Rechercher
Rechercher

Société - Réfugiés syriens

Lors d'une visite au Liban, le haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés appelle la communauté internationale à intensifier son soutien

"Le soutien fourni dans le cadre de cette situation dramatique (au Liban) est insuffisant", estime Filippo Grandi.

Lors d'une visite au Liban, le haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés appelle la communauté internationale à intensifier son soutien

Le haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés Filippo Grandi, lors d'une tournée dans un campement de réfugiés syriens à Zahlé, dans la Békaa, le 15 octobre 2021. Photo fournie par notre correspondant Michel Hallak

Le Haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés, Filippo Grandi, a effectué une visite de deux jours au Liban, jeudi et vendredi, au cours de laquelle il s'est rendu auprès de réfugiés syriens installés dans un campement à Zahlé dans la Békaa, et a appelé la communauté internationale à intensifier son soutien à la population libanaise et aux réfugiés syriens que le pays, en grave crise, accueille depuis 2011.

"Je suis en visite au Liban durant une période très difficile", a reconnu M. Grandi pendant sa visite, selon un communiqué publié par le Haut-commissariat et rapporté par notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak. "La population libanaise et les réfugiés souffrent, alors que la crise politique, économique et financière, impacte tout le monde", a indiqué M. Grandi, qui s'est entretenu durant son séjour avec le chef de l'Etat, Michel Aoun, le Premier ministre, Nagib Mikati, et le président du Parlement, Nabih Berry, ainsi qu'avec des ministres et responsables, afin de ''trouver les moyens d'améliorer le soutien à la population libanaise et aux Syriens dans le pays".

Lire aussi

Traversées désespérées : pour de nombreux Libanais et Syriens, la route maritime vers Chypre offre de faux espoirs

Le Liban est en proie, depuis 2019, à l'une des pires crises socio-économiques dans le monde depuis plus d'un siècle, selon la Banque Mondiale. Plus des trois-quarts de la population vivent désormais dans la pauvreté, victimes d'une hyperinflation vertigineuse et de pénuries en tous genres. La pandémie de coronavirus, l'explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août 2020 et la crise politique qui a duré plus d'un an ont aggravé cette situation.

Avec la guerre civile déclenchée en 2011, 6,6 millions de Syriens se sont réfugiés à l'étranger, s'installant dans leur écrasante majorité dans les pays voisins, notamment la Turquie et le Liban. Le Pays du Cèdre affirme accueillir sur son sol 1,5 million de Syriens, dont près d'un million inscrits auprès de l'ONU en tant que réfugiés. Après avoir enchaîné les reconquêtes grâce à l'appui militaire de Moscou et de Téhéran, et tandis que les combats ont baissé en intensité, le régime de Damas cherche à promouvoir l'image d'une Syrie sûre, encourageant le retour des réfugiés. Plusieurs initiatives, menées avec le Liban voisin ou parrainées par l'allié russe, ont cherché à organiser ces retours, malgré les avertissements répétés des ONG.

Appel urgent

Trois agences de l’ONU se sont récemment alarmées de la situation des réfugiés syriens au Liban, qui sont gravement impactés par la crise économique inédite que traverse le pays, soulignant que leurs conditions de vie "se détériorent rapidement" et que neuf réfugiés sur dix vivent dans une pauvreté extrême.

"Je lance un appel urgent à la communauté internationale, afin qu'elle en fasse davantage pour les réfugiés et les communautés libanaises d'accueil. Le soutien fourni dans le cadre de cette situation dramatique est insuffisant", a estimé M. Grandi. "Les familles sont désespérées. Des réfugiés m'ont raconté que des garçons de 12 ans ne vont plus à l'école, car ils doivent travailler pour soutenir leurs proches", a-t-il regretté. "Des mères m'ont dit que lorsque leurs enfants sont malades, elles doivent choisir lequel aura le droit de prendre des médicaments", a-t-il encore relaté. "Ce choix, aucune mère ne devrait avoir à le prendre, mais malgré cela de nombreux réfugiés et des Libanais se trouvent aujourd'hui dans cette situation".

"Si la majorité des réfugiés expriment le souhait de rentrer chez eux, la plupart ne l'ont toujours pas fait. Il est important que nous continuions à travailler avec les parties concernées -le gouvernement syrien, les pays d'accueil et les donateurs- pour traiter les obstacles qui empêchent ce retour, et pour créer un environnement qui permettrait un retour sûr et volontaire en Syrie", a plaidé M. Grandi. "Cela implique d'augmenter l'aide humanitaire en Syrie même (...)", a-t-il conclu.

Filippo Grandi a quitté le Liban vendredi et s'est rendu dans la Syrie voisine, par voie terrestre, où il doit s'entretenir avec des responsables syriens de la crise humanitaire et des moyens d'y faire face.


Le Haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés, Filippo Grandi, a effectué une visite de deux jours au Liban, jeudi et vendredi, au cours de laquelle il s'est rendu auprès de réfugiés syriens installés dans un campement à Zahlé dans la Békaa, et a appelé la communauté internationale à intensifier son soutien à la population libanaise et aux réfugiés syriens que le pays, en grave...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut