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Politique - Liban

Retour au calme à Aïn el-Héloué après un accord de cessez-le-feu

Les violences qui ont éclaté jeudi soir ont fait une vingtaine de blessés. 

De la fumée au-dessus du camp de Ain el-Héloué, le 8 septembre 2023. Photo Mahmoud ZAYYAT / AFP

Un accord de cessez-le-feu a été conclu vendredi en soirée entre le Fateh et des groupes islamistes qui s'affrontaient depuis la veille au soir dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda au Liban-Sud. Les violences, qui avaient commencé jeudi soir, ont fait au moins 20 blessés et déplacé des centaines de personnes, ont indiqué plus tôt dans la journée plusieurs sources médicales dans le camp à notre publication.

D'après des sources palestiniennes, l'accord de cessez-le-feu a été conclu après des efforts de médiation menés notamment par le directeur des services de renseignement de l'armée libanaise dans le Sud, Souhail Harb, qui a organisé dans la journée une réunion entre des cadres du mouvement Fateh et du Hamas.

Le bilan

Dans la journée, le Croissant rouge palestinien, qui aide les habitants du camp, a précisé que des civils figuraient parmi les blessés. Un agent de la Sûreté générale libanaise a été blessé à la tête par des balles perdues vendredi et le bureau de direction de la caserne à Saïda a été endommagé, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Il a été transporté à l'hôpital Hammoud de Saïda et a subi une intervention chirurgicale. Vendredi après-midi, un des obus serait également tombé sur le toit du bâtiment gouvernemental de la caserne de Saïda, endommageant considérablement le toit et brisant la vitre d'un bureau de la Sûreté générale. En outre, une ambulance du Croissant vert palestinien a été touchée par balle pendant les affrontements, a déclaré une source à l'intérieur du camp.  En outre, une balle perdue a blessé un homme qui se trouvait à l'extérieur de la zone de combat, dans le quartier de Taamir, au sud de Saïda, selon des habitants et des travailleurs médicaux. Deux roquettes sont également tombées hors des zones de combat, provoquant des dégâts matériels. L'armée libanaise a renforcé ses positions aux entrées du camp.

« Prise de contrôle des écoles »

Selon Sobhi Abou Arab, un haut responsable militaire du Fateh, les accrochages ont éclaté afin d'empêcher l'évacuation de combattants armés installés dans des écoles de l'Unrwa, l'agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens. Ces écoles sont occupées depuis une précédente flambée de violence, qui avait pris fin début août.

Concernant l'occupation de ces écoles, le coordinateur résident humanitaire des Nations Unies pour le Liban, Imran Riza, a appelé vendredi soir dans un communiqué à l'arrêt urgent des combats et à l'évacuation des écoles par tous les éléments armés. « La prise de contrôle de huit écoles de l'Unrwa empêche quelque 6 000 enfants d'avoir accès à l'éducation alors que l'année scolaire est sur le point de commencer ».

Fin juillet, des affrontements avaient déjà fait trembler le camp et tué au moins treize personnes.

Entre jeudi et vendredi, des centaines d'habitants ont en outre fui leurs maisons et trouvé refuge à la mosquée al-Moussalli, située à proximité du camp.

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Affrontements nocturnes

Les affrontements avaient commencé dans la nuit de jeudi à vendredi, les bruits de tirs et de mitrailleuses atteignant les quartiers voisins de Saïda. Une source du Fateh a déclaré à L'OLJ que les hommes de l'organisation palestinienne « défendaient » leur position à l'entrée nord du camp, visée par des tirs et des roquettes d'extrémistes islamistes ».

La source palestinienne précitée a affirmé aussi que « les islamistes extrémistes veulent empêcher les forces de sécurité conjointes d'arrêter la personne accusée d'avoir tué Abou Achraf el-Amrouchi », chef de la sécurité dans le camp affilié au Fateh et tué fin juillet, ainsi que ses quatre gardes du corps, en représailles au meurtre, la veille, d'un responsable d'un groupe islamiste en réaction à l'assassinat, le 1er mars, d'un jeune membre du Fateh.

Les combats ont forcé des dizaines de familles à quitter leurs maisons jeudi dans la nuit et à trouver refuge dans la mosquée al-Moussalli, juste à l'extérieur du camp.

