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Sport - Coupe du monde de rugby 2023

Victoire à la Pyrrhus pour les Bleus

Malgré le succès historique (96-0) acquis par le XV de France contre la Namibie, la sortie sur blessure du maître à jouer Antoine Dupont, victime d’une fracture à la mâchoire, obscurcit l’horizon des Bleus pour la suite de la compétition.

Antoine Dupont (c.) ballon en main lors du match entre la France et la Namibie dans le groupe A de la Coupe du monde, jeudi au stade Vélodrome à Marseille. Anne-Christine Poujoulat/AFP

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Malgré les 96 points et les 14 essais empilés face aux modestes Namibiens (96-0), l’heure n’est paradoxalement plus à la fête dans les rangs tricolores.

Alors qu’ils étaient en train de poser les jalons de la plus écrasante victoire de leur histoire, jeudi soir à Marseille, les Bleus ont surtout pris un sacré de boutoir en voyant leur capitaine et maître à jouer quitter la pelouse du stade Vélodrome à la 46e minute. La faute à un plaquage mal maîtrisé de Johan Deysel, le capitaine namibien, venu percuter à pleine vitesse la mâchoire d’Antoine Dupont avec le sommet de son crâne. 

Fracture maxillo-zygomatique 

Expulsé après le visionnage des images par l’arbitre vidéo, le centre des Welwitschias quittait ses coéquipiers la mine déconfite, mais pas autant que celle du demi de mêlée du Stade toulousain, conscient dès sa sortie que son avenir dans cette Coupe du monde s’inscrivait désormais en pointillés.

Déjà privé de l’autre élément essentiel de sa charnière, l’ouvreur Romain Ntamack, présent en tribunes, victime d’une rupture des ligaments croisés du genou gauche lors de la préparation, le XV de France n’avait donc pas tellement le cœur à célébrer cette raclée au goût amer.

« Il est à l’hôpital. Il passe des examens. Il y a une suspicion de fissure ou de fracture », indiquait après la rencontre le sélectionneur Fabien Galthié, dont on pouvait lire l’inquiétude au travers de ses larges lunettes, avant que le couperet ne tombe quelques heures plus tard : « Il a subi une fracture maxillo-zygomatique (la partie supérieure de la mâchoire, NDLR) », détaillait un communiqué de la Fédération française de rugby publié ce vendredi matin. « Un avis chirurgical a été demandé pour définir la durée de l’indisponibilité. Antoine Dupont demeure avec le groupe France. »

Message à la concurrence

Rentré passer des examens complémentaires à Toulouse, où il sera pris en charge par les plus éminents chirurgiens, Dupont (26 ans, 51 sélections) devrait encore attendre 48 heures avant d’être fixé sur la durée de son indisponibilité, alors que les Bleus disputeront dans quinze jours leur dernier match de poule contre l’Italie, avant un probable quart de finale une semaine plus tard. 

Toutefois, ce nouveau coup dur ne doit pas totalement éclipser ce qui s’est passé lors des 79 minutes restantes. Car avec ce score fleuve, les hommes de Fabien Galthié ont envoyé un sacré message à la concurrence. Une semaine après une victoire poussive contre l’Uruguay (27-12), ils ont dissipé les quelques doutes qui subsistaient sur leur force de frappe offensive, imitant les cartons infligés par la Nouvelle-Zélande (71-3) à ces mêmes Namibiens ou ceux de l’Irlande (82-8) et de l’Afrique du Sud (76-0) devant la Roumanie.

Jeudi soir, les Bleus ont retrouvé leurs cadres et redonné le sourire à leurs supporters puisque les ailiers Damian Penaud (6e, 21e, 54e) et Louis Bielle-Biarrey (40e+1, 64e), le centre Jonathan Danty (9e, 26e), le troisième ligne Charles Ollivon (18e, 68e), le deuxième ligne Thibaud Flament (34e), l’arrière Melvyn Jaminet (76e) ou les demis de mêlées Antoine Dupont (38e) et Baptiste Couilloud (47e) ont tous aplati, avec un essai de pénalité pour finir (80e).

Penaud s’approche du record

Avec ses 31e, 32e et 33e essais internationaux, Penaud (45 sélections) est même devenu le troisième meilleur marqueur de l’histoire du XV de France, devant Philippe Saint-André (32 essais entre 1990 et 1997) mais derrière Vincent Clerc (34) et Serge Blanco (38).

Mieux, les Bleus ont fait coup double au Vélodrome : ils ont signé le bonus offensif français le plus rapide de leur histoire en Coupe du monde, acquis dès la 21e, et battu le record d’essais inscrits depuis le début du mandat de Fabien Galthié. Ils avaient jusque-là passé « uniquement » sept essais à l’Italie (50-10) en 2021 puis l’Angleterre (53-10) cet hiver à Twickenham.

Les Tricolores ont également laissé un adversaire « fanny » pour la première fois depuis une victoire en Argentine (27-0) en 2016.

Au-delà des statistiques, ils ont surtout étouffé leurs adversaires avec un Antoine Dupont rayonnant à la baguette avant sa sortie, puisque le n° 9 avait déjà distillé quatre passes décisives à la pause. Les coéquipiers de Cyril Baille et Jonathan Danty, solides pour leurs retours, n’ont en outre concédé que quatre pénalités et remporté leur cinq mêlées.

Bref, le XV de France a rempli son contrat. « On était un peu frustrés par la performance de la semaine dernière. On s’était dit qu’il fallait l’oublier et qu’on parte comme sur un match de phase finale. On a mis les bons ingrédients, et quand on évolue à ce niveau, c’est normal qu’on gagne », a expliqué Anthony Jelonch.

Sur la route des quarts de finale, le joueurs du XV de France disposeront d’un peu plus de deux semaines de repos dans la douceur d’Aix-en-Provence, pour préparer l’ultime rencontre de la phase de groupe contre l’Italie. Pour espérer revoir leur capitaine d’ici là, les plus croyants d’entre eux pourront toujours se rendre à la messe que donnera ce samedi le pape François dans l’enceinte du même stade Vélodrome. Dans de telles circonstances, on se raccroche à ce qu’on peut...

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Malgré les 96 points et les 14 essais empilés face aux modestes Namibiens (96-0), l’heure n’est paradoxalement plus à la fête dans les rangs tricolores.Alors qu’ils étaient en train de poser les jalons de la plus écrasante victoire de leur histoire, jeudi soir à Marseille, les Bleus ont surtout pris un sacré de...
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