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Nos Lecteurs ont la Parole

Un syllabus désabusé !

Le système éducatif scolaire au Liban est marqué en général par une discipline corporelle assez exigeante, un savoir intellectuel basé surtout sur le « bassm » ou la mémorisation façon perroquet, une éducation religieuse entretenue par une pratique intense, et une éducation morale et civique caractérisée par la stricte observance de certaines vertus et grandes valeurs sociales.

À l’école, nos enfants suivent un programme devenu pour beaucoup de matières suranné et obsolète surtout pour ce qui est du « kawa3ed » ou grammaire arabe, ou encore le manuel d’histoire non encore unifié et actualisé comme il a été question dans les accords de Taëf de 1989.

Le fait est qu’on donne aussi à ces élèves un cours d’instruction civique pour ainsi les initier à la droiture, aux bonnes manières, à la moralité et à l’éthique en vue de devenir les bonnes citoyennes et les bons citoyens de demain.

Le pauvre enfant est perdu entre ce qu’on lui apprend à l’école comme politesses et civilités et le vrai monde qui l’attend dehors avec sa justice élastique pour ne pas dire amorphe ou statique.

Une fois parachuté dans le réel, la vie n’est plus celle exemplaire de son cursus scolaire. Il réalise alors que sa ville est loin d’être celle de la Madina Fadila de Farabi ou de La République de Platon !

Cette rigueur et ces idéaux inculqués à l’école vont s’effondrer comme un château de cartes lorsqu’il va se retrouver dans un milieu régit par la seule loi de la jungle !

Nous sommes aussi loin des belles métaphores apprises au scoutisme par exemple et leur salut où le pouce tient l’auriculaire comme pour dire que « le grand protège le petit ». De nos jours, c’est le majeur qui bouffe tout simplement le mineur !

Cet élève va donc confronter plus tard un « citoyen » qui ne respecte pas l’hygiène publique, mange en voiture et jette par la fenêtre, brûle le feu rouge, s’engage sans scrupules dans des sens interdits, ne boucle pas sa ceinture de sécurité, dépasse la limite de vitesse, slalome entre les voitures, boit au volant provoquant des accidents inimaginés, klaxonne à tue-tête, lance des jurons à la moindre contrariété ou se retrouvera face à un agent pendu à son mobile, clope au bec. Il aura à faire avec un « citoyen » qui vole son client sans suivre aucun barème de prix, fait marcher ou plus exactement « fait faire marcher son chien » sans penser à nettoyer après lui les pavés, ne sait pas tenir une file et double tout le monde dans sa foulée, refile des pots-de-vin aux employés de l’État pour prioriser sa formalité, exprime sa colère ou pire sa joie par un doigt facile à la détente de son pistolet et je vous laisse compléter le reste des immoralités...

Entre utopie et réalité, rigueur et laxisme, discipline et chaos, c’est à se demander si au sortir de l’école puis de l’université, plutôt qu’un emploi ou une carrière il ne faudra pas trouver un psy « per capita » pour coacher ces pauvres jeunes gens dépassés, déphasés, déboussolés, désappointés !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Le système éducatif scolaire au Liban est marqué en général par une discipline corporelle assez exigeante, un savoir intellectuel basé surtout sur le « bassm » ou la mémorisation façon perroquet, une éducation religieuse entretenue par une pratique intense, et une éducation morale et civique caractérisée par la stricte observance de certaines vertus et grandes valeurs...
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