L’actuelle loi électorale mènera inéluctablement la même majorité au pouvoir pour les quatre prochaines années. Cette majorité élira un président de la République dont le mandat s’achèvera six ans plus tard, soit théoriquement en 2028.
Il est donc vital pour le Liban que la loi électorale soit amendée. Or, force est d’admettre que c’est impossible dans les deux contextes actuels : au niveau constitutionnel, délais dépassés et dispositions légales impossibles, l’actuel Parlement étant à trois mois de la fin de son mandat ; et surtout au niveau politique, la conjoncture fait que ceux qui tiennent le pouvoir sont prêts à tout pour le garder.
Les vacances institutionnelles et constitutionnelles, en l’absence d’élections parlementaires, ouvrent le chemin vers la résurrection du Liban : une assemblée constituante (populaire de préférence) apparaît comme l’unique voie de recours. Cette assemblée en profitera pour modifier la loi électorale pour la rendre plus représentative et paritaire – femmes et hommes à égalité – et pour adopter le principe électoral du « one man one vote ».
En résumé, la tenue des prochaines élections condamnera le Liban à six ans de dégradation supplémentaire, vu que tout président de la République élu le sera par l’actuelle caste au pouvoir.
Tous les défenseurs des réformes et du changement devraient impérativement rejeter la tenue des prochaines élections législatives.
Pour une fois, la non-tenue des élections est un moindre mal pour la démocratie.
Président de l’International School of Governance, Genève, ancien ambassadeur à l’Office des Nations unies à Genève et ancien candidat à la présidence du Conseil des ministres au Liban
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