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Société - Sécurité

Un jeune homme de Chekka assassiné sur fond de querelle à propos de la guerre de Gaza

Le jeune marié a succombé dimanche à ses blessures, après avoir été ciblé, le 13 novembre, par un membre des tribus de Tallet el-Arab (Koura).

Un jeune homme de Chekka assassiné sur fond de querelle à propos de la guerre de Gaza

Sleiman Sarkis, et en arrière-plan son épouse, le jour de son mariage, en septembre dernier. Photo tirée de sa page FB

Après un combat de six jours contre la mort, Sleiman Sarkis, un habitant de Chekka âgé de 28 ans, a succombé dimanche aux blessures causées par des coups de feu tirés sur lui le 13 novembre par un membre des tribus de Tallet el-Arab, près d’Enfé dans le Koura.

Il faut remonter à la nuit du 7 au 8 octobre dernier pour comprendre le déroulement des événements qui ont abouti à cette mort tragique. Une source informée indique à L’Orient-Le Jour qu’un convoi de plus de soixante mobylettes, conduites par des membres des tribus de Tallet el-Arab, avait, cette nuit-là, envahi la ville de Chekka, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans injurieux contre « Dieu, Bkerké et les Forces libanaises », tout en tirant en l’air pour célébrer l’attaque sanglante du Hamas en Israël, survenue le 7 octobre au matin.

Toujours selon nos informations, trois personnes, dont le frère et le père de Sleiman Sarkis, réputés proches des FL, avaient alors intercepté des motards qui faisaient partie du convoi, pour leur demander de mettre fin à ce qu’ils considéraient comme des « provocations ». S’en est suivie une altercation verbale entre les deux groupes, puis des coups de feu, qui ont blessé au bras le frère de l’homme soupçonné du meurtre de Sleiman Sarkis. Aussitôt après l’incident, les forces de sécurité s’étaient déployées pour empêcher toute escalade dans la région.

Plus d’un mois après cet accrochage, le meurtrier présumé se rend le 13 novembre à Chekka, à proximité du magasin de Sleiman Sarkis, dont celui-ci s’apprête à lever le rideau. Il tire plusieurs balles, dont deux se logent dans la tête du malheureux, qui s’écroule. Dans le coma, le jeune homme, qui s’était marié deux mois plus tôt, est transporté à l’hôpital de Batroun, puis à l’hôpital Notre-Dame des Secours, à Jbeil. Il y décède dimanche.

Entre-temps, des tractations ont été effectuées et des pressions exercées pour régler la situation par les moyens légaux. « Le père et le frère de Sleiman Sarkis, ainsi que la troisième personne du groupe, ont été arrêtés, avant d’être relâchés sous caution d’élection de domicile, il y a deux ou trois jours », affirme un habitant de Chekka, qui cite une source sécuritaire. Le suspect du meurtre de Sleiman Sarkis s’est pour sa part livré à la justice vendredi dernier. Il est toujours sous enquête auprès des services de renseignements de l’armée, indique une source des FSI.

Interrogé par L’OLJ, Ghayath Yazbek, député FL de Batroun, qui s’intéresse de près au dossier, affirme que « rien ne prouve que l’auteur du tir ayant atteint (le frère du suspect) soit le père de Sleiman Sarkis ». « Le coup de feu a pu être tiré par les motards eux-mêmes, et (l’) avoir atteint par erreur », suppute-t-il. « Les habitants de Chekka ont dégainé leurs armes par légitime défense », avance-t-il.

Pas de discorde

À la question de savoir si la mort du jeune marié pourrait déclencher des troubles entre les deux régions concernées, Ghayath Yazbeck répond par la négative. « Le meurtre commis ne représente pas les habitants de Tallet el-Arab, lesquels ne sont pas dans l’optique d’une discorde », déclare le député. Une connaissance de la famille Sarkis, Joseph Younès, contacté par L’OLJ alors qu’il venait de présenter ses condoléances, affirme dans le même esprit que « l’atmosphère est à l’apaisement ». « Les parties concernées, aidées de plusieurs médiateurs, sont à l’œuvre pour calmer les tensions et les esprits », assure-t-il.

Du côté des FL, on ne veut pas exploiter l’incident. « Le criminel fait partie d’une bande de truands qu’il faut différencier des tribus arabes », insiste Ghayath Yazbeck, tout en se demandant « quels partis manipulent ces voyous ». « Ce drame s’inscrit dans une série d’exactions commises contre les habitants de Chekka », relève-t-il, évoquant « des tirs anarchiques qui atteignent en permanence la ville, tant à l’occasion d’événements joyeux que tristes ».

Le député accuse plus particulièrement « les pêcheurs en eau trouble » de « vouloir profiter des stigmates du massacre de Chekka (1976) que la ville tente de cicatriser ». Durant la guerre civile, des Palestiniens avaient pris d’assaut la bourgade, en réaction à la chute du camp palestinien de Tall el-Zaatar. Plusieurs membres de la famille Sarkis avaient été tués, relève à cet égard Joseph Younès.

Les funérailles du jeune homme auront lieu mardi, à 15h30, en l’église Notre-Dame de la Délivrance, à Chekka.

Après un combat de six jours contre la mort, Sleiman Sarkis, un habitant de Chekka âgé de 28 ans, a succombé dimanche aux blessures causées par des coups de feu tirés sur lui le 13 novembre par un membre des tribus de Tallet el-Arab, près d’Enfé dans le Koura.Il faut remonter à la nuit du 7 au 8 octobre dernier pour comprendre le déroulement des événements qui ont abouti à cette...
commentaires (2)

Malheureusement ce pays est dirigé par des barbares ..

Murad Mazen

12 h 28, le 21 novembre 2023

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Commentaires (2)

  • Malheureusement ce pays est dirigé par des barbares ..

    Murad Mazen

    12 h 28, le 21 novembre 2023

  • Et voilà, encore une ville libre attaquée par des voyous car ils se sentent en totale impunité grâce aux partis divins. Attention, fautes très attention! Notre patience et notre sang froid ont des limites et ne venez pas prétendre que vous ne saviez pas

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 29, le 21 novembre 2023

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