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Politique - Réfugiés syriens

Il faudrait « 10 fois plus de militaires pour contrôler les frontières nord », assure un major de l’armée

La troupe a organisé une tournée des journalistes dans le Akkar, pour montrer les défis posés par le flux quotidien de réfugiés venant de Syrie.

Il faudrait « 10 fois plus de militaires pour contrôler les frontières nord », assure un major de l’armée

À la frontière nord, près du village de Chadra, dans le Akkar. Photo Michel Hallak

Le commandement de l’armée a organisé jeudi une tournée aux frontières nord du pays, dans le Akkar, à laquelle ont participé plus de 50 journalistes, une véritable immersion dans le quotidien du régiment des frontières à la caserne Simon Chahine dans le village de Chadra, en butte à l’entrée illégale de réfugiés syriens et de marchandises de contrebande, alors que la polémique autour du flux incessant des réfugiés syriens fait rage et alimente régulièrement le discours politique au Liban.

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En présence d'officiers supérieurs de l’armée, le major Mohammad Saleh a donné une présentation détaillée de ce flux d’entrées illégales, qui a atteint un pic en août dernier, selon les chiffres de l’armée. « L’armée, a-t-il expliqué, doit contrôler une zone de 110 kilomètres de longueur et près de sept de largeur, allant du littoral de Arida jusqu’aux villages de Roumiyé et al-Boustan à l’est, en passant par toute la région de Wadi Khaled et Akroum. Une immense zone couverte par 1 200 militaires seulement, qui se positionnent dans 31 centres et 10 tours d’observation, dotées de caméras modernes, d’équipements GPS et de vision nocturne, afin d’arrêter la contrebande et le flux illégal de clandestins. Or, pour mener cette mission à bien, il faudrait, selon lui, « dix fois plus de militaires » postés le long de cette frontière nord avec la Syrie (et une partie de la frontière est), en vue d’assurer un minimum de contrôle.

L’armée doit contrôler une zone de 110 kilomètres de longueur et près de sept de largeur. Photo Michel Hallak

L’officier a expliqué aux journalistes que la région couverte par le régiment comporte 15 camps qui accueillent plus de 80 000 Syriens, alors même que le nombre de Libanais locaux ne dépasse pas les 95 000. Parmi les missions quotidiennes du régiment, figurent la surveillance des frontières et la mise en place de barrages, constants ou éphémères, sur les routes menant à certains passages clandestins entre les deux pays, ainsi que des patrouilles régulières. Chaque jour, il faut 1 050 militaires pour mener à bien ces tâches.

Les contrebandiers et les passeurs, eux, ne chôment pas : le major Saleh a montré des photos et des vidéos sur les moyens qu’ils trouvent pour tromper la vigilance de l’armée. Car celle-ci fait face à de nombreux défis : la longueur de la frontière, le manque d’hommes et d’équipements, la situation financière désastreuse au Liban comme en Syrie, qui aggrave le phénomène, le grand nombre de passages clandestins, certains étant rouverts par les contrebandiers après leur fermeture par l’armée.

À tout cela s’ajoute la nature très escarpée du terrain, qui en rend la surveillance très ardue en certains endroits. Enfin, le tissu social de la région joue un grand rôle : en effet, des deux côtés de la frontière, les gens se connaissent, ils ont de la famille… d’où le fait qu’ils se déplacent souvent en toute illégalité pour se faire soigner, étudier, s’approvisionner, visiter des proches ou investir dans l’agriculture.

Sous le contrôle du gouvernement

Pour le major Saleh, un contrôle efficace des frontières nécessite une collaboration entre le Liban et la Syrie. Car les défis sécuritaires sont aussi le pain quotidien des militaires postés à la frontière, qui essuient souvent des tirs dans leurs confrontations avec des brigands.

La nature très escarpée du terrain rend la surveillance très ardue en certains endroits. Photo Michel Hallak

Parmi les recommandations faites par l’officier, la nécessité de moderniser les lois et de réviser les directives liées à la lutte contre la contrebande, notamment en ce qui concerne les poursuites judiciaires contre les contrebandiers. Il faudra aussi, selon lui, prendre les décisions qui s’imposent en vue de contrôler efficacement les frontières des côtés libanais et syrien. Mais aussi, a-t-il poursuivi, il faudra pousser les agences des Nations unies et différentes ONG à rationaliser les dépenses relatives aux réfugiés syriens, afin qu’elles s’insèrent dans une politique claire et un mécanisme de travail qui prenne en compte les directives du gouvernement libanais, et soit sous sa surveillance.

