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Nos lecteurs ont la parole

Embauche ou bien débauche ?

À chaque accouchement de gouvernement – et en général avec nos chers haut placés du pouvoir, ça ne rate jamais, c’est toujours un accouchement au forceps –, on est en droit de se poser la question de savoir s’il s’agit d’une embauche ou bien d’une débauche.

Est-ce au juste une opération de recrutement pour le bien commun et l’intérêt général du pays ou bien un calcul de petits intérêts pour de méprisables services rendus dans le passé ? Ou parce qu’il s’agit tout bonnement d’une personne qui obéit au doigt et à l’œil aux directives données trop souvent en cachette ?

D’ordinaire chez nous, et à de rares exceptions près, les ministres sélectionnés sont triés non pas sur base de leurs compétences, de leur carrière, de leur programme ou de leur curriculum vitae, mais plutôt en raison du degré de soumission, de docilité ou plutôt même de servilité vis-à-vis de ceux qui les choisissent, ou en contrepartie de services rendus. Services qui sont très fréquemment opaques et louches. Ces décideurs ne sont malheureusement que ceux qui ont œuvré nuit et jour, et avec beaucoup d’assiduité, pour faire arriver le pays à ce niveau accru de décadence et de déchéance générales.

Il est communément admis que pour embaucher on essaie de choisir les élites, donc les meilleurs en termes de qualité. C’est une règle générale qui est, selon le bon sens et la logique, valable en tout temps et en tout lieu et cela depuis le début de l’humanité naturellement. Or chez nous, qui sommes en permanence différents du commun des mortels, c’est tout à fait le contraire qui a systématiquement lieu. On met de côté celles et ceux qui se distinguent par leurs qualités supérieures et on préfère à leur place les nuls, les fainéants et qui sont souvent, par-dessus le marché, cupides, avides, sans intégrité ni moralité. Et cela rien que pour les doux yeux et le petit intérêt de celui qui détient abusivement le pouvoir de décision.

La preuve est visible, elle est même tangible. Il suffit de remarquer dans quel éden, dans quel eldorado et dans quel paradis nous vivons. Le lieu des délices par excellence.

En deux mots, il s’agit de médiocres qui choisissent d’autres médiocres et en fin de compte ça ne peut pondre que médiocrité décuplée. Une conséquence rien de plus logique et également rien de plus palpable pour nous, malheureusement.

Le moins que nous puissions dire à ce propos, c’est merci. Un grand merci du fond du cœur afin que nous ne soyions pas taxés d’ingrats qui manquent de reconnaissance et de gratitude. Mission accomplie.

Avocat à la cour

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

À chaque accouchement de gouvernement – et en général avec nos chers haut placés du pouvoir, ça ne rate jamais, c’est toujours un accouchement au forceps –, on est en droit de se poser la question de savoir s’il s’agit d’une embauche ou bien d’une débauche. Est-ce au juste une opération de recrutement pour le bien commun et l’intérêt général du pays ou bien un calcul de petits intérêts pour de méprisables services rendus dans le passé ? Ou parce qu’il s’agit tout bonnement d’une personne qui obéit au doigt et à l’œil aux directives données trop souvent en cachette ? D’ordinaire chez nous, et à de rares exceptions près, les ministres sélectionnés sont triés non pas sur base de leurs compétences, de leur carrière, de leur programme ou de leur curriculum vitae, mais plutôt en raison du...
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