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La folie des glandeurs


En attendant de voir comment les canards boiteux de la classe politique vont monter leur entourloupe et se savonner mutuellement la planche avant le croche-pied final de la présidentielle, va falloir se repaître de ce gouvernement et de ses ministres imbuvables, atteints de la folie des glandeurs. Rien que du beau linge au curriculum académique sur lequel le soleil ne se couche jamais, mais d’où inexplicablement transpire un néant mental abyssal.


Dans cette République de peu, qui finira par tomber d’elle-même comme une poire blette, la praxis politique reste sur une ligne immuable, illustrée depuis plus de trois quarts de siècle par une image forte : deux fauteuils pour la photo et un canapé à l’écart pour la sieste. Le tout entourant une table basse, sur laquelle trône un vase de contrefaçon en plastique et une boîte de Kleenex. Des éléments qui font partie de notre patrimoine institutionnel, puisque invariablement se trouvent assis dans ce décor minimaliste deux ahuris qui veulent faire croire qu’ils mitonnent quelque chose d’intelligent. Des fois même, y en a qui vivent dangereusement : ils se téléphonent et font ça la nuit...


Encore heureux que dans ce pays délabré, chaque semaine apporte son brimborion de tuiles pour faire rigoler dans les chaumières. Cette fois le spectacle était donné par la gesticulation forcenée du ministre de l’Énergie, Walid Brushing. Flûte de champagne bien en main, il a usé son mental et son futal sur tous les fauteuils première classe des avions qui le trimballaient d’Égypte en Irak, en passant par la Jordanie… Rien qu’avec son bilan carbone, il aurait pu alimenter à lui tout seul trois centrales électriques, alors qu’il n’a pas été fichu de donner 30 secondes supplémentaires de courant par jour. Et c’est cet humanoïde phosphorescent, ébloui par l’effet irradiant de sa propre image, que l’Agrume du Château et le Basileus voudraient voir rempiler au ministère des Électrons inexistants.


Mais silence, les ploucs ! L’heure est au recueillement. Tous les regards torves sont braqués sur l’échéance présidentielle et tous les cobayes maronites se bousculent au portillon, lorgnant sur le strapontin déglingué. Peine perdue, puisque bananeraie du tiers-monde oblige, le landernau politique a pris le pli depuis plus de 20 ans de frétiller devant le premier des bérets étoilés en fonction, tout en s’essuyant les pieds sur la Constitution.


Sauf que le tenancier du Parlement attend ce joli monde au tournant. Sacré Nabeuh ! Si jamais le candidat n’a pas l’heur de lui plaire, il fera tourner en bourrique les députés jusqu’au 322e report de l’élection. Le jour où le Aoun nouveau pendra la crémaillère à son logement de Baabda, il n’aura plus assez de dents, le pauvre, pour marmonner son discours d’investiture.

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En attendant de voir comment les canards boiteux de la classe politique vont monter leur entourloupe et se savonner mutuellement la planche avant le croche-pied final de la présidentielle, va falloir se repaître de ce gouvernement et de ses ministres imbuvables, atteints de la folie des glandeurs. Rien que du beau linge au curriculum académique sur lequel le soleil ne se couche jamais, mais...

commentaires (8)

WALID BRUSHING ! J'ADORE !! MERCI GABY TU NOUS RÉGALE !!!

Eva Younes

22 h 24, le 15 juillet 2022

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Commentaires (8)

  • WALID BRUSHING ! J'ADORE !! MERCI GABY TU NOUS RÉGALE !!!

    Eva Younes

    22 h 24, le 15 juillet 2022

  • "… La folie des glandeurs …" - lol :-D

    Gros Gnon

    17 h 10, le 15 juillet 2022

  • bravo ! c'est succulent de vérité, un bonbon doux-amer ... Après les dernières législatives, il est clair que la majorité des libanais a consenti, pour toutes les mauvaises raisons du monde, à creuser bien plus bas que le fond déjà misérable de leur propre tombe, en portant à bout de bras livides, cette assemblée aussi utile que le Quart-Vide. Elle est, dès à présent, comme diraient les érudits des grandes puissances, "democratically elected" vivent les bananes !!

    Ayoub Elie

    16 h 51, le 15 juillet 2022

  • Vous écrivez : "Si jamais le candidat n’a pas l’heur de lui plaire, il fera tourner en bourrique les députés jusqu’au 322e report de l’élection." Nous voici donc prévenus que l’élection présidentielle est pour l’instant compromise. Je n’ai plus besoin de consulter des érudits, c’est lui qui choisira le prétendant dont le profil lui convient. Parmi eux, des proscrits cherchent à prendre leur revanche, d’autres ont élaboré un "programme" pour réformer le pays, chacun va plaider sa cause, se prosterneront au finish devant lui. Et nous, pauvre de nous, vivons dans une prison à ciel ouvert privé de presque tout, et pour ceux qui ont plus de chance, vivent comme s’ils sont munis d’un bracelet électronique. Si l’on réfléchit un peu sur les pôles du pouvoir tricéphale, quelles sont encore les prérogatives de l’élu au fauteuil présidentiel ?

    Nabil

    16 h 39, le 15 juillet 2022

  • C’est délicieusement méchant mais à bon escient puisque le tableau que M.Nasr nous dépeint est on ne peut plus parlant de ce monde inculte qui nous gouverne. Ils ont tous trouvé un emploi qui rapporte gros sans foutre une rame et se félicitent d’avoir réussi à détruire un pays indestructible en un temps record. Les voilà qui se bousculent pour vendre ses ruines puisque la pierre est bien cotée sur le marché et peut leur rapporter gros. Une espèce affamée qui a trouvé le filon pour se goinfrer sans dépenser un nickel. Des cannibales qui s’attaqueront aux libanais pour les bouffer tout crus lorsqu’ils n’auront plus rien à monnayer. A suivre.

    Sissi zayyat

    14 h 20, le 15 juillet 2022

  • Un vrai état des lieux. Alors que de nombreux Libanais brillent dans tous les domaines à l’étranger, nous ici on n’a droit qu’à des nuls. C’est devenu une tradition nationale. C’est vrai qu’une certaine personne est réputée pour amener la poisse !

    Goraieb Nada

    08 h 30, le 15 juillet 2022

  • Un peu d'humeur fait du bien.

    Hind Faddoul

    05 h 48, le 15 juillet 2022

  • Plus le liban se dépasse à creuser en-deçà des fondations de l'enfer plus Gaby se dépasse en décrivant les détails de nos fichus responsables... "Walid brushing..."... on adore tout en pleurant

    Wlek Sanferlou

    03 h 49, le 15 juillet 2022

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