Le major a abordé, dans ce cadre, le sujet de l’augmentation des effectifs militaires à la frontière, mais aussi le règlement du problème des bâtiments illégaux sur les fleuves, notamment le Nahr al-Kabir, souvent utilisés pour stocker de la marchandise de contrebande ou pour abriter des clandestins. Aménager la rive libanaise du fleuve frontalier al-Kabir aiderait grandement à lutter contre la contrebande et les passages de clandestins, a-t-il conclu.

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Cette journée médiatique s’est achevée par une tournée organisée le long du fleuve par les militaires aux journalistes, qui ont pu observer certaines routes empruntées par les contrebandiers et les passeurs, et s’enquérir sur les moyens employés par l’armée pour y faire face. Au cours de la tournée était incluse la visite d’une tour d’observation. 

Le commandement de l’armée a organisé jeudi une tournée aux frontières nord du pays, dans le Akkar, à laquelle ont participé plus de 50 journalistes, une véritable immersion dans le quotidien du régiment des frontières à la caserne Simon Chahine dans le village de Chadra, en butte à l’entrée illégale de réfugiés syriens et de marchandises de contrebande, alors que la polémique...

commentaires (2)

Il ne s’agit malheureusement pas de quantité mais de qualité. Ce qu’il faut en premier lieu c’est une autorité et surtout le respect de cette institution qui a toujours fait ses preuves pour nous protéger des envahisseurs. Certains ne cessent d’attaquer notre armée pour l’affaiblir en prétextant vouloir sauver notre pays alors que leur devoir est de la protéger et la renforcer pour qu’elle puisse, comme jadis , exercer son autorité sur tout le pays malgré le manque de moyens mais toujours avec l’appui des citoyens dont leur sécurité et leur souveraineté en dépendent. Ca n’est pas en la massacrant tous les jours un peu plus qu’elle va réussir à s’imposer face à tous les mercenaires et fossoyeurs de notre nation. PIGÉ. Ceux qui se gargarisent de patriotisme et ne cessent de lancer leurs flèches pour l’atteindre doivent être jugés pour trahison pour servir d’exemple. Ca n’est pas en évoquant le mot Israël qui est un acte de trahison condamnable, c’est plutôt l’attaque de notre armée.

Sissi zayyat

13 h 05, le 06 octobre 2023

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Commentaires (2)

  • Il ne s’agit malheureusement pas de quantité mais de qualité. Ce qu’il faut en premier lieu c’est une autorité et surtout le respect de cette institution qui a toujours fait ses preuves pour nous protéger des envahisseurs. Certains ne cessent d’attaquer notre armée pour l’affaiblir en prétextant vouloir sauver notre pays alors que leur devoir est de la protéger et la renforcer pour qu’elle puisse, comme jadis , exercer son autorité sur tout le pays malgré le manque de moyens mais toujours avec l’appui des citoyens dont leur sécurité et leur souveraineté en dépendent. Ca n’est pas en la massacrant tous les jours un peu plus qu’elle va réussir à s’imposer face à tous les mercenaires et fossoyeurs de notre nation. PIGÉ. Ceux qui se gargarisent de patriotisme et ne cessent de lancer leurs flèches pour l’atteindre doivent être jugés pour trahison pour servir d’exemple. Ca n’est pas en évoquant le mot Israël qui est un acte de trahison condamnable, c’est plutôt l’attaque de notre armée.

    Sissi zayyat

    13 h 05, le 06 octobre 2023

  • Il faudrait « 10 fois plus de militaires pour contrôler les frontières nord ». On le croit volontiers. Mais alors, pourquoi disséminer les militaires sur les routes où les barrages inutiles (s'ils sont nécessaires, ils devraient être tenus par les forces de sécurité INTEREIEURE), semblent n'avoir pour seul but que de ralentir la circulation. En fait, la problème est, avant tout, politique.

    Yves Prevost

    07 h 17, le 06 octobre 2023

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