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Moyen-Orient - Conflit

Avec sa guerre contre Israël, le Hamas s'impose sur la scène politique palestinienne

Avec son « Déluge d'al-Aqsa », le mouvement islamiste « s'est posé en interlocuteur palestinien de référence, celui à même de dicter l'agenda politique et militaire ».

Avec sa guerre contre Israël, le Hamas s'impose sur la scène politique palestinienne

Des partisans du Hamas et du Fateh brandissent des drapeaux palestiniens, lors d'une manifestation à Hebron, en Cisjordanie occupée, le 11 octobre 2023, pour protester contre l'offensive israélienne à Gaza. Photo HAZEM BADER/AFP

En lançant la guerre contre Israël depuis la petite bande de Gaza qu'il contrôle, le Hamas s'est imposé sur l'ensemble des Territoires palestiniens occupés, marginalisant une Autorité palestinienne désormais vue par la majorité comme un « fardeau », affirment les experts.

Avec son « Déluge d'al-Aqsa », une attaque coordonnée terrestre, maritime et aérienne --une première pour les factions armées palestiniennes-- le mouvement islamiste « s'est posé en interlocuteur palestinien de référence, celui à même de dicter l'agenda politique et militaire », affirme à l'AFP Xavier Guignard, spécialiste des Territoires occupés.

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Pour ce chercheur du centre Noria, la donne a changé radicalement samedi avec l'attaque qui a fait jusqu'ici 1.200 morts côté israélien --les représailles sur Gaza ont, elles, fait plus de 1.000 morts. « Le Hamas a monté une opération jamais vue, réussissant pendant plusieurs mois à totalement masquer ses préparatifs », rapporte-t-il.

Une tactique sans commune mesure avec « tout ce qu'on voit depuis un an et demi en Cisjordanie occupée: l'éruption d'affrontements limités, de petits groupes armés dont on a du mal à comprendre le périmètre idéologique et le périmètre d'action », assure-t-il.

« Autorité Potemkine »

L'Autorité palestinienne, née des Accords d'Oslo en 1993 et qui devait s'effacer pour laisser place à un Etat palestinien qui se fait toujours attendre en échange de la reconnaissance d'Israël, elle, a perdu pied.

A Gaza, d'où le Hamas l'a expulsée par la force en 2007, et même en Cisjordanie occupée, où siège son président Mahmoud Abbas, dont le mandat a officiellement expiré depuis 2009.

En septembre, un sondage du Palestinian Center for Policy and Survey Research révélait que pour 62% des Palestiniens l'Autorité palestinienne était devenue « un fardeau », tandis que 58% d'entre eux se disaient favorables à « un retour aux affrontements et à une Intifada armée ».

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Pour M. Guignard, « l'Autorité peut continuer à exister comme +autorité Potemkine+, sans avoir le moindre rôle, mais c'est fondamentalement le projet politique qu'elle incarne --la coopération sécuritaire avec Israël et le contrôle de la population palestinienne au bénéfice d'Israël-- qui a pris un coup durable ».

Et alors que ce choix de la coopération est décrié, « le Hamas semble s'être désormais totalement engagé dans la voix de la confrontation illimitée, renonçant à son rôle de gouvernant à Gaza et au modus vivendi avec Israël », renchérit Hugh Lovatt, chercheur au European Council on Foreign Relations (ECFR).

Mardi soir, les drapeaux verts du Hamas ont même pu flotter au coeur de Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne. Durant une manifestation de soutien à la bande de Gaza, des dizaines de Palestiniens ont crié leur soutien au Hamas. « Ramallah toute entière est Hamas », ont-ils scandé, avant de lancer des slogans à la gloire de Yahya Sinouar et de Mohammed Deif, les chefs de la branche armée du Hamas, les brigades Al-Qassam.

« Seul rôle, demander l'aide »

Mais la confrontation ne se limite pas aux frontières de la bande de Gaza ou au camp du Hamas. En Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël et désormais quadrillée par colonies et check-points, les affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens ont fait, depuis samedi, au moins 28 morts et 130 blessés palestiniens, selon le ministère palestinien de la Santé.

Le président Mahmoud Abbas --qui porte depuis des décennies la voix de la résistance pacifique pour l'établissement d'un Etat de Palestine et ne cesse de dénoncer la violence--, lui, a été peu entendu depuis le début de la guerre. Dans un communiqué, il a rappelé « le droit des Palestiniens à se défendre face au terrorisme des colons et des forces d'occupation ».

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui rassemble tous les mouvements palestiniens à l'exception du Hamas et du Jihad islamique, a affirmé que « la direction palestinienne était en contact avec les dirigeants du monde entier pour faire cesser la guerre » et « permettre l'entrée de nourriture et de médicaments à Gaza ».

Mais, rappelle le politologue palestinien Jihad Harb, « l'Autorité palestinienne ne contrôle ni Gaza ni les combattants du Hamas et elle n'a même pas d'influence sur Israël, donc le seul rôle qu'elle peut jouer à ce stade, c'est de demander de l'aide pour Gaza ».

En lançant la guerre contre Israël depuis la petite bande de Gaza qu'il contrôle, le Hamas s'est imposé sur l'ensemble des Territoires palestiniens occupés, marginalisant une Autorité palestinienne désormais vue par la majorité comme un « fardeau », affirment les experts.Avec son « Déluge d'al-Aqsa », une attaque coordonnée terrestre, maritime et aérienne --une première pour les...
commentaires (1)

LES PALESTINIENS S,ILS ETAIENT UNIS DES LE DEBUT, LEUR CAUSE NE TRAINERAIT PAS JUSQU,AUJOURD,HUI ET AU-DELA.

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

14 h 19, le 12 octobre 2023

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Commentaires (1)

  • LES PALESTINIENS S,ILS ETAIENT UNIS DES LE DEBUT, LEUR CAUSE NE TRAINERAIT PAS JUSQU,AUJOURD,HUI ET AU-DELA.

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    14 h 19, le 12 octobre 2023

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