Autant l’opposition issue de la société civile a remporté haut la main l’élection à l’ordre des ingénieurs, autant elle s’est pris une sacrée gamelle dans les grandes largeurs au scrutin de l’ordre des avocats. On s’était pourtant dit que le laboratoire avait mûri : des milliers de personnes battant la semelle à travers le pays depuis fin 2019, souveraineté, liberté, indépendance, koullouna et naninanère… Puis bernique, comme d’habitude : redistribution de cartes, mesquineries, pinaillages, ego surdimensionnés… et l’on se retrouve indépendants et opposants, gros clans comme devant. Habemus bordelum ! Le marigot libanais déborde, n’en jetez plus !
Ces nouveaux venus, censés succéder aux ancêtres déliquescents avachis sur leurs trônes communautaires, sont venus à leur tour se crêper le toupillon et se castagner autour de quelques strapontins, question de bien démontrer qu’ils seront bientôt pires que leurs aînés. D’ailleurs, comment diable peuvent se pacser des intellectuels notoires, des démocrates modernes, des féministes éclairées, avec des communistes calcifiés, des crypto barbus et des baassistes revanchards ?
Et puis, que vient faire la bisbille politique dans une élection professionnelle ? Quand viendra un client pour régler un contentieux commercial ou immobilier, peu lui chaut de savoir si son avocat fraternise avec les roitelets des sables en faisant le signe de la croix, ou s’il veut récupérer les fermes de Chebaa en psalmodiant des versets du Coran. Mais tout espoir n’est pas perdu. Le temps de digérer l’anaconda, les neuneus recalés à l’ordre des baveux pourront toujours briguer la présidence d’un syndicat de copropriété dans un immeuble de quartier.
Et dire que tout cela est supposé préfigurer les prochaines législatives. Si c’est pour s’étaler de la même manière, on peut se demander si cela vaudra la peine de perdre une journée de congé pour aller se frotter aux bouviers des FSI, renifler leurs dessous de bras, prendre une vérolée de coups puis se faire jeter dans un isoloir insalubre, un bulletin en papier mâché à la main...
Ceux qui sont à l’origine de la branlée mémorable de samedi dernier auront au moins compris la leçon : ne jamais prendre les politiciens traditionnels pour des cons… mais ne jamais oublier qu’ils le sont.
gabynasr@lorientlejour.com


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"Puis bernique, comme d’habitude : redistribution de cartes, mesquineries, pinaillages, ego surdimensionnés… et l’on se retrouve indépendants et opposants, gros clans comme devant. Habemus bordelum ! Le marigot libanais déborde, n’en jetez plus !" C'est, comment dirais-je, un sacré "coïtus interruptus"!
13 h 55, le 29 novembre 2021