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Économie - Pénurie

Crise du pain : Salam accuse le secteur privé « de stocker la farine subventionnée »

Il reste suffisamment de blé pour « un peu plus d’un mois », souligne le ministre sortant de l'Economie, « et nous avons sécurisé le montant nécessaire à la BDL pour fournir un mois supplémentaire ».

Crise du pain : Salam accuse le secteur privé « de stocker la farine subventionnée »

Les files d’attente devant une boulangerie au Liban-Nord, le 21 juin 2022. Photo Michel Hallak

« Quand cette humiliation prendra-t-elle fin ? » a fustigé Khalil, père de quatre enfants, mardi, à notre correspondant à Saïda (Liban-Sud) Mountasser Abdallah, après avoir attendu plusieurs heures pour ne pouvoir finalement acheter que deux paquets de pain. En raison de la crise économique et financière au Liban qui arrive lentement mais sûrement à ses trois ans, les files d’attente devant les boulangeries, principalement au nord et au sud du pays, se sont poursuivies mardi, après un premier coup de feu vendredi dernier dans la région de Nabatiyé, où le paquet de pain s’achetait sur le marché libre au double du prix officiel. Depuis, les zones de Tripoli, de Beddaoui et du Akkar ont suivi, selon notre correspondant régional Michel Hallak, témoignant de ces files pour le troisième jour consécutif. Cette crise semble également toucher Zahlé, dans la région de la Békaa, selon notre correspondante sur place Sarah Abdallah.

Une situation créée de toute pièce par le secteur privé, selon le ministre de l’Économie et du Commerce Amine Salam, contacté mardi par L’Orient-Le Jour, l’accusant entre autres « de stocker la farine subventionnée, de la revendre sur le marché noir à un prix mirobolant, puis de l’utiliser pour confectionner d’autres produits que le pain et de profiter de la grève des fonctionnaires (entamée lundi dernier et à durée indéterminée) pour échapper aux contrôles ». Le tout dans l’unique but de réaliser des profits et d’anticiper « le vote du Parlement la semaine prochaine sur le prêt de la Banque mondiale » concernant la sécurité alimentaire du Liban pour lequel les importations de blé et sa distribution dans le pays seront fortement « régulées ».

Des actions illégales qu’il avait qualifiées de « vols » perpétrés par ce secteur vendredi dernier, tandis que le président de le président de l’Union des boulangers au Liban, Ali Ibrahim, renvoyait la faute lundi sur la mise à l’arrêt de certaines minoteries, faute de blé en raison d’un retard de paiement des importations de blé par la Banque du Liban. Jeudi dernier, c’était le président de l’Union des travailleurs du Nord, Chadi Sayyed, qui estimait que « près de 20 % » de la farine importée rejoignait la Syrie via la contrebande. Un imbroglio qui n’aurait pas dû avoir lieu si tout le monde respectait les règles en vigueur, a assuré mardi Amine Salam à L’Orient-Le Jour.

Pas de pénurie
Malgré les files et les pénuries déclarées ici et là, il n’y a donc pas de pénurie de pain au Liban, assure le ministre. « Ces deux dernières semaines, le ministère de l’Économie a signé un accord avec la BDL pour l’importation de 28 tonnes supplémentaires, qui viennent s’ajouter aux 10 000 tonnes restantes d’une ancienne cargaison et à 8 000 tonnes en cours d’acheminement ». Un peu plus de 45 000 tonnes de blé subventionné sont donc présentes dans le pays, alors que la consommation mensuelle de blé au Liban est de « 50 000 tonnes par mois dont 36 000 pour le pain ». Il reste donc suffisamment pour « un peu plus d’un mois », souligne Amine Salam, « et nous avons sécurisé le montant nécessaire à la BDL pour fournir un mois supplémentaire ».

Avec le prêt de la BM, à hauteur de 150 millions de dollars pour neuf mois et qui n’aura pas d’incidence immédiate sur les subventions en vigueur ont assuré le ministre et la BDL à L’Orient-Le Jour, l’approvisionnement en pain du Liban est ainsi assuré pour les mois à venir. Reste à tous les acteurs concernés à accorder leurs violons. Une tâche qui semble jusqu’à présent ardue, alors que la municipalité de Ghobeyri (Baabda) a indiqué mardi avoir fermé certaines boulangeries « ne respectant pas le poids du pain fixé par le ministère de l’Économie ». À nouveau contacté par L’Orient-Le Jour mardi, Ali Ibrahim a, lui, menacé de fermer toutes les boulangeries affiliées à l’Union dès aujourd’hui « si les descentes des autorités dans les boulangeries pour fermer celles qui emploient des Syriens sans permis de travail se poursuivent ». De quoi alimenter un nouvel imbroglio sur ce dossier. 


« Quand cette humiliation prendra-t-elle fin ? » a fustigé Khalil, père de quatre enfants, mardi, à notre correspondant à Saïda (Liban-Sud) Mountasser Abdallah, après avoir attendu plusieurs heures pour ne pouvoir finalement acheter que deux paquets de pain. En raison de la crise économique et financière au Liban qui arrive lentement mais sûrement à ses trois ans, les files...

commentaires (1)

rien de nouveau a ce propos :accuser le secteur prive d'immoralite et autres crimes est tres tres justifie. de la faudra envisager une sortie du tunnel, par des reformes " a l'envers " de celles dont parle un peu tout le monde : Etatiser certains secteurs tenus par le prive ! mettre a leurs tetes par exemple Mme Ghada Aoun , faute d'avoir un bachir gemayel qui les effraient tellement qu'ils n'oseraient jamais nous voler ?

Gaby SIOUFI

09 h 26, le 22 juin 2022

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Commentaires (1)

  • rien de nouveau a ce propos :accuser le secteur prive d'immoralite et autres crimes est tres tres justifie. de la faudra envisager une sortie du tunnel, par des reformes " a l'envers " de celles dont parle un peu tout le monde : Etatiser certains secteurs tenus par le prive ! mettre a leurs tetes par exemple Mme Ghada Aoun , faute d'avoir un bachir gemayel qui les effraient tellement qu'ils n'oseraient jamais nous voler ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 26, le 22 juin 2022

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