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Société - Banque du Liban

Marianne Hoayek, ex-bras droit de Riad Salamé, mise en examen en France

L'ancienne assistante du gouverneur de la Banque du Liban "conteste les accusations (...)", a réagi son avocat Me Mario Stasi.

Le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, et son ancienne assistante Marianne Hoayek. Photo d’archives Le Commerce du Levant

Nouveau développement dans les investigations à Paris sur le patrimoine immobilier et bancaire en Europe constitué au bénéficie de Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban (BDL), et de son entourage: son ancienne bras droit, Marianne Hoayek, a été mise en examen vendredi.

"Marianne Hoayek conteste les accusations et apportera les éléments qui confirment que les fonds perçus proviennent principalement d'une donation du vivant de son père, riche homme d'affaires décédé depuis", a réagi auprès de l'AFP son avocat Me Mario Stasi. L'ancienne assistante du gouverneur, âgée de 43 ans, était convoquée vendredi par la juge d'instruction chargée de ce dossier.

Après une journée d'interrogatoire, Marianne Hoayek a été mise en examen pour association de malfaiteurs délictuelle et blanchiment en bande organisée, a précisé une source judiciaire. Elle a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact et d'exercer à la BDL, et obligation de verser un cautionnement de 1,5 million d'euros. Ces soupçons de bien mal acquis font l'objet d'enquêtes dans plusieurs pays européens.

M. Salamé, 72 ans, est soupçonné de s'être constitué un riche patrimoine immobilier et bancaire en Europe via un montage financier complexe et un détournement massif de fonds publics libanais.

Marianne Hoayek a été notamment interrogée sur son rôle dans les flux financiers suspects entre BDL et des comptes bancaires européens. "Je n'ai jamais travaillé à la gestion des affaires courantes du gouverneur de la Banque du Liban", a-t-elle affirmé lors d'un interrogatoire devant un magistrat financier libanais en mai 2021, dont le résumé traduit a été consulté par l'AFP.

Elle a expliqué avoir touché en six ans, en plus de son salaire, "environ 800.000 dollars américains" dans le cadre d'un projet d'économie numérique mené au sein de la BDL. Ces honoraires, versés sur un compte en Suisse, ont été gelés depuis par les autorités helvètes.

L'ancienne bras droit de M. Salamé a assuré ne pas être "concernée du fait du versement de cette somme à partir du compte personnel du gouverneur".

Au moins deux autres personnes sont inculpées dans le dossier: Anna K., une proche de M. Salamé, soupçonnée d'être l'une de ses prête-noms en France, et Marwan Kheireddine, ancien ministre et actuel patron de la banque privée al-Mawarid.

Saisies contestées

Riad Salamé, dont le mandat s'achève fin juillet, rejette les accusations, répétant avoir amassé sa fortune lorsqu'il travaillait dans la banque d'investissements américaine Merrill Lynch avant de prendre la tête de la BDL en 1993. M. Salamé ne s'est pas présenté le 16 mai à la convocation de la juge d'instruction, qui a émis un mandat d'arrêt international à son encontre.

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Le Liban n'extrade pas ses ressortissants: après réception de la notice rouge d'Interpol, basée sur ce mandat d'arrêt, la justice libanaise lui a interdit de quitter le Liban et a saisi ses deux passeports libanais et français.

Depuis le début de l'année, des juges européens, dont la magistrate française, se sont rendus à trois reprises au Liban pour l'interroger, ainsi que ses proches, dont son frère Raja Salamé.

Les investigations ont démarré en France par deux plaintes de l'association Sherpa et du "Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban", constitué par des épargnants spoliés lors de la crise qui frappe le pays depuis 2019.

Après une enquête préliminaire, le Parquet national financier (PNF) a ouvert le 2 juillet 2021 une enquête judiciaire contre X pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs.

