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Nos lecteurs ont la parole

L’ONU ou le soulèvement populaire : et si le salut venait de la diaspora ?

Après près d’un demi-siècle « d’événements » qui ont conduit à la destruction de sa terre qui n’a plus de nation que le nom, le Liban est au plus mal.

Jamais un peuple, diaspora incluse, n’a autant subi de malheurs que celui qui arbore fièrement le cèdre encadré par deux bannières rouges. Couleur du sang des Libanais, du dynamisme des Phéniciens et de l’enfer infligé par les autres.

Mais si l’origine du mal du Liban étaient les Libanais ? Belliqueux à l’intérieur, égoïstes à l’extérieur. Fiers et arrogants, suscitant la « jalouseté ».

Notre histoire est certes difficile à cerner. La légende dit que si vous avez compris l’histoire du Liban, c’est qu’on vous l’a mal expliquée.

« Libanais » restera-t-il encore longtemps synonyme de sulfureux ? Je magouille, tu profites, il dénonce, nous nous rétractons, vous rétribuez, ils nous ridiculisent.

Or, au Liban, la zizanie reste omniprésente avec les renoncements des Premiers ministres à peine nommés et un gouvernement démissionnaire atone depuis plusieurs mois face à un pays à l’agonie désormais démuni de président.

Carlos Ghosn rappelait que ce n’est pas la nation libanaise qui était en faillite, mais l’État : l’espoir est permis.

La cause principale de cette déchéance est l’incurie de nos dirigeants qui ont sacrifié la technocratie sur l’autel de leur cupidité édulcorée à la sauce confessionnelle.

Parler de l’indépendance du Liban dont le système constitutionnel est basé sur un savant mélange des postes régaliens devient illusoire.

Le foisonnement sur notre sol de miliciens armés inféodés au régime des mollahs dont les heures sont comptées contribue à déstabiliser toute autorité centrale.

La dévaluation de 90 % de la livre libanaise, l’extrême pauvreté qui frappe la population et l’explosion du port démontrent que la monture n’a plus de cavalier.

Il est désormais urgent de confier les rênes du pays à des femmes et hommes politiques tout simplement responsables.

Cela ne peut être l’apanage d’une nation agissant seule.

Voilà un demi-siècle que ce pays s’est mué en ring de boxe avec des combattants internationaux qui se succèdent sous la houlette d’arbitres tout aussi pluriels.

Compter sur les Américains relève du leurre : les successeurs de Kissinger se souviennent qu’il qualifiait le Liban d’erreur de l’histoire.

Fut une époque où certains voyaient en la Russie un recours : chimère et illusion sur fond de 300 jours d’enlisement ukrainien.

Et la Chine ? La reconstruction du port en échange d’une ouverture sur la Méditerranée et sur d’hypothétiques ressources en gaz lui plairait. Mais elle n’aura pas les mains libres.

Et la grande sœur, la France ? Son président s’est précipité à Beyrouth, les cendres du port fumaient encore. Il y a sommé les dirigeants. Il alterne désormais moulinets et effets de manche, mais force est d’admettre que malgré une réelle volonté d’aboutir, il est impuissant.

On ne peut contraindre un âne qui n’a pas soif à boire, mais on peut l’empêcher de distribuer les coups de pied à l’envi et, si besoin, en le privant de ses attributs !

Malgré sa bonne volonté, le président français est tombé sur un os. À son arrivée, nous disions « Inchallah ». Plus de deux ans après, nous disons « maktoub ». Nous aurions tant aimé le créditer d’un « mabrouk ».

Témoin, j’assiste impuissant à cet effondrement depuis La Baule, une baie sur l’Atlantique qui me rappelle Beyrouth, et je me prends à espérer : si seulement l’ONU sortait de sa léthargie.

Guillaume d’Orange disait : « Il n’est pas utile d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. »

Il n’est pas non plus interdit de rêver.

Oublier que la stabilité de l’Occident est directement liée à celle du Moyen-Orient relève davantage de l’erreur, c’est une faute lourde.

2022 a donné naissance à une nouvelle Chambre des députés qui fait preuve d’une incurie coupable en multipliant les incidents sur fond d’absentéisme, d’abstentionnisme et d’abus des votes « blancs », rendant compromise l’élection d’un président qui relève de son imperium exclusif et désormais de ses caprices.

Le tableau n’est pas sombre. Pis, il est limpide : pas de président, pas de gouvernement, une représentation populaire indigne de sa fonction.

Il ne reste plus qu’une seule solution : la mise sous tutelle onusienne du pays, sous la houlette de la France, ancien protecteur et allié historique.

Mon pays d’adoption proposerait alors, sous l’égide de l’ONU, un diplomate qui contribuerait à la mise en place d’une gouvernance de spécialistes, aidés par l’armée libanaise, socle patriotique du pays qui a – pour l’instant – réussi à éviter les dissensions confessionnelles du passé malgré des moyens indigents.

Le « machin » se muerait alors en sauveur.

À défaut, c’est le soulèvement populaire qui s’imposera.

Depuis l’intérieur, cela apparaît impossible : le peuple est étranglé, affamé et a perdu tout espoir. Quand bien même il n’aurait plus rien à perdre, il n’a plus la force de se révolter.

À la diaspora de jouer. Et si nous décidions de nous rassembler en masse devant les sièges de nos ambassades dans chacune des capitales du monde ?

Organisons rondes et sit-in 24h/24 devant ces édifices.

Nous sommes suffisamment nombreux pour que chacun n’ait qu’une journée par mois à consacrer à ces rassemblements.

Nous sommes suffisamment respectueux, courtois et cultivés pour que ces rassemblements soient porteurs d’un appel à l’aide et ne soient pas assimilés à la diffusion du moindre message de haine politique ou confessionnelle qui gangrène déjà notre pays d’origine.

C’est à mon sens un moyen efficace pour contribuer à contraindre les 100 voyous qui pourrissent la vie de 10 millions de Libanais dans le monde à lâcher prise, et par là même à mettre l’ONU devant ses responsabilités.

Ne dit-on pas que Beyrouth est mille fois morte, mille fois revécue ?

Pour le Liban, la mille et unième nuit sera la plus longue.

Commissaire de justice Émigré libanais adopté par la France

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Après près d’un demi-siècle « d’événements » qui ont conduit à la destruction de sa terre qui n’a plus de nation que le nom, le Liban est au plus mal.Jamais un peuple, diaspora incluse, n’a autant subi de malheurs que celui qui arbore fièrement le cèdre encadré par deux bannières rouges. Couleur du sang des Libanais, du dynamisme des Phéniciens et de l’enfer infligé par les autres. Mais si l’origine du mal du Liban étaient les Libanais ? Belliqueux à l’intérieur, égoïstes à l’extérieur. Fiers et arrogants, suscitant la « jalouseté ».Notre histoire est certes difficile à cerner. La légende dit que si vous avez compris l’histoire du Liban, c’est qu’on vous l’a mal expliquée. « Libanais » restera-t-il encore longtemps synonyme de sulfureux ? Je magouille, tu...
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