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Économie - Acquisition

Pourquoi le libanais Butec a racheté les entreprises d’Engie en Afrique

Le géant français du gaz a lancé, en 2020, un programme de cession d’actifs pour se recentrer sur les « métiers de base du groupe ». 

Pourquoi le libanais Butec a racheté les entreprises d’Engie en Afrique

Le siège libanais de Butec à Mkallès, à l’est de Beyrouth. Photo DR

Ce début d’année n’a décidément pas été pauvre en annonces majeures pour certaines entreprises libanaises, malgré la crise qui frappe le pays depuis plus de deux ans. Après Philippe Jabre qui a repris le contrôle d’Almaza à Heineken, cette fois c’est Butec (Butec Group Holding Limited), un groupe de construction et de services appartenant à la famille Younès, qui a annoncé la semaine dernière le rachat à Engie de près d’une vingtaine de sociétés détenues par le géant français du gaz en Afrique.

La transaction a été conclue le 16 décembre 2021, mais comme Almaza Butec a attendu janvier pour communiquer sur le sujet, en invoquant pour sa part une obligation de confidentialité. Selon le PDG de Butec, Ziad Younès, les négociations « se sont étendues sur tout 2021 » et le contrat signé est maintenant en phase d’exécution avec certaines formalités administratives à compléter dans l’ensemble des pays africains où ces sociétés sont implantées (Afrique du Sud, Algérie, Botswana, Côte d’Ivoire, Ghana, Maroc, Mozambique, Niger et Swaziland). À terme, Butec deviendra l’actionnaire « quasi unique » de ces entités après le départ d’Engie.

Services multitechniques

La valeur de la transaction n’a pas été dévoilée. « Selon les informations publiques disponibles, on parle d’un ensemble de sociétés regroupant autour de 1 500 collaborateurs avec un chiffre d’affaires de 200 millions de dollars annuel, essentiellement avec des points de concentration plus importants en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire et au Maroc », indique encore le président de Butec. Une certitude cependant, la transaction répond à des objectifs stratégiques distincts pour chacune des parties engagées.

Le géant français né de la fusion en 2008 de Gaz de France et Suez, qui adoptera son nouveau nom commercial en 2015, a en effet décidé il y a environ deux ans de se défaire de toute une série de sociétés spécialisées dans les services multitechniques, dans lesquelles il avait investi. Ce terme englobe une série de métiers centrés sur la maintenance nécessaire au maintien de la qualité des lieux et des diverses fonctionnalités des bâtiments (énergie, chauffage, climatisation, ventilation, couverture, électricité, « facility management », etc.), pour paraphraser la définition du spécialiste de la formation continue de ce type de métiers Afortech.

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Engie – dont l’État français détient un quart du capital (23,64 % et possède 33,55 % de droits de vote) et qui compte également le gestionnaire d’actifs américain BlackRock dans son actionnariat, selon les informations publiées sur le site du géant français – lance ainsi en 2020 un programme de cession d’actifs pour se recentrer sur « les métiers de base du groupe », à savoir la production et la distribution d’énergie. « Dans le cadre de cette volonté de se désengager des métiers des services énergétiques, Engie a décidé de faire deux lots : un premier regroupant ses activités en Europe, consolidé dans une nouvelle entité, Equans, vendue à Bouygues (en novembre dernier à 7,1 milliards de dollars, pour un accord en cours de finalisation, NDLR) ; un autre regroupant les filiales d’Afrique, voué au même sort et pour lequel Butec a fait part de son intérêt », récapitule Ziad Younès. Entre-temps, Engie a aussi cédé près de 30 % de Suez à Veolia.

Fondé dans les années 1960 par Nizar Younès, le groupe Butec a maintenu son centre technique et commercial à Beyrouth (avec un siège à Mkallès, Sin el-Fil), mais est « juridiquement organisé en holding aux Émirats arabes unis », afin de ne pas avoir à subir le contrecoup des restrictions bancaires imposées au Liban depuis le second semestre 2019. Il compte 6 000 employés pour des activités divisées en deux pôles : un essentiellement centré sur la construction « clés en main » (étude et exécution) et un second sur les services, qui compte principalement le prestataire BUS (Butec Utility Service), une des sociétés mandatées par Électricité du Liban depuis 2012 pour assurer la maintenance et moderniser le réseau de distribution de courant, ainsi que la collecte des factures. Butec (environ 800 employés sur les 6 000) compte en outre dans son actionnariat depuis 2008 la société financière internationale (IFC, le bras privé de la Banque mondiale), avec près de 17 % du capital détenu à son arrivée, une part retombée à 7 % actuellement selon Butec.

Très actif dans plusieurs pays, notamment en Afrique du Nord, dans le Golfe ou au Proche-Orient en tant qu’entrepreneur, la compagnie a souhaité développer le réseau de son second pôle. « D’où la décision stratégique d’acquérir des sociétés qui travaillent dans les services de maintenance multitechnique, d’installation électrique et mécanique, ou encore dans l’énergie sur le continent africain où le groupe n’était pas suffisamment implanté et où nous pensons que les perspectives de développement sont extrêmement prometteuses pour les décennies à venir », résume Ziad Younès. La finalité étant de bâtir deux pôles performants ayant des profils financiers différents, mais avec une « grande perméabilité » au niveau des compétences et des ressources humaines, qui seront donc renforcées avec l’acquisition des sociétés africaines cédées par Engie.

La liste de ces entreprises a été communiquée par Butec la semaine dernière. En Afrique du Sud : Thermaire, Ampair, Ampair Engineering, Ampair Maintenance KZN, Ampair Maintenance Western Cape ; en Algérie : Engie Services Algérie ; au Botswana : Ampair Maintenance Botswana ; au Burkina Faso : Tieri Burkin ; en Côte d’Ivoire : Engie Services Côte d’Ivoire, Afric Power ; au Ghana : Engie Ghana Ltd ; Maroc : Engie Services Maroc, Cofely Contracting Maroc, Cofely Tanger ; au Mozambique : Improvair Mozambique Limitada ; au Nigeria : Tieri Niger; et enfin au Swaziland : IES Swaziland.


Ce début d’année n’a décidément pas été pauvre en annonces majeures pour certaines entreprises libanaises, malgré la crise qui frappe le pays depuis plus de deux ans. Après Philippe Jabre qui a repris le contrôle d’Almaza à Heineken, cette fois c’est Butec (Butec Group Holding Limited), un groupe de construction et de services appartenant à la famille Younès, qui a annoncé...

commentaires (1)

Hehehe C'est utile finalement de jouer les carpettes chez Gebran Bassil ....

Michel Trad

08 h 18, le 24 janvier 2022

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Commentaires (1)

  • Hehehe C'est utile finalement de jouer les carpettes chez Gebran Bassil ....

    Michel Trad

    08 h 18, le 24 janvier 2022

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