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Politique - Explosions au port

La justice ordonne la saisie conservatoire des biens de Ali Hassan Khalil

La décision visant Ali Hassan Khalil a été émise dans le cadre d’une plainte déposée par le barreau de Beyrouth. Ghazi Zeaïter est également dans le collimateur de la justice, mais les plaignants n’ont visiblement pas repéré de biens en son nom.

La justice ordonne la saisie conservatoire des biens de Ali Hassan Khalil

Les députés Ghazi Zeaïter (à gauche) et Ali Hassan Khalil, tous deux proches du président d’Amal, le chef du Parlement Nabih Berry. Photo d’archives

Coup de théâtre dans l’affaire de l’explosion au port de Beyrouth, quelques jours seulement après la seconde commémoration de la catastrophe qui a fait 224 tués et plus de 7 000 blessés. La justice a ordonné mercredi soir la saisie temporaire des biens d’un député du mouvement Amal, impliqué dans cette affaire par le juge Tarek Bitar, dont l’action est gelée depuis plusieurs mois en raison de recours successifs visant à lui lier les mains.

« La juge Najah Itani a émis un ordre de saisie temporaire d’une valeur de 100 milliards de livres libanaises sur les biens du député Ali Hassan Khalil », a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

La décision de justice a été émise dans le cadre d’une plainte déposée par le barreau de Beyrouth auprès du tribunal civil de première instance de la capitale contre les deux députés Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, respectivement ancien ministre des Finances et ancien ministre des Travaux publics et des Transports, pour avoir « usé de leurs droits (...) de manière arbitraire en déposant des plaintes destinées à entraver l’enquête », a-t-on ajouté de même source. Le barreau réclame une compensation d’une valeur de 100 milliards de livres.

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Il reste que Ghazi Zeaïter n’a pu être visé par une saisie comparable à celle de son collègue, probablement parce que les avocats du barreau n’ont pas trouvé de biens-fonds inscrits en son nom au registre foncier, ce qui fait dire aux observateurs que le député de Baalbeck pourrait avoir inscrit ses biens-fonds aux noms d’autres personnes.

Réagissant à ce développement, les avocats des députés ont affirmé, dans un communiqué, que les 100 milliards de livres sont le montant réclamé « par le barreau de Beyrouth dans le procès intenté contre les députés, et non la valeur immobilière du domicile sur lequel la saisie a été placée ». Une source judiciaire affirme cependant à L’OLJ qu’il ne s’agit pas seulement d’un appartement saisi mais de plusieurs biens-fonds, assurant ne pas pouvoir déterminer si la valeur des biens atteint les 100 milliards ou plus.

Les avocats des députés ont assuré, par ailleurs, qu’ils présenteront une réponse à ces « allégations », dont ils indiquent avoir pris connaissance dans les médias, une fois qu’ils seront officiellement notifiés de l’ordre de saisie, et chercheront à le lever. Ils font valoir, en outre, que la diffusion de l’information en question dans les médias fait partie d’une « campagne de falsification entreprise pour des raisons politiques bien connues ».

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À la suite du drame du 4 août 2020 au port de Beyrouth, le barreau avait lancé des poursuites contre l’État au nom de près de 1 400 familles de victimes de l’explosion, qui a dévasté le port et plusieurs quartiers de la capitale. Les députés Khalil et Zeaïter, proches du président du Parlement Nabih Berry, figurent parmi les politiciens mis en cause : ils ont déposé une vingtaine de plaintes au total contre le juge d’instruction Tarek Bitar pour entraver l’enquête, le forçant à suspendre ses investigations à plusieurs reprises. L’enquête est suspendue depuis fin décembre. Les responsables de tous bords refusent d’être interrogés par le juge, que le Hezbollah accuse de politiser l’enquête.

À l’occasion du second anniversaire de la tragédie, les proches des victimes ont réclamé l’ouverture d’une enquête internationale.

Des proches de victimes du 4 août réclament des poursuites contre 27 personnes

Des proches de pompiers tués dans la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth ont présenté hier une demande d’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de 27 personnes qu’ils jugent responsables du drame ayant fauché plus de 220 vies, blessé près de 7 000 personnes et détruit de nombreux quartiers de la capitale. Ils ont également annoncé le lancement d’une pétition en ligne, disponible ici, afin de réclamer une enquête internationale sur ce drame.

« Nous avons présenté toutes les informations et indications liées à cette demande d’ouverture d’une information judiciaire au procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate, mais nous n’avons eu aucune réponse sérieuse de sa part », a déclaré William Noun, frère du pompier Joe Noun tué dans la double explosion. Au cours d’une mobilisation tenue hier devant le Palais de justice de Beyrouth, il a aussi prévenu : « Nous ne retirerons aucun nom de ces demandes soumises aux tribunaux. »

Dans l’après-midi, les proches des victimes ont annoncé le lancement d’une pétition en ligne intitulée « Justice pour les victimes de l’explosion au port de Beyrouth » pour réclamer la création d’une commission d’enquête internationale sur le drame du 4 août. William Noun a alors précisé qu’une tournée était en cours auprès des ambassades des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour faire pression en ce sens.

Plus de deux ans après le drame, l’enquête confiée au juge Tarek Bitar piétine en raisons de nombreux recours déposés par des responsables mis en cause dans cette affaire. « Nous voulons la vérité sur l’explosion au port de Beyrouth et nous n’attendrons pas la publication des résultats » de l’enquête, a affirmé William Noun devant le Palais de justice jeudi.


Coup de théâtre dans l’affaire de l’explosion au port de Beyrouth, quelques jours seulement après la seconde commémoration de la catastrophe qui a fait 224 tués et plus de 7 000 blessés. La justice a ordonné mercredi soir la saisie temporaire des biens d’un député du mouvement Amal, impliqué dans cette affaire par le juge Tarek Bitar, dont l’action est gelée depuis...

commentaires (4)

Espérons que les médias ne lâcheront pas l’affaire et qu’ils nous tiendront au courant de ces nouvelles décisions et de leur exécution. Nous sommes gavés des sentences et des sanctions qui restent sans suite. Nous ne croyons que ce nous voyons.

Sissi zayyat

18 h 36, le 13 août 2022

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Commentaires (4)

  • Espérons que les médias ne lâcheront pas l’affaire et qu’ils nous tiendront au courant de ces nouvelles décisions et de leur exécution. Nous sommes gavés des sentences et des sanctions qui restent sans suite. Nous ne croyons que ce nous voyons.

    Sissi zayyat

    18 h 36, le 13 août 2022

  • Bientot un autre juge va degeler les biens de ces deux corbeaux Il n y a pas d etat de droit au Liban

    Robert Moumdjian

    12 h 20, le 12 août 2022

  • Ils ont gelé leurs biens et avoirs ou attendent ils le feu vert des vendus? D’ailleurs de quels avoirs parle t-on? Des biens immobiliers au Liban ou des sommes transférées et maquillées à l’étranger?

    Sissi zayyat

    11 h 19, le 12 août 2022

  • "... le député de Baalbeck pourrait avoir inscrit ses biens-fonds aux noms d’autres personnes ..." - Ah le petit futé... un vrai professionnel des coups fourrés... et avec préméditation... la classe...

    Gros Gnon

    08 h 27, le 12 août 2022

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