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La danse du Désigné


Il n’y a pas plus heureux que nos barbons politiques depuis qu’ils font danser ce pauvre Mikati mi-décati au milieu de leurs caprices les plus farfelus. Une semaine seulement, et déjà vieux birbes et jeunes pousses se le renvoient comme une peau de balle dans un terrain de gueux. Entre ses formules entortillées qui ne mangent pas de pain sur « l’espoir inespéré d’un désespoir optimiste », et les députés qui viennent le voir juste pour faire genre avant de l’envoyer sur les roses, sa cuisine gouvernementale tourne à la guignolade et se perd au milieu des confettis de maroquins, jetés en pâture à des affamés politiques alignés devant la mangeoire.


À partir de là, il suffit de savourer la transformation qui s’opère sur la hure même du Premier ministre désigné, qui avait commencé droit dans ses bottes et finira probablement maladroit dans ses pantoufles. Dommage, ils vont nous manquer, les bons vieux canassons jadis parachutés par Damas et mis sur pattes en deux tours de cuillère à pot. Joyeux temps des gouvernements où des ministres qui ne savaient pas écrire pondaient des projets pour des députés qui ne savaient pas lire.


Mais la chaleur de l’été échauffe et Mikou surchauffe… Mongénéral du Château lui donne des boutons, et il en est tout chamboulé rien qu’à l’idée d’avoir à se prendre dans les gencives la rafale de « non » de celui qui, aussi loin qu’on s’en souvienne, n’a dit « oui » qu’une seule fois dans sa vie. Et encore, c’était le jour de son mariage !


Pour l’heure en tout cas, tout ce joli monde reste poli et les vases et la vaisselle sont encore sagement rangés dans le buffet. La Mikette continue de fonctionner suivant la recette « laissez venir à moi les petits sunnites », ce qui fout en rogne le cartel amalo-barbu, qui par ailleurs ne s’est pas gêné, lui, d’avoir lancé depuis lurette une OPA amicalement armée sur la communauté chiite.


Mais c’est mal connaître les barons locaux et leur formidable capacité à jouer les derviches tourneurs. Ainsi en est-il du Châtelain de Moukhtara, qui depuis les dernières législatives butine entre Istiz Nabeuh et les orphelins du Mollasson du Futur, avec de temps à autre un petit crochet par les neuneus de la contestation. Lui, faudrait le féliciter pour le brio de chacune de ses argumentations, tout en sachant qu’il aurait été encore meilleur s’il avait soutenu exactement le contraire.


Entre-temps, le reste du décor n’a pas bougé d’un iota. Comme au premier tableau des Rois maudits ! Sauf que chez nous, c’est le Maurice Druon du pauvre et des roitelets de village qu’on joue à guichets fermés. Seul élément mobile, Mikou qui s’apprête à enchaîner les pèlerinages à Baabda auprès de l’Homme des casernes. Mais un peu de patience, que diable !


Et ayons la décence d’attendre que les barons politiques se répartissent la tarte avant qu’ils ne commencent à s’envoyer la crème à la figure. Quand ils auront fini, il nous restera peut-être les miettes à grignoter.


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Il n’y a pas plus heureux que nos barbons politiques depuis qu’ils font danser ce pauvre Mikati mi-décati au milieu de leurs caprices les plus farfelus. Une semaine seulement, et déjà vieux birbes et jeunes pousses se le renvoient comme une peau de balle dans un terrain de gueux. Entre ses formules entortillées qui ne mangent pas de pain sur « l’espoir inespéré d’un...

commentaires (7)

LA LIBRE EXPRESSION FUT CENSUREE COMME D,HABITUDE. JE PLAINS L,ACADEMIE FRANCAISE QUI AURAIT DU TENIR COMPTE DE LA CHASSE A LA LIBRE EXPRESSION DE L,OLJ AVANT DE LUI OCTROYER DES PRIX.

OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

17 h 57, le 01 juillet 2022

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Commentaires (7)

  • LA LIBRE EXPRESSION FUT CENSUREE COMME D,HABITUDE. JE PLAINS L,ACADEMIE FRANCAISE QUI AURAIT DU TENIR COMPTE DE LA CHASSE A LA LIBRE EXPRESSION DE L,OLJ AVANT DE LUI OCTROYER DES PRIX.

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION.

    17 h 57, le 01 juillet 2022

  • Les "billets" de Gaby ont sûrement contribué é-nor-mé-ment à l'obtention du prix de l'académie française... Merci à Gaby et à l'OLJ

    Wlek Sanferlou

    16 h 22, le 01 juillet 2022

  • Chapeau bas, vous êtes inimitable et vous méritez les congratulations pour avoir participé je suis sûre au prix que vient de recevoir le journal, sans oublier le grand éditorialiste M. Issa Ghoreib.

    Sissi zayyat

    16 h 05, le 01 juillet 2022

  • « l’espoir inespéré d’un désespoir optimiste » d'AN-THO-LO-GIE chapeau l'artiste

    Lebinlon

    13 h 20, le 01 juillet 2022

  • "Quand ils auront fini, il nous restera peut-être les miettes à grignoter." Alors là, si nous ne serons pas tous morts de faim, on sera sûrement atteint par le bériberri. Attention, je ne pastiche pas, je parle de cette maladie grave de la malnutrition, si nous avons encore les miettes. Maestro du mot, je peux vous proposer cette boutade, elle vaut ce qu’elle vaut : "Quand l’éditorialiste montre l’évidence, le politicien regarde son smartphone, ou celui du voisin". Tant que nous sommes encore au Liban, je pose cette question à un politicien, et elle reste sans réponse : Que reste-t-il à faire quand on a perdu la confiance de ses compatriotes ?

    Nabil

    11 h 47, le 01 juillet 2022

  • Inégalable Gaby Nasr. Quelle plume! Un pur bonheur!!! Merci ? un régal à chacune de tes lectures

    Dallal Nayla

    08 h 00, le 01 juillet 2022

  • On reprend les mêmes acteurs ratés et on recommence ! Triste et dramatique constat et pauvres moutons Libanais.

    Goraieb Nada

    07 h 32, le 01 juillet 2022

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