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Économie - Concours

Neo et Reborn Tech lauréats du prix Entrepreneur ESA – HEC Paris 2022

Les lauréats vont bénéficier d’une période d’incubation de six mois à l'incubateur HEC de Station F. 

Neo et Reborn Tech lauréats du prix Entrepreneur ESA – HEC Paris 2022

L’équipe de Neo (au centre), entourée d’une partie des membres du jury du prix ESA-HEC 2022. Photo Mohammad Yassine

Neo, une plateforme de services financiers combinant transferts, opérations de change et paiements, ainsi que Reborn Tech, une solution de recyclage des textiles pour les transformer en matériaux d’isolation, ont été récompensés lors de la 3e édition du prix Entrepreneur ESA – HEC Paris, à l’issue de la finale qui s’est déroulée mercredi soir sur le campus de l’ESA Business School (ESA), à Beyrouth. Le concours a été lancé par L’Orient-Le Jour et Smart ESA avec l’appui de l’ambassade de France à Beyrouth, de La French Tech Beyrouth, de l’association HEC Alumni chapitre Liban, d’Air France et de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB).

Pas moins de 11 finalistes ont ainsi défendu leurs projets respectifs devant un jury. Pour être éligibles, les candidats devaient être de nationalité libanaise, résidant au Liban ou à l’étranger, avoir fondé leur entreprise depuis au moins deux ans, avoir un produit en cours de développement et un chiffre d’affaires inférieur à 500 000 dollars. Sélectionnés parmi plus de 80 candidats inscrits en mai, chacun des finalistes s’est efforcé de démontrer la viabilité de son concept ainsi que son potentiel commercial, avec un créneau maximum de 10 minutes pour faire le plein de points.

Les vainqueurs ont remporté un stage de six mois sur place à l’incubateur HEC Station F à Paris, le plus grand campus de start-up du monde. Deux billets d’avion Beyrouth-Paris-Beyrouth offerts par Air France, ainsi qu’une bourse de vie financée par l’ambassade de France et la CCIAB ont également été remis. La dauphine remporte, quant à elle, une période d’incubation de 6 mois à l'incubateur HEC mais à distance.

Transfert et recyclage

Un exercice dans lequel ont brillé Marwan Farah, PDG de Neo, et Aristide Bacha, cofondateur de la plateforme. Le principe directeur de Neo consiste à offrir de nouveaux canaux de transactions plus fluides et moins coûteux, en centralisant les transferts de l’étranger vers le Liban, les opérations de change au Liban et les transactions commerciales. « Ce qui nous distingue, c’est notre approche globale qui intègre l’ensemble des besoins actuels des Libanais en matière de services financiers dans un pays très dépendant des transferts de la diaspora et de l’économie du cash », a expliqué Marwan Farah à L’Orient-Le Jour. Le modèle peut être reproduit dans d’autres marchés, comme l’Égypte ou le Nigeria. « Nous entrons maintenant dans une phase de levée de fonds, avec un objectif d’environ 5 millions de dollars. Nous nous lancerons dès que la Banque du Liban nous aura accordé les licences nécessaires », ajoute-t-il. « Station F est un levier extraordinaire et nous donne un accès à une communauté qui l’est tout autant et qui va vraiment nous aider en matière de conseils et de technologie », conclut-il.

Zeina Farah, fondatrice de Reborn Tech, n’a pas boudé sa place de dauphine. « Notre projet vise dans le même temps à augmenter le recyclage des textiles usagés (80 % de ceux utilisés dans l’UE ne sont pas recyclés, NDLR) et de nous en servir pour appréhender un marché tangible (les matériaux d’isolation, NDLR) qui se chiffre en milliards de dollars », résume-t-elle. Et pour cause : en France, par exemple, une nouvelle norme impose depuis 2020 de quasiment tripler l’épaisseur des isolants des bâtiments. Avant Reborn Tech, Zeina Farah avait également fondé Reborn, une marque de vêtements de sport fabriqués à partir de textiles recyclés. Les 9 autres finalistes étaient :

• DonnaLeb, une application visant à entretenir la culture d’entreprise.

