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Politique - Enquête sur l'explosion du 4 août

La séance parlementaire reportée faute de quorum

Des proches des victimes et des journalistes agressés près de Aïn el-Tiné.

La séance parlementaire reportée faute de quorum

"La politique de l'assassinat ne passera pas", peut-on lire sur une pancarte brandie par une femme, le 12 août près du palais de l'Unesco à Beyrouth avant une séance du Parlement autour de l'enquête sur l'explosion du 4 août 2020. Photo Mohammad Yassine

La séance parlementaire destinée à examiner une éventuelle mise en accusation, devant une commission parlementaire, de trois députés poursuivis par le juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, a été reportée jeudi peu avant midi, faute de quorum, après des annonces en série de boycott formulées la veille par différents groupes parlementaires.

Seuls 39 députés (majoritairement issus du Hezbollah et du mouvement Amal) se sont rendus au palais de l'Unesco afin de prendre part à la réunion, a indiqué le secrétaire général du Parlement, Adnan Daher, à la presse. Il aurait fallu 59 élus pour que la séance puisse se tenir. "Le report de la séance retarde la levée des immunités" des députés poursuivis par la justice, avait estimé le vice-président de la Chambre, Elie Ferzli, peu avant la levée de la réunion.

Des proches des victimes agressés dans la nuit
Les proches des victimes et une large frange de la population estiment que cette réunion parlementaire est contraire à la loi et vise à contourner l'enquête judiciaire en cours. Dès le matin, les forces de l'ordre ont barricadé les accès au palais de l'Unesco où était prévue la réunion parlementaire, par crainte de débordements, alors que des proches des victimes, épaulées par des dizaines de manifestants anti-régime, se sont regroupés à proximité pour exprimer leur colère et que des manifestants anti-pouvoir ont bloqué un accès laissé ouvert par la police pour faciliter la circulation, a constaté notre journaliste sur place Mohammad Yassine. Ils ont lancé des insultes à l'encontre du président du Parlement, Nabih Berry. "Nous allons poursuivre notre mobilisation dans la rue en attendant la prochaine séance parlementaire", ont prévenu des proches des victimes, dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Photo Mohammad Yassine

Dès la nuit de mercredi, des familles s'étaient rassemblées près de Aïn el-Tiné, où réside le président du Parlement, afin d'exprimer leur colère contre la classe politique et la tenue de la séance. Plusieurs personnes parmi les contestataires, ainsi qu'au moins trois photojournalistes, ont été agressés par des hommes en civil suspectés d'être des membres de la garde du Parlement ou encore des partisans du président Berry.

Plus loin, à Beyrouth, un groupe de contestataires anti-pouvoir ont pénétré jeudi dans le palais de Justice afin de réclamer une enquête impartiale et transparente sur l'explosion du 4 août 2020. Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et la police, sans faire de blessés.

L'édito de Issa GORAIEB

Une cabale qui en dit long

La double explosion au port de Beyrouth a causé la mort d'au moins 218 personnes et fait des milliers de blessés, en plus de détruire des quartiers entiers de la capitale. Le juge d'instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, avait demandé début juillet la levée de l’immunité des trois députés Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaïter et Nouhad Machnouk, respectivement anciens ministres des Finances, des Travaux publics et de l’Intérieur, ainsi que de l'ancien ministre des Travaux Youssef Fenianos, de juges et de responsables sécuritaires en vue de les inculper pour "éventuelle intention d'homicide, négligence et manquements" à leurs responsabilités. Tentant de court-circuiter cette procédure, plusieurs députés, dont des parlementaires relevant des groupes du président de la Chambre et du leader du courant du Futur Saad Hariri, avaient signé une pétition pour que les responsables en question soient poursuivis devant la Haute cour chargée de juger les ministres et le président de la République. 

Machnouk, Khalil et Fenianos se défendent
Le seul point figurant à l'ordre du jour de cette séance devait donc être la pétition transmise par ce groupe de députés. Si elle venait à être approuvée, la pétition entraînerait dans un premier temps une enquête parlementaire. Le processus pourrait mener à un procès organisé par une commission parlementaire spéciale si deux tiers des députés y sont favorables. Pour Nizar Saghiyé, avocat et directeur exécutif de l'ONG Legal Agenda, l'enquête pourrait se prolonger indéfiniment. Le but de la pétition, a-t-il estimé, est de "créer une enquête parlementaire parallèle et donc de semer la confusion dans l'enquête judiciaire". La procédure est déjà critiquée par les proches des victimes et une large frange de la population.

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Prenant la parole lors de deux conférences de presse distinctes, les députés Ali Hassan Khalil, Nohad Machnouk et Youssef Fenianos se sont défendus. "Nous avons des frères qui sont tombés en martyrs lors de l'explosion au port", a affirmé M. Khalil. "Nous voulons la vérité, loin du populisme. Il est faux de dire que nous sommes attachés à notre immunité parlementaire", a-t-il ajouté. Il a accusé "certains partis politiques d'exploiter le drame du port à des fins électorales". Se disant contre "un double standard concernant la levée des immunités", Ali Hassan Khalil a toutefois affirmé être prêt à se présenter devant la justice.
Quant à Nohad Machnouk, il a estimé que ce qui s'est passé aujourd'hui "n'est pas un défaut de quorum, mais une annulation de la Constitution". "Que les députés se présentent au Parlement pour obtenir la levée des immunités", a-t-il lancé. Il a ensuite qualifié les actions menées par les proches des victimes de "populistes". "Je vais contacter le juge d'instruction afin de faire ma déposition", a également fait savoir le député. Peu après ces déclarations, rapportent des médias locaux, M. Machnouk s'est dirigé au palais de Justice pour s'entretenir avec le juge Bitar. Ce dernier n'étant pas présent, l'ancien ministre s'est alors dirigé vers le bureau du procureur général près la cour de cassation, Ghassan Oueidate, qui lui a communiqué un numéro qu'il peut appeler pour prendre un rendez-vous avec le juge d'instruction, ce que M. Machnouk a fait, toujours selon mêmes sources. Dix minutes plus tard, Nouhad Machnouk a été notifié du refus officiel du juge Bitar d'entendre sa déposition.

"Je suis venu pour dire que je suis innocent. Les accusations à mon encontre sont politiques", a pour sa part lancé Youssef Fenianos.

La séance parlementaire destinée à examiner une éventuelle mise en accusation, devant une commission parlementaire, de trois députés poursuivis par le juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, a été reportée jeudi peu avant midi, faute de quorum, après des annonces en série de boycott formulées la veille par différents groupes...
commentaires (1)

Seul les députés Amal et Hezb etait la pour bafouer la justice Alors aux prochaines élection, surtout votez à nouveau pour eux !! Surtout qu ils vont vous remettre ces députés sur des lista de za3im locale et avec les walaw ya zalamé, vous aller re-elire toujours les mêmes

Aboumatta

13 h 27, le 12 août 2021

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Commentaires (1)

  • Seul les députés Amal et Hezb etait la pour bafouer la justice Alors aux prochaines élection, surtout votez à nouveau pour eux !! Surtout qu ils vont vous remettre ces députés sur des lista de za3im locale et avec les walaw ya zalamé, vous aller re-elire toujours les mêmes

    Aboumatta

    13 h 27, le 12 août 2021

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