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Politique - Diplomatie

A Chypre, le pape se dit "très préoccupé" par la crise au Liban

Pour Béchara Raï, qui a rencontré le souverain pontife à Nicosie, "le principal problème au Liban est politique. Viennent ensuite les problèmes sociaux et économiques".

Le pape François serrant la main du patriarche maronite Mgr Béchara Raï, à la cathédrale maronite Notre-Dame de Grâce de Nicosie, à Chypre, le 2 décembre 2021. Photo Andreas SOLARO / AFP

Le pape François s'est dit "très préoccupé" jeudi à Chypre par la crise sociale, économique et humanitaire que traverse le Liban voisin, lors d'un discours en la cathédrale maronite Notre-Dame de Grâce de Nicosie, où il a rencontré le patriarche Béchara Raï dès son arrivée sur l'île méditerranéenne.

"Quand je pense au Liban, je suis très préoccupé par la crise dans laquelle il se trouve et je ressens la douleur d'un peuple fatigué et éprouvé par la violence et la souffrance", a-t-il déclaré quelques heures après son arrivée sur l'île où il effectue une visite de deux jours, ajoutant "porter dans (sa) prière le désir de paix qui monte du cœur de ce pays", situé à 160 km de Chypre. "Pour construire un avenir digne de l'Homme, il faut travailler ensemble, dépasser les divisions, abattre les murs et cultiver le rêve de l'unité", a encore déclaré François dans la cathédrale. "Nous avons besoin de (...) marcher ensemble", a-t-il poursuivi, évoquant la Méditerranée comme "une mer qui a bercé tant de civilisations, une mer d'où débarquent, aujourd'hui encore, des personnes, des peuples et des cultures de toutes les parties du monde". 

En juillet, François avait appelé les Libanais à ne pas perdre confiance, pressant pour des "solutions urgentes" à la crise et promettant de se rendre au Liban.

Fanfare et tapis rouge
A son arrivée à Chypre dans l'après-midi, où il doit rester pour une visite de deux jours, le pape avait été accueilli par les autorités avec une fanfare et un tapis rouge à sa descente de l'avion, sous un grand soleil. "Bienvenu à Chypre !", "Pape François, on vous aime !", a chanté un groupe d'enfants dont l'un portait un drapeau libanais. "Priez pour le Liban !", ont-ils également entonné.

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Selon des responsables de l'Église maronite, un millier de Libanais sont venus à Chypre pour l'occasion. Le pape devrait évoquer la crise au Liban, pays plongé dans une crise socio-économique sans précédent. Les maronites chypriotes, descendants de Libanais et de Syriens qui ont migré vers l'île dès le VIIIe siècle, constituent moins de 1% de la population de Chypre.

Plus tôt dans la journée, le patriarche maronite avait déclaré, lors d'un entretien avec l'archevêque orthodoxe de Chypre, Chrysostome II, que "le principal problème au Liban est politique. Viennent ensuite les problèmes sociaux et économiques". "La solution n'est pas entre nos mains. Le peuple est d'un côté, et la politique de l'autre", a-t-il déploré. "Mais nous croyons toujours que notre pays est le pays de la liberté, de l'ouverture, du vivre-ensemble et de la démocratie et nous espérons qu'il se redressera", a dit Mgr Raï. Depuis octobre dernier, le gouvernement libanais du Premier ministre Nagib Mikati ne se réunit plus, en raison de conflits politiques entre ses membres.

"Lacération" de Chypre
Après la rencontre à la cathédrale Notre-Dame de Grâce, le e souverain pontife a rencontré le président Nicos Anastasiades, abordant notamment la division de l'île. "La blessure dont souffre le plus cette terre est la terrible lacération subie au cours des dernières décennies (...) Le chemin de la paix, qui guérit les conflits (...) est balisé par un mot : dialogue", a déclaré le pape.

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L'île est divisée depuis l'invasion du nord de Chypre par l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs souhaitant rattacher l'île à la Grèce. La République de Chypre n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île à majorité hellénophone.

Ersin Tatar, le président de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), a accusé jeudi les autorités chypriotes d'utiliser la visite du pape pour atteindre des "buts politiques contre la Turquie et la RTCN".

Réconciliation et unité
Le pape a par ailleurs mis en garde contre les "murs de la peur" et les "intérêts nationalistes" qui entravent la coopération européenne. "Le continent européen a besoin de réconciliation et d'unité (...)", a-t-il plaidé.

Vendredi matin, le pape célébrera une messe publique au stade municipal de Nicosie avec quelque 7.000 fidèles, selon les organisateurs. C'est le seul événement auquel pourra participer la communauté catholique latine de Chypre, composée d'environ 25.000 membres - aujourd'hui majoritairement des travailleurs immigrés asiatiques et des réfugiés africains. Plus de 500 policiers seront mobilisés à cette occasion.

Vendredi soir, le pape présidera une prière œcuménique à laquelle un groupe de migrants a été invité. Selon les autorités chypriotes, il pourrait permettre à des migrants de rejoindre Rome. En 2016, il avait déjà ramené à Rome trois familles syriennes de Lesbos (Grèce), principal point d'entrée des migrants en Europe.

La République de Chypre affirme que quelque 10.000 migrants en situation irrégulière sont arrivés au cours des dix premiers mois de l'année, la plupart depuis le nord de l'île. Rapporté à sa population, elle enregistre le plus grand nombre de primo-demandeurs d'asile en Europe.

Le dialogue avec les orthodoxes, séparés de l'église catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople, sera également à l'ordre du jour. Le pape rencontrera vendredi à l'archevêché Chrysostome II, primat de l'Eglise orthodoxe locale. 


Le pape François s'est dit "très préoccupé" jeudi à Chypre par la crise sociale, économique et humanitaire que traverse le Liban voisin, lors d'un discours en la cathédrale maronite Notre-Dame de Grâce de Nicosie, où il a rencontré le patriarche Béchara Raï dès son arrivée sur l'île méditerranéenne."Quand je pense au Liban, je suis très préoccupé par la crise dans laquelle il...

commentaires (3)

Il y’a encore le schisme ? Je croyait qu’on s’est réconcilié depuis Paul VI…..

Eleni Caridopoulou

00 h 10, le 03 décembre 2021

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Commentaires (3)

  • Il y’a encore le schisme ? Je croyait qu’on s’est réconcilié depuis Paul VI…..

    Eleni Caridopoulou

    00 h 10, le 03 décembre 2021

  • Et la visite tant attendue de Sa Sainteté au Liban toujours partie remise ? Il ne viendra donc qu'une fois la paix onstaurée .

    Chucri Abboud

    20 h 58, le 02 décembre 2021

  • A Chypre comme au Liban il faudra trouver une solution pour la crise des migrants qui change petit à petit l ' identité du pays

    Antoine Sabbagha

    18 h 23, le 02 décembre 2021

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