Maintenant que les débris déliquescents du pouvoir ont raclé les fonds de tiroir et sorti les ultimes piécettes issues de leurs dernières rapines, on va pouvoir se régaler. Et c’est parti pour un remake des bouffonneries électorales qui font croire au Libanais de base, doté d’une intelligence de base, qu’en allant titiller la fente d’une urne en plastique, il va donner à cette république de poche un goût différent de celui de la banane.
Les campagnes ne sont même pas lancées que les benêts frétillants les ont déjà affublées du label ronflant de « machines électorales ». Pour le reste, c’est du pareil au même. Le vocabulaire est toujours puisé dans le lexique des garagistes et mécanos : « bulldozers », « autobus », « rouleau compresseur »… Ne reste plus qu’à attendre les candidats parachutés, les listes d’électeurs tripotées et les urnes bourrées, sous l’œil narquois des diplomates étrangers.
En fait, depuis que le Mollasson a dégainé son doigt d’honneur en guise d’adieu, les râleurs électoraux ne se comptent plus. Les orphelins du Futur – hormis le Signoret, Tante Bahia et quelques grosses pointures – cherchent à se faire héberger sur les listes de l’opposition, avec un bol de soupe à la clé. Dans le camp d’en face, Istiz Nabeuh ameute tous ses pendentifs analphabètes qu’il a casés dans des emplois fictifs, pendant que son Mentor à barbe entend protéger les Libanais malgré eux, comme en 2006, mais cette fois avec des missiles de précision. Comme cela, la dérouillée israélienne qui s’ensuivra sera encore plus méticuleuse. Quant au Déplumé des Fleus, il se voit déjà signant des chèques tirés sur les banques d’Arabie. Les temps changent, les hommes aussi.
Ne reste plus que Mongénéral et son gendre, les derniers fouineurs-chicaneurs à l’affût de problèmes qui n’existeraient pas s’ils n’étaient venus les touiller. Au mieux de leur forme, ils ressortent les mêmes vieilleries vengeresses qui les travaillent depuis plus de 30 ans : eux et le Tondu, eux et les Hariri, eux et la corruption. Les deux hommes ont bloqué la machine à remonter le temps et en ont avalé le compteur. Ce qui ne peut que nous rappeler de bons souvenirs, et surtout nous rajeunir. Qu’est-ce qu’ils vont s’emmerder, ces deux-là, le jour où ils n’auront plus d’ennemi…
Bref, y a plus qu’à aller se coucher. Si quelqu’un peut éteindre le Liban avant de partir, ce serait sympa.
gabynasr@lorientlejour.com


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Suu-perrr-be!! By the way, notre mongenerateur a déjà éteint le Liban...
14 h 18, le 18 février 2022