Une employée de UN-Habitat supervisant des travaux de rénovation dans un immeuble touché par les explosions au port. Photo UN-Habitat
Les mois passent, mais les répercussions de la catastrophe du port de Beyrouth continuent de se faire ressentir comme au premier jour. Dix-huit mois après le drame, et malgré les nombreuses actions de la société civile, beaucoup reste à faire, tant au niveau de la reconstruction que de l’humain. C’est dans ce cadre que la Banque mondiale a annoncé l’octroi de deux nouvelles subventions d’un total de 20,55 millions de dollars réparties sur deux grands projets. Le premier, financé à hauteur de 12,75 millions de dollars et opéré par UN-Habitat, permettra de réhabiliter une trentaine de logements à caractère traditionnel et de soutenir des industries culturelles et créatives affectées. Le second projet, dont le budget est de 7,8 millions de dollars, sera mis en œuvre sur le terrain par International Rescue Committee (IRC) et permettra d’offrir une assistance médico-sociale à environ 10 000 personnes touchées par le drame. Ces programmes sont financés par le Lebanon Financing Facility (LFF), un fonds établi par le Canada, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège et l’UE en décembre 2020, en réponse à la catastrophe du port.
Une trentaine de bâtisses à rénover
À Beyrouth, où de nombreux immeubles n’ont toujours pas été réhabilités depuis le drame, un des objectifs des donateurs est d’aider à préserver une partie du patrimoine de la ville, tout en permettant aux habitants de pouvoir rester sur place. « Nous avons déjà identifié une centaine de bâtiments endommagés. On en choisira une trentaine qui bénéficieront de l’aide de la Banque mondiale. Malheureusement, ce ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan, parce qu’il y a encore beaucoup de choses à faire au niveau de la reconstruction », indique à L’Orient-Le Jour Taina Christiansen, directrice des programmes de UN-Habitat au Liban. « En 18 mois, il y a eu des efforts considérables de la part des ONG locales et des autres parties prenantes. Mais comme dans la plupart des situations d’urgence, la coordination a été difficile en raison de la multitude d’acteurs, sans parler de la situation politique compliquée du pays », déplore-t-elle. Répartis entre les quartiers de Saïfi, Rmeil et Medawar, les immeubles à restaurer seront choisis selon plusieurs critères, à savoir leur degré d’endommagement, la vulnérabilité socio-économique de leurs habitants ou encore leur valeur patrimoniale. « Un des buts de ce travail est d’éviter l’éviction des habitants. Nous voulons qu’ils puissent rester chez eux et qu’ils ne soient pas mis à la porte à un moment ou un autre », explique Mme Christiansen. La reconstruction, elle, commencera début 2023 et se fera avec plusieurs partenaires spécialisés, tels l’Unesco, des organisations de la société civile, la municipalité de Beyrouth, le mohafez de Beyrouth, le ministère de la Culture, l’armée ou encore la Direction générale des antiquités. Le deuxième volet de ce projet, qui devrait s’étaler sur 33 mois en tout, sera consacré aux industries créatives et culturelles affectées par les explosions. « Certaines de ces industries ont besoin de faire des réparations, tandis que d’autres veulent être accompagnées pour pouvoir relancer leurs activités. Les aides de la Banque mondiale seront prodiguées en fonction des besoins de chacun, précise la responsable de UN-Habitat à Beyrouth. Une soixantaine d’organisations culturelles et plus de 80 personnes seront ciblées par ce programme-là », souligne-t-elle. Selon Taina Christiansen, ce projet se démarque par le fait que « c’est la société civile qui est au cœur de l’action, à la différence de ce qui se passe normalement dans d’autres pays. Nous adoptons une approche qui va de la base vers le sommet », ajoute-t-elle.
Des employés de UN-Habitat lors d'une visite sur le terrain. Photo UN-Habitat
Assistance sociale et santé mentale
Si de nombreux efforts seront déployés pour la reconstruction durant les prochains mois, l’aspect social ne sera pas négligé pour autant.
Un soutien socio-médical aux catégories les plus vulnérables de Beyrouth est prévu pour les deux prochaines années et profitera à 10 000 personnes environ. « Nous allons travailler avec dix-neuf acteurs locaux qui connaissent bien la réalité du terrain, explique Matias Meier, directeur d’IRC au Liban, l’organisme en charge de mettre ce projet en œuvre. En plus des 7,8 millions de dollars de la Banque mondiale, l’IRC a levé 500 000 dollars auprès de donateurs privés dont la majorité viennent des États-Unis. Ce montant supplémentaire sera utilisé pour ce projet », se félicite-t-il. Le travail sur le terrain devrait commencer fin avril et le projet portera sur trois catégories de bénéficiaires : des femmes et des enfants victimes de violences, des personnes souffrant de troubles mentaux, ainsi que des seniors et des handicapés qui n’ont pas accès aux soins appropriés. Près de 2 700 victimes de violences basées sur le genre seront ainsi prises en charge, tandis qu’environ 5 500 personnes profiteront de services médicaux et de soins de santé mentale. Par ailleurs, environ 850 bénéficiaires des ONG et des organisations de la société civile auront accès à des sessions de formation sur les questions de violence et de santé mentale. Zeina Zouein, coordinatrice des programmes chez IRC, explique que le volet consacré aux victimes de violences « sera mené avec des ONG locales pour bâtir des réseaux et former à la prise en charge de ce genre de situations ». Elle révèle en outre que le programme de soutien en santé mentale sera mis en place avec le Programme national de la santé mentale du ministère de la Santé, ainsi qu’avec des ONG locales qui travaillent dans le secteur de la santé.
« Un des objectifs de notre travail est d’améliorer les services de santé mentale de manière générale. Nous travaillons également à faciliter aux handicapés et aux personnes du troisième âge l’accès aux services médicaux, à travers la création d’unités médicales mobiles et l’appui aux centres de santé primaire déjà existants », souligne enfin Mme Zouein.




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"" de réhabiliter une trentaine de logements à caractère traditionnel "" le plus souvent je lis cette -pardonnez moi-ignominie ci-haut ! et quid des maisons autrement qu'a caractere ..... ? quid de celles "normales", representant surement 90% des biens touches et dont la grande majorite sont des maisons aussi pauvres et denudees que leurs habitants ?
10 h 13, le 07 mars 2022