• Eflow, interface permettant de proposer des formations via des applications de messagerie instantanée, pour les plus démunis.

• Ehki, une plateforme de formation professionnelle en ligne.

• Hexafresh, concepteur de climatiseurs de zone utilisant une technologie inédite et respectueuse de l’environnement (finaliste de l’édition 2021).

• Numu, une solution intégrée de gestion financière pour PME.

Purpl, un porte-monnaie numérique reliant le Liban au reste du monde, un projet que L’Orient-Le Jour a déjà évoqué et qui attend le feu vert du conseil central de la BDL.

• Siira, plateforme permettant notamment d’organiser des groupes de soutien psychologique en ligne.

• WonderED, une ligne de jouets permettant d’enseigner les rudiments du codage aux très jeunes enfants.

• Zaka, une plateforme combinant formation et recrutement dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Résilience et engagement

Les finalistes ont tous bénéficié d’un programme d’accompagnement assuré par Smart-ESA à Beyrouth, de bourses pour le master en innovation et entrepreneuriat (MENT) de l’ESA Business School (mis en place en partenariat avec Smart ESA et HEC Paris) ainsi que de réductions de 15 % sur des billets d’avion Air France réservés sur la période allant jusqu’au 31 décembre.

Dans leurs discours, les organisateurs ont salué le succès de cette 3e édition organisée contre vents et marées dans un Liban en crise depuis 2019.

Pour mémoire

Les start-up SynApp Messaging et Podeo remportent le prix Entrepreneur ESA-HEC Paris

« Dans ce contexte difficile, il est important de souligner qu’il y a des activités et des programmes qui fonctionnent, qui créent de l’espoir », s’est ainsi réjoui le directeur général de l’ESA, Maxence Duault. Il a rappelé que l’entrepreneuriat était « dans l’ADN de l’ESA (…) qui permet aux étudiants de Beyrouth d’avoir accès à des diplômes qui figurent dans les meilleurs classements internationaux ».

Philippe Oster, directeur des affaires internationales à HEC Paris, a déclaré être « fier » et « satisfait » de voir que ce prix était devenu « une référence dans la région et une référence au sens large dans la sphère de l’innovation et de l’entrepreneuriat », saluant au passage « la résilience, l’engagement et la bienveillance » des candidats.

Enfin, le directeur exécutif de L’Orient-Le Jour, Fouad Khoury-Hélou, a considéré que les partenariats à l’origine de la naissance et de la réédition du prix pouvaient être assimilés à une « mission de service public » dans la mesure où ils contribuent à lutter contre la fuite des talents libanais à l’étranger.

Outre Fouad Khoury-Hélou et Philippe Oster, le jury était composé d’Antoine Leprêtre, directeur de l’incubateur HEC-Paris ; Sélim Yasmine, directeur de Smart ESA ; Jihad Bitar, président du conseil d’administration de la French Tech Beirut ; Nicolas Boukhater, chef d’entreprise (ANB), président du Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprise libanais et parrain du MENT de l’ESA ; Elsa Aoun, membre des Alumni HEC cofondatrice de Ounousa ; Henri de Rohan-Csermak, conseiller culturel adjoint à l’ambassade de France ; Tina el-Boustani, présidente de HEC Alumni-groupement Liban ; Laure Daynié, directrice Air France-KLM Liban, et enfin Karine Labaki, directrice générale de Sanofi Levant.

La première édition du prix ESA-HEC en 2020 avait été remportée par Dim, une plateforme de suivi de chantier en temps réel. La suivante avait primé SynApp Messaging (plateforme de communication entre les professionnels de santé) et Podeo (plateforme de podcasts arabes).


Neo, une plateforme de services financiers combinant transferts, opérations de change et paiements, ainsi que Reborn Tech, une solution de recyclage des textiles pour les transformer en matériaux d’isolation, ont été récompensés lors de la 3e édition du prix Entrepreneur ESA – HEC Paris, à l’issue de la finale qui s’est déroulée mercredi soir sur le campus de l’ESA Business...

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