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Économie - Liban

Le régulateur suisse enquête sur douze banques liées à l'affaire Salamé

Dans deux cas, l'Autorité fédérale suisse de surveillance des marchés financiers a ouvert une procédure d'exécution, lancée lorsque des défaillances sont détectées concernant une banque.

Le régulateur suisse enquête sur douze banques liées à l'affaire Salamé

Le gouverneur de la BDL Riad Salamé. Photo d'archives AFP

Le régulateur financier suisse a annoncé lundi avoir enquêté sur 12 banques et lancé des procédures d'exécution à l'encontre de deux d'entre elles dans le cadre de l'enquête sur des accusations de corruption visant Riad Salamé, le gouverneur de la Banque du Liban.

Les autorités libanaises avaient lancé des poursuites jeudi contre Riad Salamé, son frère Raja et l'une de ses assistantes pour blanchiment d'argent, détournement de fonds et enrichissement illicite, après des mois de retard dans cette affaire très médiatisée.


En Suisse, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a déclaré lundi avoir enquêté sur douze banques en relation avec des allégations de blanchiment d'argent liées à cette affaire. "La FINMA a mené des enquêtes auprès d'une douzaine de banques" à la suite des procédures libanaises, a déclaré un porte-parole de l'Autorité. "Dans deux cas, la FINMA a ouvert une procédure d'exécution".

Une procédure d'exécution est lancée lorsque la FINMA détecte des défaillances dans une banque et s'efforce d'établir ce qui n'a pas fonctionné et quelles mesures doivent être prises pour éviter à l'avenir les infractions à la réglementation sur le blanchiment d'argent. Dans les cas graves, la FINMA peut imposer des mesures aux banques et également saisir le ministère public de la Confédération si des infractions pénales sont suspectées.

La FINMA a refusé de commenter la nature de la procédure d'exécution dans cette affaire, ainsi que les noms des banques impliquées.

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Des centaines de millions de dollars que Riad Salamé est accusé d'avoir détournés auraient atterri en Suisse

Les frères Salamé sont accusés d'avoir transféré 330 millions de dollars sur des comptes suisses via la société offshore Forry Associates Ltd, enregistrée dans les îles Vierges britanniques, selon le journal suisse SonntagsZeitung. Des sommes substantielles ont été utilisées pour acheter des biens immobiliers dans plusieurs pays de l'Union européenne, précise le journal. Quelque 250 millions de dollars ont été versés sur le compte personnel de Raja Salamé à la succursale HSBC de Genève, toujours selon le journal. D'autres sommes ont été déposées à l'UBS, au Crédit Suisse, à Julius Baer, à l'EFG et à Pictet.

Julius Baer, UBS, HSBC et Crédit Suisse ont refusé de commenter ces déclarations à Reuters, tandis que les deux autres banques mentionnées dans le rapport n'ont pas répondu à une demande de commentaire.

La fondation suisse Accountability Now avait déposé des plaintes auprès de la FINMA contre Bank Audi, BankMed, HSBC et Julius Baer en rapport avec les crimes financiers présumés commis par Riad Salamé. La Bank Audi Suisse a refusé de faire un commentaire lundi, tandis que la BankMed Suisse n'a pas répondu immédiatement.

Les frères Salamé ont nié toute malversation depuis l'ouverture de multiples enquêtes contre eux, au Liban et dans plusieurs pays européens. Jeudi dernier, interrogé par l'agence Reuters, le gouverneur avait clamé une nouvelle fois son innocence, déclarant que les accusations n'étaient "pas une mise en accusation" et s'engageant à respecter les procédures judiciaires. Les poursuites lancées à Beyrouth sont le résultat d'une enquête de 18 mois menée par le Liban pour déterminer si Riad et Raja Salamé ont détourné plus de 300 millions de dollars de la Banque centrale entre 2002 et 2015.


Le régulateur financier suisse a annoncé lundi avoir enquêté sur 12 banques et lancé des procédures d'exécution à l'encontre de deux d'entre elles dans le cadre de l'enquête sur des accusations de corruption visant Riad Salamé, le gouverneur de la Banque du Liban.Les autorités libanaises avaient lancé des poursuites jeudi contre Riad Salamé, son frère Raja et l'une de ses...
commentaires (1)

Dire que M. Mikati prétend défendre la « réputation bancaire » du Liban en faisant obstruction à la justice alors que le pays des banques par excellence, la Suisse, n’hésite pas à enquêter sur les banques, y compris celle dont M. Mikati est actionnaire.

Marionet

10 h 17, le 28 février 2023

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Commentaires (1)

  • Dire que M. Mikati prétend défendre la « réputation bancaire » du Liban en faisant obstruction à la justice alors que le pays des banques par excellence, la Suisse, n’hésite pas à enquêter sur les banques, y compris celle dont M. Mikati est actionnaire.

    Marionet

    10 h 17, le 28 février 2023

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