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Économie - Réformes au Liban

Audit de la BDL : le volet juricomptable ne tiendrait plus qu’à un fil

Une « source officielle » citée par Reuters indique qu’A&M a menacé « quelques jours plus tôt » de résilier une nouvelle fois son contrat dans le cas où elle ne recevrait pas les informations demandées à la BDL.

Audit de la BDL : le volet juricomptable ne tiendrait plus qu’à un fil

Le président de la République, Michel Aoun (d), s'entretenant avec le minsitre des Finances, Youssef Khalil (c), et le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, le 24 novembre 2021 à Baabda. Photo Dalati et Nohra

La Banque du Liban (BDL) a-t-elle vraiment répondu de manière positive à toutes les requêtes du cabinet d’audit Alvarez & Marsal (A&M), comme elle l’a assuré mardi dans un communiqué, ainsi qu’à une partie des demandes de clarifications adressées dans un second temps par le cabinet ? Il était en tout cas permis d’en douter mercredi après que le chef d’État, Michel Aoun, a appelé, lors d’une réunion organisée en matinée, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, et le ministre des Finances et ancien cadre de la banque centrale, Youssef Khalil, à fournir « toutes les données et tous les documents réclamés » par le cabinet international afin que celui-ci puisse commencer sans tarder sa mission d’audit juricomptable des comptes de la banque centrale.

La réunion, à laquelle a également participé l’ancien ministre et conseiller de Michel Aoun, Salim Jreissati, était en effet consacrée aux nouvelles difficultés rencontrées par A&M pour obtenir les éléments demandés. Selon le communiqué de Baabda, Michel Aoun a mis en avant les « répercussions négatives à tous les niveaux » en cas de nouvel échec de l’opération, tandis que ses interlocuteurs – le ministre des Finances est supposé servir d’intermédiaire entre A&M et la BDL – ont assuré faire « ce qu’il faut, aussi rapidement que possible ».

Informations lacunaires

Dans un tweet, le député des Forces libanaises et président de la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice, Georges Adwan, a déclaré qu’A&M avait jugé que les informations qui lui avaient été transmises étaient « lacunaires » et « dérogeaient à ce qui avait été convenu en amont du renouvellement du contrat » entre le cabinet et l’État libanais. Le parlementaire a ajouté que le « délai de 15 jours » imposé par le cabinet pour obtenir les informations manquantes avait expiré il y a « deux jours ». Enfin, une « source officielle » citée par Reuters a indiqué qu’A&M avait menacé « quelques jours plus tôt » de résilier une nouvelle fois son contrat dans le cas où elle ne recevrait pas les informations demandées à la BDL, confirmant ainsi certaines informations de presse parues mardi. Contactée, une source à Baabda n’a pas donné plus de précisions sur la teneur des engagements pris par Riad Salamé et Youssef Khalil. La représentation d’A&M au Liban n’a pas répondu à nos sollicitations, tandis que la BDL et le ministère des Finances n’ont pas fait de commentaires.

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L’audit juricomptable consiste à retracer l’historique des transactions réalisées via l’institution pour détecter d’éventuelles fraudes. Il s’agit d’un des trois volets de l’audit que l’État libanais a décidé de confier à autant d’auditeurs internationaux dès 2020, avec le volet comptable assuré par KPMG et celui visant spécifiquement à contrôler les pratiques de la BDL, par rapport à celles très spécifiques des banques centrales, à Oliver Wyman. Les trois cabinets avaient été mandatés pour la première fois en septembre 2020 mais A&M avait finalement jeté l’éponge en novembre de la même année après que la BDL eut refusé, en invoquant la loi sur le secret bancaire, de lui transmettre plus de la moitié des informations nécessaires pour lancer l’audit juricomptable à proprement parler.

