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Économie - Politique monétaire

Livre libanaise : le taux de Sayrafa virtuellement aligné sur celui du marché

C’est la première fois depuis le lancement de la plateforme en 2020 que ce taux intermédiaire  est aligné sur celui du marché.

Un bureau de change dans le Metn. Photo : P.H.B.

La Banque du Liban (BDL) a décidé de fixer le taux de change de sa plateforme Sayrafa à 89.500 livres libanaises pour un dollar, alors qu’elle était figée depuis plusieurs mois à 85.500 LL.

La banque centrale a notifié sa décision de relever le taux de Sayrafa aux banques, qui doivent donc appliquer ce taux pour convertir et payer en dollars les traitements et salaires des fonctionnaires qui sont initialement rémunérés en livres libanaises.

C’est la première fois depuis le lancement de la plateforme en 2020, que ce taux intermédiaire modifié unilatéralement par la BDL est aligné sur celui du marché, qui évoluait lundi soir autour de 89.500 LL, selon les plateformes informelles qui le relaient à partir des informations fournies par les agents de change (notamment lirarate.org et Adde Dollar).

L’information a été confirmée à L’Orient-Le Jour par des sources non habilitées à parler à la presse au sein de quatre grandes banques libanaises qui n’ont pas souhaité dévoiler leurs noms. La BDL elle-même n’a pas immédiatement communiqué sur le sujet lundi, et a confirmé l'information mardi matin.

L’alignement du taux de Sayrafa sur celui d’un marché qui est resté étonnamment stable depuis plusieurs mois après plus de trois ans de crise pendant lesquels la livre a perdu 98 % de sa valeur dans une économie très dollarisée, est loin d’être anodin. Depuis septembre 2022, les autorités libanaises et la BDL ont annoncé et lancé plusieurs mesures visant à contrôler le taux sur le marché et à supprimer les taux intermédiaires qui avaient été créés depuis 2019 sous l’égide de l’ancien gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.

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Craintes de répercussions sur la fiscalité

Il s’agissait plus particulièrement de taux inférieurs à celui du marché et qui étaient imposés aux déposants souhaitant retirer leur argent en dollars des banques, ce qu’ils ne pouvaient plus faire librement. Les établissements bancaires du pays, à court de liquidités en devises, ont commencé dès la fin de l’été 2019 à limiter l’accès de leurs clients à leurs comptes, avec la bénédiction de l’Association des banques du Liban mais sans y être autorisés par la BDL ou par une loi de contrôle des capitaux.

La banque centrale est intervenue en instituant une distinction entre les fonds frais en espèces ou virés depuis l’étranger, devant être fournis ou échangés à leur valeur de marché, et les fonds ou dollars « bancaires », que les banques étaient autorisées à libérer en imposant une décote. À la demande du Fonds monétaire international (FMI) avec qui le Liban est en contact depuis 2020, ces taux ont vocation à disparaître, tout comme le taux officiel, longtemps resté bloqué à 1.507,5 livres avant d’être relevé à 15.000 LL le 1er février dernier. Ce taux officiel est toujours employé par l’administration fiscale, même si certaines taxes et certains impôts ont commencé à être alignés sur le taux du marché. Le taux de Sayrafa lui-même n’était plus employé que pour les conversions des salaires des fonctionnaires en dollars, une mesure visant à pallier en partie le fait que ces rémunérations n’ont pas été suffisamment ajustées ces quatre dernières années de manière à compenser l’effondrement de la livre.

La prochaine étape prévue est la mise en service d’une plateforme de change opérée par Bloomberg qui deviendra l’unique référence pour la valeur de la livre libanaise. Le projet a été lancé avec l’arrivée à la tête de la BDL du gouverneur par intérim Wassim Manssouri, le 31 juillet dernier, les dirigeants n’ayant pas nommé dans les temps un successeur de plein droit à Riad Salamé. 

La Banque du Liban (BDL) a décidé de fixer le taux de change de sa plateforme Sayrafa à 89.500 livres libanaises pour un dollar, alors qu’elle était figée depuis plusieurs mois à 85.500 LL.La banque centrale a notifié sa décision de relever le taux de Sayrafa aux banques, qui doivent donc appliquer ce taux pour convertir et payer en dollars les traitements et salaires des fonctionnaires...

commentaires (5)

Tant que vous maintenez le taux de 15000 pour les depots, et que vous avalisez d'une maniere ou d'une autre les mesures des crapules bancaires (depuis plus de 4 ans maintenant), MM Chami, Kanaan, Mansouri et consorts, vous ne faites que confirmer que vous appartenez tous ensemble au camp des voleurs et des escrocs. Tfeeeeeeh ! Kellon ya3ne kellon.

Michel Trad

20 h 01, le 19 décembre 2023

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Commentaires (5)

  • Tant que vous maintenez le taux de 15000 pour les depots, et que vous avalisez d'une maniere ou d'une autre les mesures des crapules bancaires (depuis plus de 4 ans maintenant), MM Chami, Kanaan, Mansouri et consorts, vous ne faites que confirmer que vous appartenez tous ensemble au camp des voleurs et des escrocs. Tfeeeeeeh ! Kellon ya3ne kellon.

    Michel Trad

    20 h 01, le 19 décembre 2023

  • Première conséquence: les factures des cellulaires vont renchérir de 85500 à 89500. Soit 4000LBP x 50$ = 200.000LBP soit pour une famille moyenne de 4 personne, pratiquement 1 million de plus par mois. La seule occupation des officiels libanais est d’inventer des mesures pour voler d’avantage tous les jours l’usager.

    Lecteur excédé par la censure

    18 h 41, le 19 décembre 2023

  • Livrez Rias Salamé Interpol aux bons soins de la procureuse Aube Buresi et qu’il se défende à son corps défendant des malversations dont on l’accuse. L’ancien président Nicolas Sarkosy, Donald Trump et Benjamin Netanyahu sont dans la même corbeille pour d’autres méfaits.

    Mohamed Melhem

    04 h 43, le 19 décembre 2023

  • POUR QUI ONT PERDU LEURS DEPOTS ET QUI SONT PAYES EN L.L. **L,AVEU DES MAFIEUX/VOLEURS** ======= -TU TE MEURS ET TU RENDS L,AME ? -PLUS DE SOUCIS ET D,ANGOISSE. -NOUS TE LA PRENONS EN CALME, -AVEC NOTRE COUP DE GRACE. = -NOUS SERVONS CHACUN QUI SOUFFRE. -NOUS N,ATTENDONS PAS SA MORT. -NOUS L,ENVOYONS DANS LE GOUFFRE, -PAR COMPASSION ET REMORD, = -CAR NOUS L,AVONS DEPOUILLE, -VIVANT, DE CE QU,IL POSSEDE, -COUPER SA VIE PAR PITIE, -C,EST LUI FOURNIR L,ULTIME AIDE. = -SES DEPOTS EN NOTRE NOM, -DANS DES ILES D,AVANT-GARDE, -DE SA TOMBE IL EST CONTENT, -QUE NOUS EN GOUTONS LA GARDE.

    JE SUIS PARTOUT CENSURE POUR AVOIR BLAMER GEAGEA

    00 h 14, le 19 décembre 2023

  • "… une plateforme de change opérée par Bloomberg qui deviendra l’unique référence pour la valeur de la livre libanaise …" - donc y compris les lollars?

    Gros Gnon

    21 h 45, le 18 décembre 2023

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