Des réfugiés dans une mosquée
Le superviseur de la mosquée al-Moussalli nous a déclaré vendredi après-midi que 700 personnes étaient réfugiées dans ses locaux et que la plupart d'entre elles sont des enfants, des femmes, et des personnes âgées. Il a ajouté qu'environ « 300 autres ont été transférées à la municipalité de Saïda ». « La situation des gens n'est pas rassurante car les associations, dont l'Unrwa, ne sont pas encore venues à leur secours, et nous appelons les associations à les prendre en charge ». Il a noté que « plusieurs d'entre eux souffrent d'infections oculaires hautement contagieuses ».

Dans l'après-midi de vendredi, ces familles ont été déplacées de la mosquée jusqu'à des centres de l'Unrwa à Sibline.

Avant d'être évacuée, une femme réfugiée dans la mosquée, se présentant sous le nom d' « Oum Omar », a déclaré qu'elle s'était échappée du quartier de Taamir dans le camp pendant les combats. « À chaque coup de feu, nous fuyons le camp sans vêtements et pieds nus. Nous voulons seulement retourner chez nous », a-t-elle dit. Une femme hébergée à côté du bâtiment municipal de Saïda a, elle, affirmé être diabétique et ne pas disposer de médicaments pour se soigner.

Israa Hassan, une autre habitante de Aïn el-Héloué qui a également fui le camp jeudi, a indiqué que la maison de son frère dans le quartier de Bustan avait été détruite. Le chef de la police municipale de Saïda, Bader Kawam, a confié à L'Orient Today qu'environ 70 Palestiniens et Libanais ayant fui le camp s'étaient rendus à la municipalité jeudi. De l'eau, de la nourriture et des médicaments ont été fournis aux déplacés par des bénévoles et une association islamique.

Un accord de cessez-le-feu a été conclu vendredi en soirée entre le Fateh et des groupes islamistes qui s'affrontaient depuis la veille au soir dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda au Liban-Sud. Les violences, qui avaient commencé jeudi soir, ont fait au moins 20 blessés et déplacé des centaines de personnes, ont indiqué plus tôt dans la journée...

commentaires (6)

Et si tout simplement nos forces de l'ordre se révèlent incapables d'éradiquer ce problème qui se développe impunément avec même la complicité active de certains de responsables locaux, cela fait des années que le Liban a perdu cette bataille, la route de Jérusalem ne mène plus par jounieh mais par aïn el héloué...

C…

10 h 17, le 08 septembre 2023

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Commentaires (6)

  • Et si tout simplement nos forces de l'ordre se révèlent incapables d'éradiquer ce problème qui se développe impunément avec même la complicité active de certains de responsables locaux, cela fait des années que le Liban a perdu cette bataille, la route de Jérusalem ne mène plus par jounieh mais par aïn el héloué...

    C…

    10 h 17, le 08 septembre 2023

  • Qu’attends-t-on pour désarmer les camps palestiniens au Liban? Des hordes de sauvages armés sèment la terreur dans notre pays, des innocents sont blessés ou tués par des balles perdues, la population effrayée dout se terrer par peur de la mort. Ça suffit! Désarmement des camps et expulsion des terroristes!

    K1000

    09 h 33, le 08 septembre 2023

  • Comment voulez vous que les pays arabes se soucient encore de la "cause palestinienne" ? C'est triste mais que faire devant tant de haine et de bêtise !

    Pandora

    08 h 42, le 08 septembre 2023

  • Désarmement par l’armée de tous les protagonistes à Aïn El-Heloué et expulsion des extrémistes de ce camp, et cessation de l’UNRWA d’aider les palestiniens de ce camps.

    Mohamed Melhem

    07 h 03, le 08 septembre 2023

  • Super, la cause palestinienne!

    Mago1

    01 h 12, le 08 septembre 2023

  • Quel bordel ! Je me demande à quoi sert la présence de l'armée libanaises aux entrées du camp si les soldats laissent passer toutes les armes de guerre. Peut-être c'est la philosophie de "fekhar yi kassir baado !".

    Romulus Maximus

    00 h 48, le 08 septembre 2023

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