ? Non, juste un bercail que nous avons bradé et qui est devenu indigne de vous retenir. On réalise que notre au revoir d’hier est devenu plus un adieu.

Vous avez pris racine dans des pays étrangers qui sont devenus les vôtres.

Comment se fait-il que cette graine libanaise si fertile ne porte ses meilleurs fruits que quand semée en terre étrangère ?

Ici, vous flétrissez et vous vous étiolez, et là-bas, votre floraison devient immarcescible.

Pourquoi le destin fourbe a-t-il fait du Liban une terre d’accueil pour les opprimés du Moyen-Orient et une terre d’exode pour ses propres enfants ?

Est-ce le destin ou notre indolence, notre mercantilisme avide et cupide face aux nombreux occupants qui se sont succédé ?

Dans notre servitude volontaire, nous avons vu dans nos chaînes des ornements dorés, dans nos bourreaux des seigneurs bienveillants.

Jamais prédateur n’aura croisé le chemin d’une proie aussi complaisante, voire complice !

Nos larmes d’aujourd’hui ne sont pas expiatoires hélas et ne rachèteront pas nos trahisons d’hier.

Nous sommes coupables de crimes haineux contre notre pays, ce pays que vos parents avaient le devoir de préserver pour vous le léguer embelli.

Nous méritons les pires des châtiments.

Être brûlés vifs sur un bûcher est bien plus facile que de subir la séparation ! Quelle pire torture que de ne pas pouvoir vous serrer contre nos cœurs, de ne pas vous voir en ouvrant les yeux le matin et de ne pas rentrer dormir sereinement vous sachant revenus sains et saufs le soir ?

Noël n’est pas Noël sans vous.

Loin de vous, nous ne vivons pas, mais nous sommes condamnés à vivre. C’est notre destin et notre damnation de tous les instants.

Joseph CHAMI

Avocat, membre

du barreau du Québec-Canada

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

C’est durant cette période où tous les carillons du monde claironnent l’arrivée des fêtes qu’il nous est le plus difficile de maquiller nos lèvres d’un sourire feint et de simuler une étincelle de joie dans nos yeux pour voiler la douleur qui nous consume.Noël n’est pas Noël sans vous. Vous, nos enfants disséminés aux quatre coins de la planète. Vous, qui avez largué les amarres et mis les voiles vers des destinations lointaines, espérant qu’en vous éloignant, l’empire de l’oubli envahira le territoire des affres que votre pays vous a fait connaître. Pays ? Non, juste un bercail que nous avons bradé et qui est devenu indigne de vous retenir. On réalise que notre au revoir d’hier est devenu plus un adieu. Vous avez pris racine dans des pays étrangers qui sont devenus les vôtres.Comment se fait-il que...
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