Rechercher
Rechercher

Politique - Séance électorale

Au Parlement, le quorum mais pas le président

Tous les groupes parlementaires répondront présents, mais le flou entoure encore leurs candidats. 

Au Parlement, le quorum mais pas le président

Le président de la Chambre, Nabih Berry, présidant la séance plénière du 26 septembre 2022. Hassan Ibrahim/Compte Flickr du Parlement

Qui sera présent à l’hémicycle jeudi matin ? Qui votera qui ? Y a-t-il une chance de voir élu un successeur à Michel Aoun à presque un mois de la fin de son mandat ? Ces questions sont sur toutes les lèvres depuis que le président de la Chambre, Nabih Berry, a convoqué mardi les députés à la première séance consacrée à l’élection d’un président de la République jeudi à 11 heures.

Lire aussi

Après la séance électorale, quelles prérogatives pour la Chambre ?

À la première question, la réponse est déjà claire. Car la quasi-totalité des composantes de la Chambre compte répondre favorablement à la convocation de M. Berry. Le quorum des deux tiers des députés (86 sur 128) requis pour la tenue de la séance est donc assuré. De toute évidence, le groupe parlementaire d’Amal dirigé par Nabih Berry (15 députés) de même que le bloc de son allié le Hezbollah (15 députés) seront les premiers à faire acte de présence, confirme à L’Orient-Le Jour Raëd Berro, député hezbollahi de Jbeil. Tout au long de la journée de mercredi, les regards étaient rivés sur le Courant patriotique libre, dont le chef, Gebran Bassil, est perçu comme un présidentiable. L’intéressé a tranché en début de soirée : les 17 députés du bloc aouniste prendront part à la séance, a-t-il annoncé lors d’un point de presse tenu au siège de son parti à Sin el-Fil.

Lire aussi

Dans la cuisine des élections présidentielles libanaises

Toujours du côté chrétien, le député des Marada Tony Frangié ainsi que ses alliés Farid el-Khazen, William Tok et Michel Murr participeront à la séance. Une décision qui n’a pas l’effet d’une surprise, le leader du parti, Sleiman Frangié, étant l’un des plus sérieux présidentiables. À leur tour, les trois parlementaires arméniens relevant du parti Tachnag devront participer à la séance électorale, au même titre que les alliés indépendants du Hezbollah ainsi que les deux députés des Ahbache, Taha Nagi et Adnane Traboulsi.

Du côté de l’opposition

Dans le camp adverse, le mot d’ordre est également à la présence. À commencer par le groupe la République forte parrainé par les Forces libanaises et composé de 19 députés. Après avoir agité le spectre d’un boycott afin de barrer la voie à un candidat du Hezbollah et de ses alliés, le parti de Samir Geagea a finalement décidé de prendre part à la séance. Devront faire de même trois des quatre députés du bloc du Renouveau qui regroupe Michel Moawad, Achraf Rifi, Adib Abdel Massih et Fouad Makhzoumi. Ce dernier sera absent à cause d’un déplacement à l’étranger, de même que son collègue indépendant Neemat Frem, qui s’est excusé de ne pas pouvoir se rendre à la Chambre. Jamil Abboud, qui forme avec M. Frem le bloc parlementaire baptisé « Une nation pour un homme », sera, lui, présent. Une position coordonnée avec les parlementaires sunnites du Akkar, ainsi qu’avec Imad Hout, seul représentant de la Jamaa islamiya à la Chambre. De leur côté, les Kataëb ont annoncé en début de soirée qu’ils se rendront au Parlement. Pareil pour les treize parlementaires de la contestation, a affirmé à L’OLJ le député Mark Daou. En soirée, son collègue beyrouthin Ibrahim Mneimné a annoncé avoir été testé positif au Covid-19 et sera donc absent. Les huit députés du Rassemblement démocratique (bloc joumblattiste) répondront eux aussi favorablement à l’appel.

Un premier panorama du vote
Si le Parlement devrait donc se réunir au grand complet place de l’Étoile, rien ne prête à croire que la séance débouchera sur l’élection d’un nouveau chef de l’État. Nabih Berry a pris tous les protagonistes de court, en convoquant la séance 48 heures après son annonce, alors qu’il avait auparavant promis d’attendre qu’une entente soit conclue avant de le faire. Sauf que, des deux côtés de l’échiquier, l’entente ne semble pas encore au rendez-vous. Plusieurs noms de présidentiables devraient donc être glissés dans l’urne, au vu des rapports de forces et des alliances au sein d’une Chambre où aucun camp ne peut prétendre détenir à lui seul la majorité.

Lire aussi

Un président pour quel projet politique ?

