Un mendiant qui devient milliardaire, c’est bien, c’est un symbole de réussite, c’est même parfois magnifique. Mais un milliardaire qui devient mendiant, c’est épouvantable. Il faut se battre pour sauver les milliardaires de la mendicité…
Promenant sa sébile entre deux toasts au caviar à bord de son avion, Mikou s’en est allé cette semaine en Erdoguie quêter l’aumône d’un ou deux contrats. De par le fait, il remplissait sa vocation de voyageur-représentant-placier au rabais, chargé de soumettre une pâte à Koullouna aussi faisandée qu’indigeste. Il n’avait sans doute pas fumé que du tabac turc, ce jour-là… Bref, on continue contre vents et marées à bêler avec panache notre misère à la face du monde, tout en restant infoutus de vidanger nos raclures locales.
Le phénix du Grand Sérail avait pourtant déjà tendu la main à travers tout ce que le Golfe compte de roitelets exotiques de droit divin et recueilli leurs précieux conseils. Surtout de la part de ceux qui s’essuient les pieds sur leur opposition locale, la palme revenant évidemment au bon roi d’Arabie et à son fils, les mecs plus ultra de la démocratie et de l’alternance politique. La Mikette leur avait alors déclaré sa flamme, avec à la clé un orgasme de force 8 sur l’échelle de Richter.
Cette fois, c’était au tour de l’Étrangleur ottoman. Sacré Erdo ! Il est loin le temps où les bonnes âmes européennes se pâmaient devant cet Oriental ombrageux tiré à quatre épingles, toujours en veston-cravate, rasé de près, dédaignant chemise de nuit et babouches. À l’époque, il représentait une aberration sémantique tirée des printemps arabes : l’islamiste modéré. Comprendre, le fanatique gentil qui ne met le poignard entre les dents qu’après les avoir brossées, et n’égorge les mécréants qu’avec un canif d’occasion.
Le plus cocasse est que notre Premier ministre se retrouve à quémander auprès d’un pays économiquement aussi décavé que le Liban. Évidemment, à force de guerroyer tantôt en Syrie tantôt en Libye, fourrer sa truffe au Yémen et jusqu’aux confins de l’Azerbaïdjan, la note s’annonce salée pour la Turquie. Au grand dam de Recep Tayyip, obligé aujourd’hui d’avaler son minaret et de parlementer avec les bouviers moustachus qu’il combattait.
Pareil pour le Mikati décati, qui constate à son retour que la ménagerie locale est toujours en capilotade. Rien n’avait changé durant son absence et les turlupins politiques continuent de se balancer des gamelles dans les gencives. Pire encore : personne ne s’est rendu compte qu’il était parti et revenu.
gabynasr@lorientlejour.com


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Tayyp et sa femme ont le Covid-19. J’espère que Kittou ne rentrera pas les mains vides
00 h 02, le 10 février 2022