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Économie - Crise Bancaire

Al-Baraka réclame à la BDL la restitution des actifs de sa filiale

Le groupe bancaire bahreïni a aussi critiqué les explications données lundi par le gouverneur de la Banque du Liban dans les médias.

Al-Baraka réclame à la BDL la restitution des actifs de sa filiale

Le groupe bahreïni al-Baraka Bank S.A.L. a exigé hier la restitution de ses 350 millions de dollars d’actifs détenus par la Banque du Liban. Photo tirée de la page Facebook de la banque

Tandis que les déposants des banques libanaises multiplient les braquages plus ou moins spontanés pour récupérer leurs avoirs bloqués par les restrictions arbitraires mises en place par le secteur, le groupe bancaire bahreïni al-Baraka et son PDG Houssem ben Haj Amor semblent, eux, bien décidés à en découdre avec la Banque du Liban.

Moins d’une semaine après avoir ouvertement critiqué la décision de la Haute Autorité bancaire libanaise de désigner un administrateur provisoire pour redresser sa filiale au Liban, al-Baraka Bank S.A.L., le groupe a exigé hier dans un second communiqué acerbe la restitution de ses 350 millions de dollars d’actifs détenus par la BDL. Il ne s’agit que d’une simple demande, même si al-Baraka avait promis samedi d’étudier ses options sur le plan judiciaire pour obtenir gain de cause, que ce soit au Liban ou à l’étranger. Une promesse qui a été d’ailleurs réitérée dans le communiqué d’hier.

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« Les actionnaires du groupe ont été très blessés par la procédure qui a ciblé la filiale et n’acceptent pas que la BDL puisse refuser de libérer les fonds qui ont été placés chez elle. Ils comptent aller au bout, probablement via des actions en justice lancées à l’étranger », a indiqué à L’Orient-Le Jour une source bancaire non habilitée à s’exprimer sur le dossier.

Réserves et « mourabaha »

Selon elle, ces 350 millions de dollars de fonds sont ceux issus de dépôts de clients de la banque et ceux constituant les réserves obligatoires en devises exigées par la BDL, lesquelles doivent représenter 14 % des dépôts en devises détenus. Ces fonds sont placés via des mourabaha, un instrument financier compatible avec les principes de la finance islamique et autorisé par la législation libanaise.

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En bref, il s’agit d’un contrat de vente à travers lequel la banque acquiert des biens (des métaux précieux notamment) auprès d’un tiers. La banque transfère ensuite la propriété desdits biens à la BDL par la remise d’un certificat contre un prix de vente préalablement fixé qui inclut une marge de profit et dont le paiement par la BDL se fera selon un échéancier lui aussi fixé à l’avance.

Dans son communiqué, le groupe al-Baraka a une nouvelle fois souligné que la restitution de ses fonds, qui représentent 80 % du total de ses actifs, permettra à sa banque de recommencer à fonctionner normalement, d’autant plus que 140 millions de dollars sont, selon lui, déposés sur des comptes courants. « Malgré les appels répétés d’al-Baraka Bank, la banque centrale n’a pas libéré ces actifs qui représentent les dépôts des clients et a continué de faire pression sur les actionnaires (de la banque) pour qu’ils injectent plus de capital », a notamment détaillé le groupe. « Nous appelons les responsables concernés à faire la lumière sur ce qu’il est advenu de ces dépôts », a encore martelé le groupe, appelant la BDL à élaborer un plan de réhabilitation du secteur financier qui commencerait par la rétrocession des actifs des banques qu’elle détient et l’injection de liquidités suffisantes sur le marché.

