Walid Joumblatt prononçant son discours lors du 48e congrès du Parti socialiste progressiste.
Le leader druze Walid Joumblatt a plaidé samedi pour le maintien de « ce qui reste des relations libano-arabes » et souligné que son « souci a toujours été et restera la pérennité de Moukhtara et du parti, quelles que soient les pressions militaires, sécuritaires et politiques ». M. Joumblatt a tenu ces propos dans le discours qu’il a prononcé à Aïn Zhalta dans le Chouf, à l’occasion du 48e congrès général du Parti socialiste progressiste.
Dans ce discours, Walid Joumblatt a évité de prendre position dans les conflits et la polarisation politiques qui ont marqué les graves crises successives qui secouent le Liban, à l’exception cependant du soulèvement populaire, puisqu’il l’a commenté pour expliquer les raisons pour lesquelles il ne l’avait pas soutenu, et de son appel laconique à la préservation des relations avec les pays du Golfe. Il s’est étendu en revanche sur les principales étapes des événements non moins graves que le Liban a connus depuis la guerre, mettant en relief « le rôle destructeur assumé à certains moments par la Syrie ».
C’est ainsi qu’il a expliqué que le PSP mène « une bataille existentielle depuis 44 ans, faisant face à un défi après l’autre ». « Mon souci a toujours été et restera la pérennité de Moukhtara et du parti, quelles que soient les pressions militaires, sécuritaires et politiques. Mon souci est cette bataille existentielle qui a commencé par la liquidation de Bachir Joumblatt aux mains de Bachir el-Chéhabi jusqu’à l’assassinat de Kamal Joumblatt par Hafez el-Assad. (….) Je savais que la bataille militaire n’allait pas prendre fin avec l’entrée au Liban des troupes syriennes contre laquelle Kamal
Joumblatt avait mis en garde dans une lettre qu’il avait adressée à Hafez el-Assad deux semaines avant sa mort », a-t-il dit, en expliquant qu’« il avait dû par la suite sceller un compromis nécessaire avec le régime syrien pour défendre l’arabité et la cause palestinienne ».
Il a rappelé que le PSP avait été le premier à avoir réclamé un redéploiement des troupes syriennes, en prélude à leur retrait du Liban et l’application de l’accord de Taëf, après la libération du Liban-Sud de l’occupation israélienne en 2000. « Mais c’est à ce moment que de nouvelles cartes de Chebaa et des collines de Kfarchouba, dont l’appartenance territoriale fait l’objet d’un débat qui sert de prétexte pour le Hezbollah afin de maintenir ses armes, en arguant qu’il s’agit d’un territoire libanais occupé, sont apparues au détriment des véritables anciennes cartes », a-t-il déploré.
Dans une interview à Russia Today en avril 2019, M. Joumblatt avait affirmé qu’après la libération du Liban-Sud, « des officiers libanais ont entrepris, en collaboration avec la Syrie, de modifier les cartes géographiques pour faire en sorte que les fermes de Chebaa et Wadi el-Assal (à la frontière avec le Golan) soient intégrés au territoire libanais, afin de garder le prétexte d’une terre occupée qu’il fallait libérer à tout prix ». « Les fermes de Chebaa ne sont pas libanaises. En théorie, c’est nous qui les occupons », avait-il assuré.
L’enquête sur l’explosion au port
S’il a évité d’aborder les crises politiques qui ont accentué la crise économique et financière, M. Joumblatt a été très critique à l’égard du soulèvement du 17 octobre 2019 « auquel j’ai refusé de m’associer parce qu’il ne proposait que des slogans populistes et aucun mécanisme de changement véritable ». Ce mouvement de protestation « a créé une rancune injustifiée entre les générations et a essayé de provoquer une rupture entre le passé et le présent, chose qu’il a réussi à un certain point », a-t-il déploré, en soulignant « la puissance de la machine médiatique et politique locale et internationale qui l’a accompagné et le vaste soutien populaire qui a débouché sur une fragmentation énorme, jusqu’à l’explosion au port » de Beyrouth.
Dans ce contexte, il a indiqué qu’il avait été « parmi les premiers à appeler à une commission d’enquête internationale ». « Mais à l’occasion de la première commémoration du drame, certains ont lancé des accusations contre nous et nous ont traités de traîtres », a regretté le chef druze.
Lors du 48e congrès du PSP samedi, sous le thème « Pas de réformes sans souveraineté », le parti de Walid Joumblatt a publié sa feuille de route économique et politique, lue par le secrétaire général du parti, Zafer Nasser. Ce document est le fruit de débats et de propositions émises par les différentes branches régionales du parti au Liban. À cette occasion, M. Joumblatt a fait savoir que sa formation comptait ériger un monument à la mémoire des « martyrs de Souk el-Gharb », tombés lors de combats dans cette région du caza de Aley durant la guerre civile de 1975-1990.



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18 h 12, le 01 novembre 2021