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Sport - Tour d’Italie

Roglic renverse le Giro dans un final haletant

Pour une poignée de secondes, Primoz Roglic a devancé Geraint Thomas dans le contre-la-montre final et récupère le maillot rose de leader à la veille de l’arrivée à Rome.

Roglic renverse le Giro dans un final haletant

Primoz Roglic célébrant son triomphe sur le Tour d’Italie après avoir récupéré le maillot rose de leader devant Geraint Thomas à l’issue du contre-la-montre entre Tarvisio et Monte Lussari, samedi, lors de la 20e et avant-dernière étape du Giro 2023. Luca Bettini/AFP

Souvent maudit par le passé, le Slovène Primoz Roglic a renversé le Tour d’Italie à l’issue d’un contre-la-montre au dénouement extraordinaire samedi à Monte Lussari et remportera, sauf accident, son premier Giro dimanche à Rome.

Il était difficile de rêver plus beau scénario pour le coureur de la Jumbo-Visma qui a survolé l’avant-dernière étape dans une ambiance de feu pour déposséder, malgré un saut de chaîne, le Britannique Geraint Thomas du maillot rose, pour 14 secondes, un des plus petits écarts de l’histoire plus que centenaire de l’épreuve.

« C’est incroyable. Le public m’a donné des ailes. Je volais. L’écart au général est faible. Mais ça sent bon », a savouré l’ancien sauteur à ski qui tenait dans ses bras son fils qui, coquin, tirait le langue à la caméra.

Vainqueur du chrono pour 40 secondes, il a rattrapé les 26 secondes de retard qu’il avait au départ de l’étape pour devancer Thomas, le Portugais Joao Almeida, l’Italien Damiano Caruso et le Français Thibaut Pinot.

Ces cinq hommes figurent dans le même ordre aux cinq premières places du classement général, Pinot confirmant par ailleurs son maillot bleu de meilleur grimpeur. De quoi quitter avec les honneurs les routes du dernier Giro de sa carrière, lui qui prendra sa retraite au terme de la saison.

Sauf accident ou improbable rebondissement lors d’une dernière étape qui sera un défilé dans les rues de Rome, Roglic est, lui, assuré de remporter son premier Tour d’Italie, quatre ans après y avoir pris la troisième place.

Saut de chaîne

Ce sera, à 33 ans, sa quatrième victoire dans un grand Tour après ses trois triomphes sur la Vuelta.

Ce sera surtout une éclatante revanche pour « Rogla », souvent maudit par le passé. Il avait notamment perdu le Tour de France 2020 dans un chrono en côte similaire lors de l’avant-dernière étape, à la Planche des Belles Filles.

Alors qu’il portait le maillot jaune depuis onze jours, il avait fini en perdition, casque de travers et visage blême, renversé par son compatriote Tadej Pogacar.

Samedi, c’est lui qui a retourné la course dans une ascension encore plus difficile, insensée même, sur un chemin muletier tout juste goudronné et terriblement raide, avec une pente de 7,3 km à 12,1 % de moyenne.

Mais on a d’abord cru qu’il allait une nouvelle fois tout perdre sur un coup du sort lorsqu’il a connu un saut de chaîne à environ deux kilomètres du but.

Obligé de changer de vélo, il a perdu une bonne dizaine de secondes dans l’histoire.

« Quand j’ai vu qu’il avait déraillé, j’ai cru revivre de mauvais souvenirs, mais il a fini super fort. C’est très beau pour lui, surtout de gagner ici avec tous ces fans slovènes », a souligné son sherpa américain Sepp Kuss.

Pour Geraint Thomas, qui aspirait à devenir à 37 ans le plus vieux vainqueur du Giro, c’est un dénouement cruel alors qu’il avait tout fait bien jusque-là.

« Il m’a fracassé »

Mais Roglic, dont l’équipe avait été martyrisée par le Covid avant le départ, avait attendu son heure pour porter l’estocade à un jet de pierre de son pays natal, dans une montée qu’il a reconnue cet hiver, à pied et à vélo.

« Pour être honnête Primoz le mérite. Il m’a fracassé et en plus il a connu un ennui mécanique. Chapeau à lui », a commenté Thomas, très fair-play, qui est allé saluer un par un les coureurs de la Jumbo-Visma.

Le thriller de samedi, sur une rampe tellement étroite que les voitures des directeurs sportifs n’y étaient pas autorisées, tranche avec le relatif ennui qui a entouré la lutte pour le classement général dans ce Giro.

De nombreux observateurs ont estimé que l’extrême difficulté du dernier chrono, « probablement le plus dur dans l’histoire des grands tours », selon l’ex-champion espagnol Alberto Contador, a contribué à anesthésier la course.

« Ce Giro a prouvé que plus la montagne est dure plus elle a tendance à accoucher d’une souris », a notamment commenté Patrick Lefevere. Le patron de l’équipe Soudal-Quick Step, dont le leader Remco Evenepoel a quitté la course après un test positif au Covid-19, s’est dit opposé « à 300 % » au profil de cette avant-dernière étape.

Mais pour Primoz Roglic, il ne pouvait pas y avoir plus bel endroit pour exorciser ses vieux démons.

Source : AFP


Souvent maudit par le passé, le Slovène Primoz Roglic a renversé le Tour d’Italie à l’issue d’un contre-la-montre au dénouement extraordinaire samedi à Monte Lussari et remportera, sauf accident, son premier Giro dimanche à Rome.Il était difficile de rêver plus beau scénario pour le coureur de la Jumbo-Visma qui a survolé l’avant-dernière étape dans une ambiance de feu pour...

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