Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Un roman pas comme les autres

« De tous les éléments objectifs qui définissent une civilisation, le plus important est en général la religion, comme le soulignaient les Athéniens. Dans une large mesure, les principales civilisations se sont identifiées au cours de l’histoire avec les grandes religions du monde. Au contraire, des populations faisant partie de la même ethnie et ayant la même langue, mais pas la même religion, peuvent s’opposer, comme c’est le cas au Liban, dans l’ex-Yougoslavie et dans le subcontinent indien »,

Samuel P. Huntington, Le choc des civilisations, éditions Odile Jacob, p. 46.

Je viens de terminer de lire Le monde ne va pas si mal, le roman d’un auteur libanais francophone le Dr Sami Richa. C’est l’histoire de nos déboires révolutionnaires, au Liban, comme dans le monde arabe en général et particulièrement en Irak, avec en filigrane une histoire d’amour. Il s’agit d’une œuvre mince comme le Liban, mais grande par son éloquence, car les révolutions, les insurrections sont fréquentes comme les amours, les premières constituant des changements radicaux dans la vie des peuples, les secondes dans celle des individus.

Les Libanais ont fait l’expérience des premières avec la révolte de Tanios Chahine au XIXe siècle contre la féodalité, en 1943 pour l’indépendance, en 2019-2020 contre la classe politique corrompue libanaise qui s’est malheureusement terminée jusque-là en bourrasque saisonnière comme celle, de nos voisins, l’Irak, la Tunisie, la Libye et l’Égypte. Heureusement que l’histoire d’amour dans cet ouvrage se termine autrement que celle de la politique, c’est-à-dire dans l’espérance. Cette double histoire de la révolution et de l’amour a suscité en moi le souvenir d’auteurs français du siècle dernier, Georges Duhamel et André Maurois de l’Académie française. Durant mon adolescence, j’ai assidûment fréquenté ces deux auteurs et plus particulièrement Duhamel, le médecin dont les écrits touchaient aux problèmes de la souffrance humaine dans tous les domaines. Le Dr Sami Richa est médecin lui aussi, chef du service de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu de France à Beyrouth. Il a écrit La psychiatrie au Liban, une histoire, un regard aux éditions Dergham, ainsi qu’un autre roman Trois dont un de plus aux éditions L’Harmattan. Le monde ne va pas si mal est, lui, un roman qui touche à la guerre, l’amour, l’anthropologie et par là lui donne une intensité qui anime l’œuvre de Duhamel que je me suis permis d’évoquer à cette occasion. Lisez le roman du Dr Sami Richa, c’est un bon cru, croyez-moi, par son style châtié et sa commisération sur la condition humaine.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

« De tous les éléments objectifs qui définissent une civilisation, le plus important est en général la religion, comme le soulignaient les Athéniens. Dans une large mesure, les principales civilisations se sont identifiées au cours de l’histoire avec les grandes religions du monde. Au contraire, des populations faisant partie de la même ethnie et ayant la même langue, mais pas la même religion, peuvent s’opposer, comme c’est le cas au Liban, dans l’ex-Yougoslavie et dans le subcontinent indien »,Samuel P. Huntington, Le choc des civilisations, éditions Odile Jacob, p. 46.Je viens de terminer de lire Le monde ne va pas si mal, le roman d’un auteur libanais francophone le Dr Sami Richa. C’est l’histoire de nos déboires révolutionnaires, au Liban, comme dans le monde arabe en général et...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut