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Nos lecteurs ont la parole

France et Algérie, les nouveaux protagonistes qui tourneraient les mâts de l’Europe

Les États cherchent à défendre leurs intérêts mondiaux en créant des institutions économiques internationales et leur parrainage, des organisations régionales de sécurité et des normes politiques adéquates à leur régime…

Notre époque est celle de la négociation où les positions figées et les valeurs établies du passé semblent s’effacer, et de nouvelles règles, de nouveaux rôles, de nouvelles relations doivent s’établir. La négociation est devenue non pas une transition, mais tout un mode de vie.

En ce qui concerne la France et l’Algérie, les deux pays négocient, depuis plusieurs années, environ sur quatre dossiers historiques en suspens : le premier concerne les archives algériennes que les autorités françaises refusent de remettre ; le deuxième dossier est lié à la récupération des crânes des dirigeants de la révolution populaire (c’est au Musée de l’homme à Paris) ; le troisième à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires que la France a menés dans le désert algérien entre 1960 et 1966 ; et le quatrième est lié à l’élucidation du sort des 2 200 disparus lors de la révolution de libération (1954-1962), selon les autorités algériennes.

En fait, la France n’avait répondu à aucune des demandes algériennes, si ce n’est la livraison du premier lot de crânes et de restes de symboles de la résistance populaire contre le colonialisme en 2020.

Cela a eu de très mauvaises conséquences bouleversant les relations entre les deux pays ; cette négligence de la part de la France envers l’Algérie a poussé cette dernière à diversifier ses partenaires économiques dans le monde, comme la Turquie, les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Italie (le partenariat avec Rome est devenu « stratégique » pour l’Algérie), et a établi des relations économiques de plus en plus de fortes avec la Chine d’une part et la Russie d’autre part.

En se détournant vers les nations européennes, suite à la guerre russo-ukrainienne, ces pays cherchent à mettre fin à leur dépendance vis-à-vis des hydrocarbures russes. Ils sont obligés de agir rapidement pour atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie, diversifier leur approvisionnement en gaz pour l’hiver prochain et accélérer la transition vers une énergie propre. Ce problème pourrait être géré si l’Europe s’accordait avec l’Algérie, un des plus grands exportateurs de gaz d’Afrique avec des gazoducs directs vers l’Espagne et l’Italie.

Il paraît que la France a commencé sa course sous un nouveau partenariat intitulé « rehausser les concertations politiques », la fumée blanche s’est élevée samedi pour annoncer que les présidents algérien Abdelmadjid Tebboune et français Emmanuel Macron ont fait appel à une « nouvelle dynamique irréversible » dans les relations bilatérales, 60 ans après la fin de la guerre d’Algérie.

Plus tard, des sujets importants ont été abordés, dont le dossier énergétique, les crises malienne et libyenne, en plus du problème de l’octroi des visas.

La Russie, qui domine le marché du gaz dans l’Union européenne d’environ 39 % de l’approvisionnement total, pose un vrai dilemme aux gouvernements européens. Pour compenser ce pourcentage important d’énergie qui sera laissé par la suspension de l’approvisionnement en gaz russe, est-ce que tisser de nouvelles relations avec de nouveaux pays producteurs d’énergie, comme l’Algérie, serait une bonne solution, et est-ce que le président Macron serait un médiateur ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, L’Orient-Le Jour offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires ni injurieux ni racistes.

Les États cherchent à défendre leurs intérêts mondiaux en créant des institutions économiques internationales et leur parrainage, des organisations régionales de sécurité et des normes politiques adéquates à leur régime…Notre époque est celle de la négociation où les positions figées et les valeurs établies du passé semblent s’effacer, et de nouvelles règles, de nouveaux rôles, de nouvelles relations doivent s’établir. La négociation est devenue non pas une transition, mais tout un mode de vie.En ce qui concerne la France et l’Algérie, les deux pays négocient, depuis plusieurs années, environ sur quatre dossiers historiques en suspens : le premier concerne les archives algériennes que les autorités françaises refusent de remettre ; le deuxième dossier est lié à la récupération des crânes...
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