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Yémen fout...

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle a vachement traîné, la crise d’adolescence des représentants politiques chiites de cette République de peu. Plus un jour ne passe sans que l’un d’eux n’y aille de sa saillie, question sans doute de s’assurer qu’on ne l’oubliera pas de sitôt. Ainsi en est-il de Naïm Kassem, le numéro deux du Parti persan, qui a réussi la gageure de rendre Hassan Nasrallah sympathique en invitant ceux qui ne sont pas contents à dégager. Avant lui, c’était « l’expert indépendant » Abbas Hajj Hassan, membre distingué du fan-club d’Istiz Nabeuh et accessoirement ministre de l’Agriculture, qui s’est cru obligé de donner son avis sur la guerre au Yémen alors que personne ne lui avait jamais rien demandé. Bref, un homme éduqué, présentant bien, certainement bardé de diplômes, venu tout foirer en s’affublant de l’étiquette verte torchonnée façon Amal, qui va lui coller au front telle une pastille. Indiscutablement, ce ministre est pour la prise de la pastille.

En fait, il n’y a pire politicien qu’un subordonné de politicien. Mais il y a bien pire, et dans toutes les écuries sans exception. Pas un dirigeant indigène qui n’ait son larbin privé lequel généralement ne lésine pas sur la quantité de cirage à appliquer sur les mocassins de son patron. Ça n’a l’air de rien, mais le boulot est a priori exaltant : ouvrir la portière du 4 x 4, rapide génuflexion au passage du Maître, chauffer la salle pendant les pince-fesses occasionnels, fermer la portière du

4 x 4, cou-couche panier avec les domestiques à la fin du raout.

Même cinéma affairé au sein du Parti barbu, dont le demi-dieu exotique préside sans jamais se marrer aux destinées d’un Komintern religieux très opaque. Ce qui lui donne l’air sinistre et compassé de celui qui est investi d’un pouvoir discrétionnaire. Près de 30 ans à la tête de cette formation guillerette, et il ne s’est jamais trouvé un cadre pour lui souffler que pour être aimé, faut d’abord commencer par être aimable. Près de lui sur le tapis persan, les soviets de cheikhs, sa garde prétorienne perso chargée de faire barrage à des valeurs aussi décadentes que la liberté, la démocratie ou l’alternance politique.

À quelques mois des législatives, les Libanais s’empiffrent entre-temps de sondages qui leur prédisent déjà à quelle sauce ils vont être mangés. En bons cobayes, ils prennent la pose devant les poseurs de sonde, dégustent les questions, mitonnent les réponses puis se prennent en pleine figure des résultats généralement conformes aux fantasmes de celui qui a financé la consultation.

Hochets dérisoires qu’on agite devant une population qui s’attend au pire. Mais quand le pire arrive, on se rend compte finalement qu’il n’est jamais pire que le pire qui le suivra.

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Le moins qu’on puisse dire est qu’elle a vachement traîné, la crise d’adolescence des représentants politiques chiites de cette République de peu. Plus un jour ne passe sans que l’un d’eux n’y aille de sa saillie, question sans doute de s’assurer qu’on ne l’oubliera pas de sitôt. Ainsi en est-il de Naïm Kassem, le numéro deux du Parti persan, qui a réussi la gageure de...

commentaires (4)

Réalisme attristant...

Wlek Sanferlou

14 h 40, le 19 décembre 2021

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Commentaires (4)

  • Réalisme attristant...

    Wlek Sanferlou

    14 h 40, le 19 décembre 2021

  • "Même cinéma affairé au sein du Parti barbu, dont le demi-dieu exotique préside sans jamais se marrer aux destinées d’un Komintern religieux très opaque. " Il s'agit, à n'en pas douter, d'un Khomeintern religieux, représentant de facto du "saheb az-zaman" indéfiniment attendu: raison de plus pour aller "voir ailleurs"!

    Georges MELKI

    11 h 54, le 18 décembre 2021

  • D’un réalisme à couper le souffle. C’est malheureusement notre réalité

    Nicole Sayegh

    10 h 50, le 18 décembre 2021

  • Réalisme décrit d’une manière superbement acérée. Comme d’habitude.

    Walid Tabet

    18 h 17, le 17 décembre 2021

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