Les regards seront naturellement braqués sur le Hezbollah, coincé entre ses deux alliés, Sleiman Frangié et Gebran Bassil, même si aucun des deux ne s’est officiellement lancé dans la course à Baabda. C’est probablement pour éviter de se retrouver au pied du mur que le leader du parti chiite, Hassan Nasrallah, a refusé jusqu’ici de soutenir officiellement un candidat, laissant la porte ouverte à un consensus. Que feront donc les parlementaires du Hezb ? « Nous n’allons pas dévoiler toutes nos cartes à ce stade, surtout que la séance ne sert que de test d’intentions », répond Raëd Berro, précisant que son parti votera pour le même candidat que le mouvement Amal. S’agira-t-il de Sleiman Frangié ? « C’est ce que nous espérons et attendons de la part de nos alliés », souligne un proche du leader zghortiote.

De son côté, Gebran Bassil a préféré adopter une position modérée. Lors de sa conférence de presse, il a indiqué que les 21 députés du bloc du Liban fort (CPL + Tachnag) vont voter blanc dans la mesure où le parti orange « n’a aucun candidat à la présidence ». Devraient faire le même choix les sept députés du Akkar, dont une écrasante majorité de sunnites. Un des membres de ce groupe avait pourtant laissé entendre dans une déclaration à L’OLJ que son groupe « pencherait plutôt pour quelqu’un qui a le profil du commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun ». Le nom du chef de la troupe est évoqué dans les milieux politiques comme un candidat qui pourrait faire l’objet d’un consensus. « Mais jusque-là, personne n’a pris la peine d’évoquer le sujet avec nous », déplore Sajih Attieh, faisant savoir que Neemat Frem, Jamil Abboud et Imad Hout voteront blanc aussi.
Quant aux trois députés de Saïda (Oussama Saad, Abderrahman Bizri et Charbel Massaad), ils n’ont pas encore tranché. Ils prendront leur décision lors d’une réunion qui se tiendra avant la séance.

L'éditorial de Issa Goraïeb

Collections de zéros

Pour ce qui est des FL, dont le leader s’était présenté comme un candidat naturel à la présidence, avant de se retirer de la scène pour faciliter l’unification des opposants, elles ne voteront ni Samir Geagea ni Michel Moawad, dont le nom a été évoqué mercredi. « M. Moawad est une figure qui partage nos valeurs et idéaux, mais je ne crois pas que nous allons voter pour lui, d’autant que le camp adverse n’a toujours pas officiellement appuyé Sleiman Frangié (rival zghortiote du député opposant) », analyse un responsable FL, sans donner plus de détails sur le choix des députés de son parti, en attendant l’issue des contacts avec le reste des opposants.

Le nom de Michel Moawad n’était pas le seul à être évoqué mercredi. Il y a aussi ceux de Nassif Hitti, ex-chef de la diplomatie, Ziyad Baroud, ancien ministre de l’Intérieur, Salah Honein, ancien député de Baabda proche de la mouvance 14 Mars, et Salim Eddé, cofondateur de la société Murex et actionnaire de L’OLJ. « Nous n’avons pas pris de décision, et nous poursuivrons nos contacts pour nous entendre sur un candidat avec la contestation et le reste des opposants », dit le responsable FL. Samy Gemayel est allé dans le même sens mercredi soir. « Michel Moawad est un allié et ami et possède toutes les qualités requises, tout comme d’autres figures respectables, a déclaré le chef des Kataëb à la chaîne MTV. L’essentiel c’est l’union de l’opposition derrière un même candidat. »

Du côté de Moukhtara, c’est également le flou. « Notre candidat sera connu lors de la séance », confie un député joumblattiste sous couvert d’anonymat. Le bloc s’est réuni en soirée après le retour du chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt de Paris où il a évoqué, selon une source politique informée, la présidentielle avec des responsables français. 


Qui sera présent à l’hémicycle jeudi matin ? Qui votera qui ? Y a-t-il une chance de voir élu un successeur à Michel Aoun à presque un mois de la fin de son mandat ? Ces questions sont sur toutes les lèvres depuis que le président de la Chambre, Nabih Berry, a convoqué mardi les députés à la première séance consacrée à l’élection d’un président de la République jeudi à...

commentaires (9)

Tous les protagonistes parlent de cette décision comme s’il s’agissait d’une partie de poker menteur, ceux qui ne veulent pas dévoiler leurs cartes et ceux qui préfèrent se coucher plutôt que de révéler leur faiblesse et leur lâcheté alors qu’il y va du sort du pays et de son peuple. L’opposition, après des mois de conversations de concierges peine à se mettre d’accord sur un nom unique et vont comme à leur habitude se disperser pour permettre aux vendus de rafler la mise. Ce sont des timbrés et n’ont rien appris de toutes les expériences passées qui ont coûté cher à notre pays en laissant filer des occasions qui pouvaient nous sauver de cette racaille pour des considérations bancales et pernicieuses. Ils ont eu tout le loisir pour se concerter sur la personne qui incarnerait cette fonction mais préfèrent s’abstenir ou se disloquer au grand bonheur du trio mafieux qui lui a une longueur d’avance sur eux et a déjà donné le mot d’ordre pour les écrabouiller.

