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Économie - Crise

Négociations Liban/FMI : les points mis en avant par Riad Salamé dans la presse

Le Liban n’a pas encore transmis au FMI les données relatives au montant des pertes financières du pays, mais travaille « dur » pour signer un « mémorandum d’accord » avec l’organisation d’ici à la fin de l’année, selon le gouverneur de la Banque centrale.

Négociations Liban/FMI : les points mis en avant par Riad Salamé dans la presse

Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo d’archives Joseph EID/Getty Images/AFP

Interrogé mardi soir par Reuters, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, s’est exprimé sur l’état d’avancée des discussions entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) que le pays a sollicité en 2020 afin de décrocher une assistance financière devant servir à financer sa sortie de crise.

Le gouverneur a d’abord indiqué que le Liban n’avait pas encore transmis au FMI les données relatives au montant des pertes financières du pays, mais qu’il travaillait « dur » pour signer un « mémorandum d’accord » avec l’organisation d’ici à la fin de l’année. Cette échéance a été fixée par le Premier ministre Nagib Mikati, toujours selon Riad Salamé.

La communication de ces données de manière unifiée, côté libanais, concernant les pertes ainsi que la façon de les répartir entre les différentes parties (État, banques et BDL) s’inscrivent dans le cadre des discussions techniques entre le Liban et l’organisation qui ont repris depuis la formation du gouvernement de Nagib Mikati, en septembre dernier. Cette phase constitue un préalable décisif au démarrage des négociations à proprement parler. « Nous sommes encore au stade de la collecte des données demandées par le FMI et la question des pertes ne sera pas un obstacle aux négociations, du moins en ce qui concerne la Banque centrale », a déclaré le gouverneur. Une déclaration interprétée par Reuters comme le signe que la BDL acceptera les données sur les pertes que le gouvernement aura déterminées.

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En juillet 2020, le FMI avait mis fin aux discussions entamées deux mois plus tôt par l’exécutif de Hassane Diab, précisément en raison des divergences sur l’approche pour répartir et calculer les pertes entre l’exécutif d’un côté – qui avait préparé un plan de redressement avec l’aide du cabinet international Lazard recruté en février – et de l’autre les banques, la BDL et certains députés. Les contacts n’ont repris qu’au début de cet automne, peu après que le nouveau gouvernement eut nommé une nouvelle équipe de négociateurs.

Lundi soir, le ministre de l’Économie et du Commerce, Amine Salam, avait déclaré que les pertes étaient estimées à « 55 milliards de dollars » en « moyenne » (contre environ l’équivalent de 70 milliards selon le plan Lazard qui s’était basé sur un taux de change de 3 500 livres pour un dollar). Le ministre avait ajouté que ces pertes devraient être supportées par « l’État, la BDL et les banques » dans des proportions allant de « 30 à 35 % » par entité, avant d’ajouter que les déposants, qui doivent en principe être intégrés dans le groupe des banques, ne devraient pas supporter plus de « 10 % » du fardeau.

2,5 milliards de dollars

Parmi les autres points soulevés, Riad Salamé a jugé que l’adhésion du Liban à un programme d’assistance financière du FMI était essentielle pour sortir le pays de la crise. Il a également noté que les mécanismes de subventions sur les importations qui étaient encore actifs (seuls ceux sur le blé, certains médicaments et une version à la voilure très réduite pour l’essence) devraient obliger la BDL à fournir 2,5 milliards de dollars de financement pour les 12 prochains mois, dont 300 à 500 millions pourraient provenir des fonds échangés via sa plateforme Sayrafa – où les agents de change, les banques, ainsi qu’une des sociétés de transfert d’argent opérant au Liban enregistrent les opérations de change.

La BDL rachète aux opérateurs concernés une partie des dollars vendus par les clients. Ces fonds servent en principe à alimenter ses réserves de devises, qui sont actuellement à 14 milliards de dollars, selon les déclarations du gouverneur à Reuters. Ces réserves ont récemment été renforcées avec plus d’un milliard de dollars issus des droits de tirages spéciaux du FMI (les DTS, un mécanisme qui n’a aucun lien avec les programmes d’assistance financière de l’organisation).

Les mécanismes de subventions ont presque tous été mis unilatéralement en place par la BDL dès le début de la crise à l’automne 2019 pour officiellement limiter la hausse des prix en livres de plusieurs biens importés provoquée par l’effondrement de la monnaie nationale. Ils sont considérés par certaines voix critiques comme « la continuité de la politique monétaire mise en œuvre par la BDL dans les années 1990, qui a consisté à fixer le taux de change entre la livre et le dollar malgré sa surévaluation croissante manifeste ».

Enfin, le gouverneur a rejeté tous les griefs le visant dans le cadre des différentes enquêtes ouvertes au Liban, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, au Liechtenstein et au Luxembourg, sur sa fortune personnelle et celle de son entourage. Il n’a cependant toujours pas accepté de dévoiler le rapport d’audit de ses comptes personnels qu’il affirme avoir fait réaliser par le cabinet BDO, Semaan, Gholam & Co et transmis au Premier ministre.


Interrogé mardi soir par Reuters, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, s’est exprimé sur l’état d’avancée des discussions entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) que le pays a sollicité en 2020 afin de décrocher une assistance financière devant servir à financer sa sortie de crise. Le gouverneur a d’abord indiqué que le Liban n’avait...

commentaires (4)

Des nouvelles du Pandora paper et l argent des libanais transféré dans des paradis fiscaux ? allez vous nous rendre notre argent ? Le liban est dirigé par une mafia et le peuple est pris en otage à tous les niveaux.

WEHBE KEBA richard

21 h 39, le 25 novembre 2021

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Commentaires (4)

  • Des nouvelles du Pandora paper et l argent des libanais transféré dans des paradis fiscaux ? allez vous nous rendre notre argent ? Le liban est dirigé par une mafia et le peuple est pris en otage à tous les niveaux.

    WEHBE KEBA richard

    21 h 39, le 25 novembre 2021

  • poursuivi de tous cotes ? oui bon ! mais avait il- a t il toujours- des associes parmi les Kellon et les divers cartels locaux oui ou quoi ? et qu'en est il de ceux la, libres comme l'air ?

    Gaby SIOUFI

    11 h 29, le 25 novembre 2021

  • Toutes ces crapules bancaires et ces canailles politichiennes devraient etre en prison. Au lieu de quoi ils "negocient" avec le FMI. Kellon ya3ne kellon....

    Michel Trad

    19 h 59, le 24 novembre 2021

  • Et il continue à parler comme si de rien n’était..! Avec huit instructions , devant huit tribunaux , dans huit pays européens, pour blanchiment d’argent…! Jusqu’à quand ?

    LeRougeEtLeNoir

    19 h 32, le 24 novembre 2021

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