Al-Baraka a enfin taclé les propos tenus lundi sur la chaîne al-Hurra par le gouverneur Riad Salamé. Dans un entretien centré sur plusieurs sujets liés à la situation monétaire et financière du pays, le gouverneur qui préside aussi l’instance qui a décidé de mettre al-Baraka Bank sous tutelle avait affirmé que l’enseigne « manquait de liquidités et de capital » et que la décision de nommer un administrateur temporaire n’avait pas pour finalité de la mettre en faillite. Des informations que le groupe bancaire a qualifiées de « trompeuses » dans son communiqué. La BDL, qui a communiqué hier sur la finalisation de l’audit de ses réserves d’or, n’a pas fait de déclaration publique concernant le dossier al-Baraka.

Redressement et braquages

La filiale libanaise du groupe bahreïni est l’une des trois petites banques, avec la Federal Bank et la Banque de crédit national, à la tête desquelles la Haute Autorité bancaire a récemment désigné des administrateurs provisoires en vue d’un éventuel redressement ou d’une liquidation, en plein contexte de crise aggravée et prolongée de l’économie en général et du secteur bancaire en particulier. Selon les dernières données de l’Association des banques du Liban compilées, al-Baraka Bank comptait à fin 2021 cinq agences au Liban, 420,4 milliards de livres de dépôts et 556,1 milliards de livres d’actifs. Convertis à la parité de 1 507,5 livres pour un dollar encore utilisée comme taux de change dans les calculs de l’ABL, cela représente respectivement près de 279 millions de dollars pour les dépôts et près de 369 millions de dollars pour les actifs. À noter que l’agence de la banque située dans le quartier de Hamra à Beyrouth a été ciblée par un braquage en début de semaine.

Spécialisé dans la finance islamique, le groupe al-Baraka est présent dans 16 pays, y compris le Liban. Dans le débat public, certaines voix s’interrogent sur la réaction tardive du groupe, notamment en ce qui concerne la demande de restitution de ses actifs, alors que le commun des clients des banques libanaises subit depuis trois ans des restrictions illégales limitant leur accès à leurs fonds. Une situation que la BDL et les autorités ont laissée perdurer, même si plusieurs projets de loi sur le contrôle des capitaux sont passés par les commissions parlementaires depuis le début de la crise en 2019.

Tandis que les déposants des banques libanaises multiplient les braquages plus ou moins spontanés pour récupérer leurs avoirs bloqués par les restrictions arbitraires mises en place par le secteur, le groupe bancaire bahreïni al-Baraka et son PDG Houssem ben Haj Amor semblent, eux, bien décidés à en découdre avec la Banque du Liban.Moins d’une semaine après avoir ouvertement critiqué la décision de la Haute Autorité bancaire libanaise de désigner un administrateur provisoire pour redresser sa filiale au Liban, al-Baraka Bank S.A.L., le groupe a exigé hier dans un second communiqué acerbe la restitution de ses 350 millions de dollars d’actifs détenus par la BDL. Il ne s’agit que d’une simple demande, même si al-Baraka avait promis samedi d’étudier ses options sur le plan judiciaire pour obtenir gain de cause,...
commentaires (1)

Les choses sont pourtant simples messieurs les administrateurs dAl Baraka. Votre maison mere avance a la filiale Libanaise les 279 millions de depots. Vous remboursez vos deposants. Dans ce cas la BDL n'a plus rien a vous dire. Apres, et seulement apres, vous reclamerez l'argent depose chez elle. Plutot que de vous associer au hold up de l'epargne.... C'est valable pour toutes les banques locales filiales de groupes etrangers (Arab Bank, NBK, Societe Generale etc....).

Michel Trad

10 h 43, le 25 novembre 2022

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Commentaires (1)

  • Les choses sont pourtant simples messieurs les administrateurs dAl Baraka. Votre maison mere avance a la filiale Libanaise les 279 millions de depots. Vous remboursez vos deposants. Dans ce cas la BDL n'a plus rien a vous dire. Apres, et seulement apres, vous reclamerez l'argent depose chez elle. Plutot que de vous associer au hold up de l'epargne.... C'est valable pour toutes les banques locales filiales de groupes etrangers (Arab Bank, NBK, Societe Generale etc....).

    Michel Trad

    10 h 43, le 25 novembre 2022

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