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Nos lecteurs ont la parole

Mouvement du 17 octobre... ô rage... ô désespoir...


L’espoir était grand ce 17 octobre 2019, lorsque le peuple libanais uni, toutes confessions confondues, se soulevait pour manifester son dégoût du système politique qui au fil des ans a pris les formes d’une entreprise mafieuse.

L’espoir était grand de voir enfin les politiciens rendre compte de leur corruption et de leurs crimes contre le peuple libanais.

Hélas… C’était mal connaître la force et la résilience des partis politiques traditionnels. Pour protéger leurs acquis, les partis étaient prêts à utiliser les méthodes les plus déplorables et antidémocratiques pour briser le mouvement populaire. Et ils ont gagné ! Confronté aux coups de boutoir du système politique, le mouvement populaire n’a pas résisté, s’est effondré… Il faut aussi avouer que la crise économique et la pandémie de Covid ne l’ont pas aidé.

Un nouvel espoir est né avec l’avènement des élections législatives de mai 2022. L’espoir était grand en effet de voir l’opposition issue du mouvement du 17 octobre afficher un front puissant et uni pour défier la classe politique traditionnelle. Hélas… mille fois hélas… qu’est-ce qu’on voit ? L’opposition s’est effritée en des dizaines de mouvements qui ont présenté des listes électorales en compétition l’une avec l’autre. C’est absolument révoltant ! Pour moi qui comptais voter à ces élections, l’image que donne l’opposition d’elle-même m’a enlevé toute motivation pour aller voter.

Ceci étant dit, ma conclusion est que le Liban est devenu ingouvernable. Déjà avant la guerre civile de 1975, le partage communautaire du système politique n’était pas le modèle de gouvernement idéal, mais on s’en sortait tant bien que mal. Mais à la fin de la guerre, lorsque la conférence de Taëf a imposé une Constitution sur une base de gouvernement « consensuel », le pays est devenu ingouvernable et les crises se sont succédé pour en arriver à son effondrement.

Il est évident que le partage consensuel du pouvoir politique sur base communautaire n’est plus viable et il faut donc changer le système. La première chose qui nous vient à l’idée, c’est la partition et la décentralisation du pays. L’idée n’est pas nouvelle, elle a déjà été explorée (et partiellement mise en pratique) durant les années de guerre civile. Malheureusement, encore une fois, l’absence d’un front uni, surtout chez les chrétiens, a fait échouer le projet.

L’idée de revenir au concept de la partition (ou confédération) est toujours possible, mais périlleuse, car un changement comme celui-ci ne se fait pas sans violence, guerre, écoulement de sang… Le fait est de savoir si le peuple libanais est prêt à consentir à ces sacrifices. La réponse négative est donnée par l’échec du mouvement du 17 octobre. Le peuple est à bout de souffle et n’a plus le courage et les ressources pour entreprendre un nouveau mouvement qui demanderait des sacrifices énormes, sans compter sur le fait qu’aujourd’hui aucun leadership politique n’existe et n’a le gabarit d’en prendre la direction.

Alors, qu’est-ce qui reste pour le Liban ? Il reste la tutelle iranienne en vigueur (peut-être aussi syrienne bientôt), avec son cortège de dégradation de la qualité de vie et de violation continue des libertés démocratiques.

Pour ceux qui sont croyants, il reste aussi les prières…

Montréal, Canada

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

L’espoir était grand ce 17 octobre 2019, lorsque le peuple libanais uni, toutes confessions confondues, se soulevait pour manifester son dégoût du système politique qui au fil des ans a pris les formes d’une entreprise mafieuse.L’espoir était grand de voir enfin les politiciens rendre compte de leur corruption et de leurs crimes contre le peuple libanais. Hélas… C’était mal connaître la force et la résilience des partis politiques traditionnels. Pour protéger leurs acquis, les partis étaient prêts à utiliser les méthodes les plus déplorables et antidémocratiques pour briser le mouvement populaire. Et ils ont gagné ! Confronté aux coups de boutoir du système politique, le mouvement populaire n’a pas résisté, s’est effondré… Il faut aussi avouer que la crise économique et la pandémie de Covid ne...
commentaires (1)

faut arreter critiquer notre mouvement du 17 Oct 2019, surtout par les expatries, nouveaux et/ou anciens. Ils ont oublie-sciemment ou pas -a qui et a quoi nous avions eu a faire. reflechissez y chers concitoyens avant de nous jeter la pierre. PS. je le dis sans que je ne sois directement concerne par les legislatives. mais en tant que citoyen libanais qui a participe et encourage la thawra. continue a ce faire.

Gaby SIOUFI

14 h 01, le 28 avril 2022

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Commentaires (1)

  • faut arreter critiquer notre mouvement du 17 Oct 2019, surtout par les expatries, nouveaux et/ou anciens. Ils ont oublie-sciemment ou pas -a qui et a quoi nous avions eu a faire. reflechissez y chers concitoyens avant de nous jeter la pierre. PS. je le dis sans que je ne sois directement concerne par les legislatives. mais en tant que citoyen libanais qui a participe et encourage la thawra. continue a ce faire.

    Gaby SIOUFI

    14 h 01, le 28 avril 2022

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