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Culture - Portrait

Le danseur Trajal Harrell, un Américain à Paris

Aussi à l'aise avec la culture underground que le mouvement japonais butô, le chorégraphe de 50 ans choisit parfois des lieux inhabituels pour ses performances. 

Le danseur Trajal Harrell, un Américain à Paris

Le danseur américain Trajal Harrell. Photo AFP

Il aime investir les salles de musées et danser sur des scènes non traditionnelles : l'Américain Trajal Harrell ne dérogera pas à la règle en présentant de jeudi à samedi sa création Tambourines au Centre Pompidou à Paris.

Aussi à l'aise avec la culture underground que le mouvement japonais butô, le chorégraphe de 50 ans a déjà dansé au milieu des  Nymphéas de Monet, au musée de l'Orangerie. Mais aussi dans une librairie parisienne.

« J'aime le (lieu, NDLR) théâtre, mais j'ai besoin de travailler et d'évoluer dans d'autres contextes », affirme celui qui a été accueilli à ses débuts dans l'église Judson Church de New York, lieu de création contemporaine à partir des années 1950 et fut en résidence au MoMA à New York.

Avec neuf pièces jouées cet automne à Paris, le danseur et chorégraphe, directeur du Schauspielhaus Zurich Dance Ensemble depuis 2019, est à l'honneur et bénéficie d'un coup de projecteur du Festival d'automne.

Dans son travail, montré aussi au Festival d'Avignon, il s'est d'abord intéressé aux relations entre la danse postmoderne et la tradition du voguing, une danse urbaine inspirée des défilés de mode et pratiquée par des membres des communautés LGBTQ+ et afro-américaines.

« Je ne fais pas nécessairement des mouvements de voguing, mais j'ai été très inspiré (...) par cette façon d'utiliser les mouvements de la mode comme (si c'était, NDLR) de la danse », dit-il.

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Ses recherches le poussent ensuite vers le butô, une danse poétique, lente et minimaliste, créée dans les années 60 au Japon.

Dans son Romeo (au théâtre de Chaillot du 7 au 9 décembre), ses danseurs – parés de nombreux costumes aux étoffes flamboyantes – sans distinction de genre effectuent de lents mouvements ondulatoires et défilent sur demi-pointes en se déhanchant.

L'artiste afro-américain, cheveux bruns ras, grands yeux marron, est né dans l'État de Géorgie aux États-Unis d'un père homme d'affaires et d'une mère enseignante. Il a suivi des études de théâtre, d'histoire de l'art, de genre, de féminisme, entre autres, à l'Université de Yale.

« Fragilité » 

Trajal Harrell a appris la danse dans plusieurs écoles, dont la Trisha Brown School et la Martha Graham School of Contemporary Dance, du nom de deux figures de la danse contemporaine, et a lancé ses recherches au laboratoire Movement Research, à New York.

Un de ses fils rouges ? « Montrer la fragilité sur scène. »

Sa pièce  Tambourines, inspirée du roman de Nathaniel Hawthorne,  La Lettre écarlate (1850), dans laquelle l'héroïne est mise au ban de la société, dans l'Amérique coloniale, pour avoir eu un enfant hors mariage, entend revisiter son histoire, en « l'honorant ».

« Que se serait-il passé si elle avait été soutenue ? » interroge-t-il.

Car Trajal Harrell, soucieux de connaître son public – il vient le saluer personnellement à la fin de ses pièces –, accorde une grande importance au « sentiment de faire communauté ».

L'une de ses façons d'entrer dans le processus de création passe par les costumes, dont il est en permanence à la recherche ; il peut tout aussi bien les chiner, les trouver dans des magasins bon marché et collaborer avec la griffe japonaise Comme des garçons.

« Je peux voir les mouvements à travers » eux, explique-t-il. Et « lancer mon imagination ».

La suite ? Lui qui vit entre Zurich et Athènes et se rend régulièrement au Japon dit arriver à la fin de ses recherches sur le butô. Et quittera la direction de la compagnie du Schauspielhaus de Zurich en juillet 2024.

Il évoque le « besoin » d'avoir « différents moments », dans des lieux différents, pour mener ses projets.

Il aime investir les salles de musées et danser sur des scènes non traditionnelles : l'Américain Trajal Harrell ne dérogera pas à la règle en présentant de jeudi à samedi sa création Tambourines au Centre Pompidou à Paris.Aussi à l'aise avec la culture underground que le mouvement japonais butô, le chorégraphe de 50 ans a déjà dansé au milieu des  Nymphéas de...
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