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Lifestyle - Liban Pop

Pour Nour Hajjar, la scène est un « pur bonheur »

Comédien de stand-up et auteur satirique, son dernier spectacle a déjà rassemblé 10 000 spectateurs.

Pour Nour Hajjar, la scène est un « pur bonheur »

Nour Hajjar, une bonne bouille et un beau sourire. Photo DR

Il a une bonne bouille et un beau sourire. Nour Hajjar, trente ans, a commencé la stand-up comedy quand il était à l’université. « Depuis tout petit, je voulais faire ce métier. C’était un rêve, jusqu’au jour où j’ai découvert le club de comédie de la ville où j’habitais. Pour moi, c’était du pur bonheur », confie le comique.

C’était en 2015, et Nour était alors étudiant à Wageningen, aux Pays-Bas, où il préparait un master en sciences alimentaires, après avoir décroché un diplôme en sciences environnementales de l’Université américaine de Beyrouth.

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Se souvenant de cette première soirée sur les planches, il raconte : « Je suis monté sur scène et j’ai réussi à faire rire l’audience. Je parlais de ma vie d’étudiant, de mes racines arabes, de mon quotidien aux Pays-Bas, du clash culturel. Parmi les spectateurs, il y avait des chercheurs de talents qui m’ont invité à me produire dans plusieurs endroits à Amsterdam. » Son diplôme en poche, il rentre au Liban en 2017 où il commence à travailler dans sa spécialisation, décrochant des contrats de courte durée. Parallèlement, il monte sur les planches avec d’autres comédiens de stand-up. « Il fallait que je me mette à écrire mes sketches en arabe », dit-il. Nour Hajjar se fait vite connaître dans les milieux des comédiens libanais, et dans le domaine de l’écriture et de l’humour satiriques. L’année suivante, il découvre l’initiative Awk Word et rencontre d’autres comédiens qui partagent un même sens de l’humour. « Le groupe, qui rassemble aujourd’hui de nombreux comédiens, donne la chance aux jeunes talents de se produire devant un public une fois par semaine en les invitant à monter sur scène. » Et c’est « carton plein » à chaque spectacle.

Le spectacle que Nour Hajjar présente aujourd’hui à Metro el-Madina et à KED fait toujours salle comble et a déjà rassemblé 10 000 spectateurs. Intitulé Serpents et échelles, comme le fameux jeu de société, il est divisé en trois thèmes : la famille et les amis, la situation socio-économique, et la religion et les extraterrestres.

Nour Hajjar, une bonne bouille et un beau sourire. Photo DR

Veste et soucoupe volante

Sur scène, il déclare, le sourire aux lèvres : « Si les extraterrestres venaient au Liban, j’espère qu’ils n’atterriront pas à Chiyah. La première question que les habitants leurs poseraient : “Est-elle à vendre ? Est-ce que la soucoupe volante est à vendre ?” »

Nour Hajjar imagine ensuite qu’ils la donnent à un voiturier qui ne saurait pas comment garer un véhicule rond. Dans ses sketches, sa mère occupe une place importante aussi. Il raconte ainsi l’attachement qu’elle a au port d’une veste. « Elle veut à tout prix que je mette une veste. Elle n’arrête jamais de répéter: “Mets ta veste”, même si je veux prendre ma douche, même s’il fait 40 degrés dehors et qu’on peut faire frire des œufs sur l’asphalte tellement il fait chaud. » Il enchaîne : « Quand j’étais petit, je détestais recevoir mes amis à la maison car je ne reconnaissais plus ma mère, elle changeait de voix et cela me terrorisait ! » Parlant de ses voyages, il évoque aéroports et avions : « Les enfants sont inutiles à bord des avions, le capitaine a besoin en cas d’urgence d’un médecin, il ne dira par exemple jamais : j’ai besoin de quelqu’un qui puisse vomir trois fois d’affilée. »Nour Hajjar veut vivre de ses stand-up comedies et de sa plume. Il a écrit pour plusieurs programmes satiriques, dont BBCHI, conçu par le cinéaste et photographe Salam Zaatari et présenté sur la LBCI. « Écrire pour quelqu’un d’autre est un exercice difficile, un véritable défi, surtout quand on monte aussi son propre spectacle. Il faut faire en sorte de préserver l’identité de ses propres comédies. Pour la télévision, si c’est pour un programme satirique, il y a un format à suivre. Pour la stand-up comedy, nous parlons de nous-mêmes, de notre propre expérience, et, surtout, il faut préserver la spontanéité sur scène et garder notre particularité, notre signature. Quand on écrit pour les autres, on leur sert ce qu’ils veulent, ce qu’ils aiment. Tout à fait comme si on faisait la cuisine pour quelqu’un d’autre et pas pour soi », explique Nour Hajjar. « Pour la stand-up comedy, on n’apprend pas l’écriture comme pour une pièce de théâtre. On apprend sur le tas, en regardant les autres et nos propres erreurs surtout », ajoute-t-il, se souvenant de certains sketches où il n’a pas réussi à faire rire le public. « Cela arrive parfois quand je fais de nouvelles anecdotes et qu’il n’arrive pas à s’y identifier », observe-t-il modestement et confiant qu’en ces moments là, il quitte le théâtre triste. « Le pire sentiment est de ne pas faire rire les gens. On se sent fondre sur scène. C’est comme si quelqu’un a chassé le bonheur de la salle », regrette-t-il.

Perfectionniste et talentueux, Nour Hajjar n’a heureusement pas dû faire souvent face à cette situation. Aujourd’hui, il vit de son art, de l’écriture et de ses spectacles. « Au Liban, il y a des tonnes de sujets et de situations qu’on peut exploiter pour la stand-up comedy. Et puis, je ne peux pas m’imaginer faire autre chose, je serai malheureux. » Et c’est ce que son public ne souhaite pas.



Il a une bonne bouille et un beau sourire. Nour Hajjar, trente ans, a commencé la stand-up comedy quand il était à l’université. « Depuis tout petit, je voulais faire ce métier. C’était un rêve, jusqu’au jour où j’ai découvert le club de comédie de la ville où j’habitais. Pour moi, c’était du pur bonheur », confie le comique.C’était en 2015, et Nour était...

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