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Inventaire éventé

En attendant la guignolade des pourparlers entre le FMI et nos épiciers maison, il serait quand même utile de dresser l’inventaire de ce que sont les passifs de la bananeraie locale que le Mikou du Sérail et son équipe tentent de restructurer. Avec une seule idée en tête : le pognon. Sauf que les créanciers qui leur cavalent derrière pensent eux aussi au pognon… mais en y ajoutant en plus une date. Alors tant qu’à bêler notre infortune à la face des argentiers internationaux, autant comptabiliser le contenu de la benne à ordures.

Garnissant le dessus de la poubelle qui exsude de mille senteurs : Électricité du Liban. Son courant jadis prostatique est désormais atteint de rétention aiguë, après avoir englouti au fil des ans plus de la moitié de la dette publique. Forcément, quand on sait que dans certaines régions privilégiées, ministres, députés et bouviers de la politique tricotaient les câbles de haute tension pour se climatiser la panse sans débourser un fifrelin. Y en a même, dit-on, qui auraient tenté de négocier en douce une liaison directe individuelle avec les barges turques, bercées par les clapotis au large des côtes. Qu’il est loin le temps où le Basileus, croqué dans une bédé bidon financée par himself, fanfaronnait sur ses projets d’énergie renouvelable devant son rejeton émerveillé !

Autre testicule dans le consommé : le réseau des télécoms. Et dire que des gougnafiers se sont étripés pendant des années autour de cette structure déglinguée, que les pouvoirs publics qualifiaient sans vergogne de « pétrole du Liban » !

Comprendre : traire la vache à lait des usagers, en les matraquant de factures équivalentes aux réserves de la Banque d’Angleterre. Avec, au final, un internet filasse et feignasse, et un téléphone cellulaire dont bientôt il ne restera plus que le vibreur pour faire l’économie d’un vibromasseur.

À cela, faudra sans doute ajouter une gestion des déchets façon Marseille ou Calcutta, une eau courante plus polluée que de l’huile de vidange, flirtant allègrement depuis 50 ans avec les canalisations d’égout. Et le Mikati décati n’a pas encore sorti le meilleur : la mauvaise graisse de l’administration publique, cette truellée de fonctionnaires planqués, affublés pour tout diplôme d’un label communautaire, d’un logo partisan… et d’une grille des salaires qu’ils ont engloutie et qui a fini par grillager tout le pays.

Alors bémol les neuneus gorgés d’espoir, et rabattez votre caquet ! Non, il n’y aura pas d’avions estampillés FMI, larguant des confettis de billets verts dans la tirelire cabossée du nouveau ministre du Pognon. Non, il n’y aura ni pince-fesse ni petits fours, et le peu d’argent qui tombera dans l’escarcelle n’aura pas non plus pour objet de gaver les larrons des ministères, d’acheter encore des 4x4 couleur corbillard et graisser les mitraillettes pour l’opérette militaire du 22 novembre.

C’est dur de ne plus jouer les aigles et de voleter avec les dindons...

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En attendant la guignolade des pourparlers entre le FMI et nos épiciers maison, il serait quand même utile de dresser l’inventaire de ce que sont les passifs de la bananeraie locale que le Mikou du Sérail et son équipe tentent de restructurer. Avec une seule idée en tête : le pognon. Sauf que les créanciers qui leur cavalent derrière pensent eux aussi au pognon… mais en y...

commentaires (3)

Vibrant hommage à la clique des masseurs. Votre billet de ce jour est phénoménal, hilarant à souhait.

Christian Samman

23 h 25, le 08 octobre 2021

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Commentaires (3)

  • Vibrant hommage à la clique des masseurs. Votre billet de ce jour est phénoménal, hilarant à souhait.

    Christian Samman

    23 h 25, le 08 octobre 2021

  • Faut pas se leurrer! Au FMI se trouvera face a un DIKTAT. A prendre ou a laisser, pas de negociations.....

    IMB a SPO

    14 h 52, le 08 octobre 2021

  • WAOUH! Excellent

    Sissi zayyat

    11 h 39, le 08 octobre 2021

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