Après ce désistement, le Parlement s’était mobilisé pour demander l’extension de l’audit aux comptes des institutions publiques et de voter fin décembre une loi levant le secret bancaire pendant un an sur ces comptes et ceux de la BDL. Une initiative considérée comme inutile et assimilée à une tentative de gagner du temps par plusieurs experts, dont la ministre de la Justice à cette époque, Marie-Claude Najm. Passé ce point, son homologue des Finances, Ghazi Wazni, avait repris les discussions avec A&M, lesquelles n’ont abouti qu’en septembre dernier. Un nouveau contrat, comportant certaines modifications par rapport au premier (détaillées dans un article de L’Orient-Le Jour publié le 4 octobre dernier), a été signé en septembre. Le cabinet a officiellement démarré sa mission le 20 octobre.

Peu d’informations ont filtré sur ce dossier jusqu’à mardi. Le quotidien Nida’ el-Watan avait alors rapporté qu’A&M envisageait de résilier dans « les 24 heures » son contrat face au refus de la BDL de lui fournir certaines des informations demandées. La BDL a réagi dans la journée, sans faire allusion à cet article, en assurant avoir répondu « le 21 octobre » aux requêtes du cabinet transmises « fin septembre » par le ministre des Finances, en soumettant « 900 mégabits d’informations » qui sont désormais stockées sur un ordinateur au sein du ministère. L’institution a de plus affirmé avoir donné suite à une partie des clarifications demandées par le cabinet et qui ont été transmises le 11 novembre par le ministre des Finances, ajoutant qu’elle était en train d’étudier celles auxquelles elles n’avaient pas encore donné suite.


La Banque du Liban (BDL) a-t-elle vraiment répondu de manière positive à toutes les requêtes du cabinet d’audit Alvarez & Marsal (A&M), comme elle l’a assuré mardi dans un communiqué, ainsi qu’à une partie des demandes de clarifications adressées dans un second temps par le cabinet ? Il était en tout cas permis d’en douter mercredi après que le chef d’État,...

commentaires (4)

Qui peut penser un seul instant que le gouverneur actuel de la BdL qui fait l’objet de plusieurs enquêtes financières dans plusieurs pays européens, qui a été pris la main dans le sac par les douanes françaises au Bourget, va donner des documents qui vont prouver qu’il a détourné à son profit des millions de dollars, qu’il a menti sur les comptes de la BdL qu’il a sans doute trafiqué par ses opérations dites d’ingénierie financière qui ne sont que des tours de passe passe à la David Copperfield pour voler d’avantage et permettre à la crasse politique et aux banquiers d’en faire autant.

Censuré par l’OLJ

09 h 08, le 25 novembre 2021

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Commentaires (4)

  • Qui peut penser un seul instant que le gouverneur actuel de la BdL qui fait l’objet de plusieurs enquêtes financières dans plusieurs pays européens, qui a été pris la main dans le sac par les douanes françaises au Bourget, va donner des documents qui vont prouver qu’il a détourné à son profit des millions de dollars, qu’il a menti sur les comptes de la BdL qu’il a sans doute trafiqué par ses opérations dites d’ingénierie financière qui ne sont que des tours de passe passe à la David Copperfield pour voler d’avantage et permettre à la crasse politique et aux banquiers d’en faire autant.

    Censuré par l’OLJ

    09 h 08, le 25 novembre 2021

  • Youssef El Khalil est le valet de Riad Salame et de Nabih Berry. Il ne faut rien en attendre sauf l'obstruction pour proteger la canaille politichienne corrompue qui a fait fuir ses avoirs a l'etranger avec le concours des crapules bancaires. Quand au camp CPL leur boulot c'est de jeter de la poudre aux yeux. Kellon ya3ne Kellon....

    Michel Trad

    20 h 06, le 24 novembre 2021

  • Qu’ils prennent les auditeurs de Riad Salamé…! Il leur donnera un blanc-seing immédiatement.. Pourquoi tourner en rond et dépenser tellement d’argent ! hahahaha

    LeRougeEtLeNoir

    17 h 49, le 24 novembre 2021

  • Comme s’il tenait déjà pour commencer ! Sauf que le bluff se joue à coup de millions de dollars le coup..!

    LeRougeEtLeNoir

    17 h 48, le 24 novembre 2021

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