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Économie - Banques

UBS fait appel à un pilote chevronné face aux risques massifs de la fusion avec Credit Suisse

UBS fait appel à un pilote chevronné face aux risques massifs de la fusion avec Credit Suisse

Sergio Ermotti, nouveau PDG de UBS, à la suite d’une conférence de presse à Zurich hier. Arnd Wiegmann/AFP

Le numéro un de la banque en suisse UBS a fait appel à un pilote chevronné, son ancien patron Sergio Ermotti, pour faire face aux risques massifs que représente la gigantesque et controversée fusion avec son rival Credit Suisse.

Âgé de 62 ans, Sergio Ermotti connaît bien la première banque du pays qu’il a déjà dirigée de 2011 à 2020 et surtout remise d’aplomb après le quasi-effondrement de l’établissement lors de la crise financière de 2008 et les transactions d’un trader voyou. À son départ en 2020, ce banquier suisse avait laissé au Néerlandais Ralph Hamers, l’ancien patron de la banque ING, 56 ans, les clés d’une banque saine pour lancer une nouvelle phase de croissance axée sur les technologies numériques.

Mais en se voyant forcée de racheter le numéro deux du secteur par des autorités qui craignaient la faillite du géant bancaire et de la réputation de la place financière, les priorités d’UBS ont changé, a insisté Colm Kelleher, le président d’UBS lors d’un point de presse à Zurich. « Notre priorité numéro une est de stabiliser la situation », a déclaré M. Kelleher, reconnaissant que les « investisseurs et actionnaires sont très inquiets » face aux « risques de mise en œuvre » de cette transaction.

Ce rapprochement n’est pas seulement « la plus grande transaction » depuis la crise financière de 2008, c’est aussi « la première fois » que deux banques d’importance systémique au niveau mondial vont fusionner, ce qui amène « des risques de mise en œuvre significatifs », a-t-il averti. « L’opinion du conseil d’administration est que pour cet exercice d’intégration massif, Sergio sera un meilleur pilote », a expliqué M. Kelleher.

M. Ermotti avait repris les commandes de la banque en 2011 alors que UBS essuyait, elle aussi, à l’époque son lot de secousses après son sauvetage par l’État. La banque faisait alors régulièrement les gros titres dans la presse, M. Ermotti répétant à l’époque vouloir faire en sorte que la banque redevienne « ennuyeuse ». Le signe que les scandales du passé étaient derrière elle.

Un patron « bien connu »

Pendant ses neuf années aux commandes, il avait procédé à des coupes dans la banque d’affaires, initiant « un profond changement de culture » qui avait permis de « regagner la confiance des clients et autres parties prenantes », souligne UBS.

Il prendra ses fonctions le 5 avril après l’assemblée générale de UBS. M. Hamers lui cédera la place « dans l’intérêt de la nouvelle entité combinée du secteur financier suisse et du pays », précise la banque, mais restera à ses côtés durant une période de transition pour « assurer le succès de la transaction ».

Le 19 mars, UBS a accepté de racheter Credit Suisse, la deuxième banque du pays, pour 3 milliards de francs suisses (près de 3 milliards d’euros), une bouchée de pain pour une banque de la taille de Credit Suisse. Mais cette fusion va donner naissance à une banque gigantesque et pose des questions quant à la concurrence, à son poids dans la vie économique en Suisse et à la préservation de milliers d’emplois, suscitant de vives critiques dans les milieux économiques et politiques helvétiques. « Être suisse aide, à la marge », a reconnu M. Kelleher, qui rappelle toutefois que la majorité des activités de UBS sont internationales.

Mais le choix de M. Ermotti « n’est en aucune façon inspiré ou destiné à couvrir des risques politiques », a-t-il prévenu, l’objectif étant de mener à bien une fusion complexe. « Sergio Ermotti est bien connu et bénéficie, à nos yeux, d’un historique solide et adéquat pour la tâche difficile à venir de restructurer et intégrer Credit Suisse », a réagi Flora Bocahut, analyste chez Jefferies, dans une note de marché. M. Ermotti est « la bonne personne pour cette tâche difficile », a renchéri Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, dans un commentaire boursier.

M. Ermotti connaît bien les rouages de la finance en Suisse. Après avoir dirigé UBS, il a repris la présidence du réassureur Swiss Re, dont il va démissionner au vu de « ces circonstances exceptionnelles », a-t-il déclaré. Mais il a également réalisé une partie de sa carrière chez la banque américaine Merrill Lynch et la banque italienne UniCredit. « Nous devrons travailler très dur pour éviter des conséquences pour les contribuables », a-t-il voulu rassurer lors de la conférence de presse marquant son retour.

Source : AFP

Le numéro un de la banque en suisse UBS a fait appel à un pilote chevronné, son ancien patron Sergio Ermotti, pour faire face aux risques massifs que représente la gigantesque et controversée fusion avec son rival Credit Suisse.Âgé de 62 ans, Sergio Ermotti connaît bien la première banque du pays qu’il a déjà dirigée de 2011 à 2020 et surtout remise d’aplomb après le...
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