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Monde - Guerre en Ukraine

Les dirigeants prorusses des quatre régions sous occupation sollicitent l’annexion auprès de Poutine

La Turquie renonce aux cartes bancaires Mir face aux pressions américaines.

Les dirigeants prorusses des quatre régions sous occupation sollicitent l’annexion auprès de Poutine

Des Russes traversant à pied la frontière entre la Russie et la Géorgie, le 28 septembre 2022, fuyant la mobilisation décrétée par Vladimir Poutine la semaine dernière. Vano Shlamov/AFP

Les dirigeants prorusses de régions ukrainiennes occupées totalement ou partiellement par Moscou ont réclamé mercredi l’annexion à la Russie, au lendemain de votes qualifiés d’« illégaux » et de « manipulés » par Kiev et ses alliés occidentaux.

L’Ukraine a de son côté réclamé de nouvelles livraisons d’armes occidentales pour combattre la Russie, balayant ses menaces répétées d’utiliser l’arme nucléaire pour protéger les nouveaux territoires qu’elle entend incorporer.

« Cher Vladimir Vladimirovitch (Poutine) (...) je vous demande d’examiner la question de l’adhésion de la République populaire de Lougansk à la Russie en tant que sujet de la Fédération de Russie », a déclaré Léonid Passetchnik, chef séparatiste de Lougansk, dans l’est de l’Ukraine. Il a indiqué son intention de se rendre à Moscou, tout comme son homologue de la région de Donetsk, Denis Pouchiline, pour formaliser l’annexion à la Russie. Deux lettres similaires ont été envoyées à Vladimir Poutine par les deux chefs des administrations d’occupation de Kherson et Zaporijjia (Sud), Vladimir Saldo et Evguéni Balitski. M. Saldo y invoque le droit d’autodétermination des peuples.

Ces demandes viennent au lendemain de scrutins organisés par la Russie dans l’urgence, sur cinq jours, dans ces quatre régions qu’elle contrôle en Ukraine.

La diplomatie russe a affirmé que les quatre régions ukrainiennes sous contrôle de Moscou avaient fait « un choix libre en faveur de la Russie ». « Les résultats de ce plébiscite parlent d’eux-mêmes : les habitants du Donbass, de Kherson et de Zaporijjia ne veulent pas retourner à leur vie d’avant et ont fait un choix conscient et libre en faveur de la Russie », a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

L’Occident a dénoncé cette escalade russe et promis de nouvelles sanctions, alors que les résultats, annoncés mardi soir, des scrutins flirtent par endroits avec les 100 % de « oui » à l’annexion. Le scrutin a eu lieu bien souvent en présence de soldats en armes, avec des officiels qui faisaient du porte-à-porte pour récolter les bulletins.

La Commission européenne a proposé mercredi aux États membres de l’UE de plafonner le prix du pétrole russe et d’ajouter de nouvelles restrictions aux échanges commerciaux avec Moscou, a annoncé sa présidente Ursula von der Leyen. « Nous n’acceptons pas les référendums fictifs et toute forme d’annexion en Ukraine. Et nous sommes déterminés à faire payer le Kremlin pour cette nouvelle escalade », a expliqué la présidente de l’exécutif européen au cours d’un point de presse avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Chars, avions et artillerie

Sur le terrain, Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine située près de la frontière russe, a encore été bombardée dans la nuit de mardi à mercredi, laissant 18 000 foyers sans électricité, sans pour autant faire de morts. Sur un site ferroviaire éventré par les frappes nocturnes, les employés déblayent les débris. Cette région russophone résiste et repousse les troupes russes depuis plus de sept mois et ici on affirme haut et fort que les votes d’annexion ne changeront rien à la détermination ukrainienne.

« Ce n’est pas légitime ces votes. On croit en nos forces, on croit dans les forces armées ukrainiennes. Au final, la victoire sera à nous », martèle Denis Kotchkov, un cheminot de 30 ans. « Ça fait peur d’être ici. Les sirènes d’alarme antibombardement sonnent constamment. Tu attends, mais tu ne sais jamais où ça va tomber », admet Antonina Moussiïenko, ingénieure de 42 ans.

Malgré les menaces nucléaires de Moscou, l’Ukraine s’est refusée à déposer les armes, demandant au contraire aux Occidentaux d’augmenter leurs livraisons d’armes, essentielles à la contre-offensive qu’elle mène depuis début septembre et qui a permis de reprendre des milliers de kilomètres carrés aux Russes. Kiev veut « des chars, des avions de combat, de l’artillerie longue portée, des systèmes de défense antiaérienne et antimissiles ».

Dans la partie sous contrôle ukrainien de la région de Donetsk, cinq civils ont été tués et 10 ont été blessés mardi, selon les autorités ukrainiennes.

Restrictions aux frontières

En Russie même, l’annonce d’une mobilisation « partielle » pour la guerre en Ukraine la semaine dernière par Vladimir Poutine continuait de provoquer un exode des hommes en âge de combattre vers les pays voisins, notamment la Géorgie, le Kazakhstan et la Mongolie.

À la frontière avec la Géorgie, que franchissent chaque jour près de 10 000 Russes selon Tbilissi et où des files d’attente géantes se sont formées, la situation est telle que les autorités russes locales ont annoncé restreindre l’entrée des véhicules. Le gouvernement de la région russe frontalière d’Ossétie du Nord a aussi décrété l’état d’urgence. Les autorités fédérales ont, elles, annoncé qu’elles ne délivreraient plus de passeports aux personnes mobilisées par l’armée.

La campagne de recrutement devant toucher des centaines de milliers de personnes se poursuivait, malgré les doutes pesant sur la qualité, l’expérience et l’équipement de ces troupes, et suscitant les critiques jusque parmi les propagandistes russes.

La pression économique continuait parallèlement à se renforcer sur la Russie, avec le renoncement par trois banques publiques turques au système russe de paiement Mir, un moyen crucial pour les Russes à l’étranger depuis qu’ils ont été privés de Visa et Mastercard.

Pour le Kremlin, « cette décision, bien sûr, a été prise sous la pression sans précédent » de Washington, a fustigé le porte-parole Dmitri Peskov. Reconnaissant « la situation complexe » pour les banques turques qui se retrouvent désormais « menacées de sanctions » américaines, il a lancé un appel aux partenaires turcs.

« Nous devons rechercher ensemble des moyens de contrer cette pression de manière à ne pas nuire à notre coopération commerciale et économique », a-t-il suggéré. Le fonctionnement des cartes bancaires Mir se trouve désormais réduit à une poignée de pays proches de Moscou, dont la Biélorussie. Vendredi, l’Ouzbékistan avait déjà renoncé à Mir en arguant de raisons « techniques ».

Moscou a réclamé de son côté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le « sabotage » des gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique qui ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires précédées d’explosions sous-marines. L’UE a promis une réponse « ferme » à l’attaque de ces deux tubes, qui étaient déjà débranchés à cause de la guerre en Ukraine, alors que les interrogations allaient bon train sur le responsable de cette opération.

Source : AFP


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