En mars 2022, la France, l'Allemagne et le Luxembourg avaient gelé 120 millions d'euros d'avoirs libanais soupçonnés d'appartenir à M. Salamé

La cour d'appel de Paris doit en outre se prononcer mardi sur la validité des saisies immobilières et bancaires, pour plusieurs dizaines de millions d'euros. Sont concernés des appartements dans le XVIe arrondissement parisien ou sur les Champs-Elysées, au Royaume-Uni, en Belgique, mais aussi des comptes bancaires...

M. Salamé jouit de bonnes relations avec une grande partie de la classe politique qui défend sa politique monétaire, dans un pays qui connait depuis l'automne 2019 une grave crise économique.

Nouveau développement dans les investigations à Paris sur le patrimoine immobilier et bancaire en Europe constitué au bénéficie de Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban (BDL), et de son entourage: son ancienne bras droit, Marianne Hoayek, a été mise en examen vendredi."Marianne Hoayek conteste les accusations et apportera les éléments qui confirment que les fonds perçus...
commentaires (8)

La question que je me pose, c'est: Pourquoi Hoayek s'est-elle rendue en France alors que rien ne l'y obligeait, et pourquoi la clique au pouvoir au Liban le lui a permis alors qu'elle a interdit à Salameh de quitter le Liban.

Nagi Nahas

13 h 22, le 01 juillet 2023

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Commentaires (8)

  • La question que je me pose, c'est: Pourquoi Hoayek s'est-elle rendue en France alors que rien ne l'y obligeait, et pourquoi la clique au pouvoir au Liban le lui a permis alors qu'elle a interdit à Salameh de quitter le Liban.

    Nagi Nahas

    13 h 22, le 01 juillet 2023

  • Waw 800.000$ verses du compte personnel de Riad Salame pour une étude fictive, c’est touchant. Cette dame possède certainement aussi d’autres talents pas encore dévoilés

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 31, le 01 juillet 2023

  • Si la justice européenne ne subit pas de pressions politiques, beaucoup pour ne pas dire presque tous nos politiciens, hauts fonctionnaires et proches des pouvoirs successifs risquent très gros et toutes les magouilles et tout les détournements de l’argent public seront dévoilés. Je serais dirigeant politique que je ne dormirais pas tranquille, les comptes et avoirs a l’étranger peuvent être saisis beaucoup plus aisément qu’on ne le pense. Les juges européens adorent piquer les politiciens pourris.

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 22, le 01 juillet 2023

  • Il était pas gaucher?

    Gros Gnon

    07 h 58, le 01 juillet 2023

  • "L'ancienne bras droit"... et ancien sein gauche dudit Riad, aura vraissemblablement déballé bien des combines au juge d'instruction aujourd'hui. Avec les confidences parisiennes de Kheireddine obtenues au burin et au marteau il y a quelques semaines, le compte de Uncle Riad devrait bientôt être soldé. Welcome soon in Europe Riad...

    Ca va mieux en le disant

    21 h 48, le 30 juin 2023

  • Ancienne assistante ou ancienne bras droit, OKJ soyez plus explicite SVP pour que nous, simples d’esprit, puissions comprendre le cursus académique et ce que faisait cette charmante dame à la BdL ??

    Lecteur excédé par la censure

    21 h 30, le 30 juin 2023

  • Si le navire doit couler, ce sera avec tout le monde. Telle est la phrase qu’a dite Riad Salamé aux politiciens de son entourage. C’est plus qu’un aveu complet de sa malhonnêteté, et que ses complices doivent être dénoncés, entendues et emprisonnés après la saisie totale de leurs biens aussi bien au Liban qu’à l’étranger et de tous leurs comptes bancaires afin de restituer l’argent des déposants d’abord avec des dommages-intérêts puis le reste ira à l’état libanais et non aux corrompus libanais.

    Mohamed Melhem

    14 h 49, le 30 juin 2023

  • Bras droit ? Bel euphémisme !

    Michel Alboin

    12 h 58, le 30 juin 2023

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