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Monde - États-Unis

Téhéran dément l’existence d’un projet iranien pour tuer John Bolton

Le complot était destiné apparemment à venger la mort du général iranien Kassem Soleimani et visait également Mike Pompeo.

Téhéran dément l’existence d’un projet iranien pour tuer John Bolton

Le FBI a publié un avis de recherche de Shahram Poursafi avec plusieurs photos. Photo AFP

Téhéran a rejeté jeudi les accusations « ridicules » de la justice américaine selon laquelle un membre des gardiens de la révolution iraniens avait fomenté un complot visant à assassiner John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche.

La veille, le ministère américain de la Justice avait annoncé que Shahram Poursafi, alias Mehdi Rezayi, 45 ans, était inculpé en son absence pour avoir offert de verser 300 000 dollars à des individus aux États-Unis afi de tuer John Bolton qui fut également ambassadeur des États-Unis à l’ONU.

Le complot, destiné apparemment à venger la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué en janvier 2020 dans une frappe américaine, a été révélé aux autorités par la personne censée assassiner M. Bolton, dont l’identité n’a pas été dévoilée.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Nasser Kanani a rejeté hier des accusations américaines « ridicules ». « Les autorités judiciaires américaines ont porté des accusations sans fournir de preuves valables », a-t-il dénoncé.

L’affaire intervient au moment où le régime iranien étudie un compromis présenté par l’Union européenne pour sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien (voir par ailleurs), moribond depuis le retrait des États-Unis en 2018 sous l’impulsion de Donald Trump, alors conseillé par John Bolton.

Pendant des mois, Téhéran a lié tout accord à un retrait des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, de la liste noire américaine des organisations terroristes.

« Ce n’est pas la première fois que nous mettons au jour un complot de l’Iran pour se venger sur le sol américain, et nous travaillerons sans relâche à dévoiler et empêcher chacune de ces tentatives », a déclaré le vice-ministre de la Justice Matthew Olsen. Selon l’acte d’accusation, à la fin de l’année 2021, Shahram Poursafi est entré en contact avec une personne censée mener à bien l’assassinat, mais qui était en fait un informateur de la police fédérale (FBI).

Cryptomonnaie

Shahram Poursafi, lui, a ordonné d’ouvrir un compte en cryptogamie puis lui a donné l’adresse professionnelle de l’ancien conseiller de Donald Trump et l’a pressé de mettre le plan à exécution avant l’anniversaire de la mort de Kassem Soleimani.

Le puissant général iranien, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, était le chef de la Brigade al-Qods, l’unité chargée des opérations extérieures au sein des gardiens de la révolution. Il a été tué le 3 janvier 2020 dans une frappe de drone à Bagdad.

La date anniversaire passée, Shahram Poursafi a continué à pousser l’informateur à tuer M. Bolton, lui promettant un contrat d’un million de dollars visant une seconde cible s’il réussissait.

Le FBI a publié un avis de recherche de Shahram Poursafi avec plusieurs photos, dont deux le montrant vêtu de l’uniforme des gardiens de la révolution.

« Lors de leurs échanges, la source confidentielle a plusieurs fois fait référence à M. Poursafi comme étant lié à la Brigade al-Qods. Poursafi n’a jamais nié », a noté la justice américaine. S’il est arrêté, ce qui est peu probable car il se trouve probablement en Iran, Shahram Poursafi risque jusqu’à 25 ans de prison.

Conséquences sévères

John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump d’avril 2018 à septembre 2019, considérait l’accord nucléaire de 2015 comme une « erreur stratégique majeure ». Il avait publiquement soutenu la décision de M. Trump de retirer les États-Unis de ce pacte, connu sous son sigle anglais JCPOA, qui vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l’Iran.

L’acte d’accusation précise que M. Bolton avait été informé du complot et a coopéré avec les enquêteurs, permettant que des photos de lui prises à l’extérieur de ses bureaux à Washington soient envoyées à M. Poursafi.

Dans un communiqué, John Bolton a qualifié les responsables iraniens de « menteurs, terroristes et ennemis des États-Unis ».

L’actuel conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche Jake Sullivan a tweeté pour sa part que Téhéran s’exposait à des « conséquences sévères » s’il s’attaquait à des responsables américains présents ou passés.

La justice américaine n’a pas identifié la seconde cible, mais, selon le site Axios, il s’agit de l’ex-chef de la diplomatie Mike Pompeo. Citant une source proche de l’ancien secrétaire d’État, Axios a précisé que le ministère de la Justice lui avait « confirmé directement » qu’il était l’une des cibles. Avec John Bolton, M. Pompeo a été l’un des principaux artisans de la politique de « pression maximale » sur l’Iran de l’administration Trump.

Source : AFP


Téhéran a rejeté jeudi les accusations « ridicules » de la justice américaine selon laquelle un membre des gardiens de la révolution iraniens avait fomenté un complot visant à assassiner John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche.La veille, le ministère américain de la Justice avait annoncé que Shahram Poursafi, alias Mehdi Rezayi, 45...

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