Sissi zayyat

10 h 38, le 29 septembre 2022

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • Tous les protagonistes parlent de cette décision comme s’il s’agissait d’une partie de poker menteur, ceux qui ne veulent pas dévoiler leurs cartes et ceux qui préfèrent se coucher plutôt que de révéler leur faiblesse et leur lâcheté alors qu’il y va du sort du pays et de son peuple. L’opposition, après des mois de conversations de concierges peine à se mettre d’accord sur un nom unique et vont comme à leur habitude se disperser pour permettre aux vendus de rafler la mise. Ce sont des timbrés et n’ont rien appris de toutes les expériences passées qui ont coûté cher à notre pays en laissant filer des occasions qui pouvaient nous sauver de cette racaille pour des considérations bancales et pernicieuses. Ils ont eu tout le loisir pour se concerter sur la personne qui incarnerait cette fonction mais préfèrent s’abstenir ou se disloquer au grand bonheur du trio mafieux qui lui a une longueur d’avance sur eux et a déjà donné le mot d’ordre pour les écrabouiller.

    Sissi zayyat

    10 h 38, le 29 septembre 2022

  • Quelle vaste comédie plus proche de Abou Salim que de Feydeau… décidément qu’à t on fait au Bon Dieu pour avoir une classe politique aussi nulle, aussi incompétente et la plus corrompue du monde

    Liberté de penser et d’écrire

    10 h 03, le 29 septembre 2022

  • OÙ SONT LES JOURNALISTES, LES SPÉCIALISTES ET LES GRANDES GUEULES DANS LES PRONOSTIQUES ? ET POURTANT C'EST TELLEMENT FAÇILE À DEVINER QUI SERA LE PROCHAIN MERCENAIRE IRANO/SYRIEN QUI VA NOUS PRÉSIDER, UN FIDÈLE DE GRAND PÈRE EN FILS. POUR LE SAVOIR, IL SUFFIT DE REGARDER UN PETIT PEU PLUS LOIN QUE SON NEZ. LA FAMILLE JOUMBLATT NOUS A HABITUÉ À DES SURPRISES ANTI/LIBAN À LA DERNIÈRE MINUTE. LEURS SURPRISES FONCTIONNENT TOUJOURS SUR LES IGNORANTS, MAIS PAS SUR LES GENS QUI CONNAISSENT L'HISTORIQUE DE CETTE FAMILLE COMPOSÉE DE FAUSSES PATRIOTES. POUR CEUX QUI N'ONT PAS COMPRIS ENCORE, SLEIMAN FRANGIÉ 2 EST DÉJÀ LE POULIN ÉLU DU HEZBOLLAH MAIS NON DÉCLARÉ OFFICIELLEMENT ENCORE.

    Gebran Eid

    09 h 23, le 29 septembre 2022

  • LA VOITURE DE LA MARIEE SERA PAREE ET LES TAMBOURS ET CORNEMUSES PRESENTES MAIS NE CHANTERONT PAS CAR IL Y MANQUE LA MARIEE !

    LA LIBRE EXPRESSION.

    09 h 21, le 29 septembre 2022

  • Beaucoup de candidats valables, mais des parties politiques des groupements des révolutionnaires incapables de s'organiser. Ils ont fait quoi tout l'été ? Depuis leurs élections à la représentation législatif leurs électeurs demande qu'il se réunissent. Qu'ils font leurs élections préalable pour arrivé au parlement aujourd'hui avec un seul candidat. Le vote blanc c'est ce placé de nouveau sous le contrôle manipulatif du chef du parlement.

    Sarkis Dina

    08 h 43, le 29 septembre 2022

  • Et voilà qu'ils remettent le couvert, M. Moawad est une figure qui partage nos valeurs et idéaux, mais je ne crois pas que nous allons voter pour lui..., le leader des FL étant encore persuadé de ses chances d'être élu, court-circuite la possibilité de porter un président opposant aux forces actuelles ... On finira par croire que tous ces députés ne sont là que pour le mandat de fin de mois, même les Kataeb auxquels on aurait pu prêter une certaine accointance avec un candidat de l'opposition, font faux bond , le cpl et ses alliés n'auront plus qu'à se baisser pour ramasser les miettes...

    C…

    08 h 37, le 29 septembre 2022

  • "Le quorum des deux tiers des députés (86 sur 128) requis pour la tenue de la séance est donc assuré.". Il aurait fallu préciser "requis par qui"? Par Berry, pas par la Constitution qui n'en dit pas un mot.

    Yves Prevost

    07 h 22, le 29 septembre 2022

  • Annoncer seulement 48 heures à l’avance une séance aussi importante, c’est une manœuvre évidente du duc du parlement de Berry et de ses maîtres néo-safavides de Damas et de Téhéran. Probablement pour prendre de court l’opposition qui était en pleine concertation pour l’adoption d’un candidat unique. Espérons que les plus de 3 mois depuis le 15 mai auront suffi à celle-ci pour se préparer. Wait and see …. today 11 a.m.

    Citoyen libanais

    07 h 20, le 29 septembre 2022

  • Donc on ne parle déjà même plus des candidats déclarés, Tracy Chamoun, May Rihani, Ziad Hayek?

    Gros Gnon

    03 h 13, le 29 septembre 2022

Retour en haut